Novembre 2016 le pardon chemin de vie

Retraite pardon novembre 2016 b

En quelques photos

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Retraite le pardon chemin de vie

 

Introduction

Un jour, alors que Saint Dominique (1170 - 1221, fondateur de l’ordre des dominicains) était en prière il entendit le Seigneur lui dire :

__ Dominique  qu’as-tu à m’offrir ?

__ Seigneur je t’ai déjà tout donné

__ Non Dominique il te reste encore quelque chose à m’offrir

__ Seigneur j’ai beau cherché je ne vois pas !

__ Et ton péché Dominique ?

__ Mais Seigneur je ne peux t’offrir ce qui est mal, tu es saint ?

__ Offre- moi ton péché, il fait partie de toi, je l’ai pris sur la croix …

 Cette discussion a de quoi nous surprendre. En effet il ne nous vient pas à l’idée d’offrir à Dieu le mal que nous avons fait.

Généralement quand on offre un cadeau on trouve quelque chose de beau ! Et nous-mêmes lorsque nous voulons offrir quelque chose à Dieu, nous lui offrons ce que nous faisons de bien ou ce qui est bien en nous... Mais pas notre péché, c'est-à-dire le mal que nous commettons! 

…et reconnaissons le, lorsque nous allons à la confession, nous y allons pour dire à Jésus de nous laver, de nous débarrasser de nos péchés, des taches que nous avons sur le cœur, afin que purifiés nous puissions nous approcher respectablement de lui. La confession est alors bien souvent perçue comme un service de lavage automatique, où on lave son linge sale  pour faire ensuite bonne figure,….  pour pouvoir aller communier … et on peut ainsi recommencer indéfiniment ….

Cette demande  que Dieu adresse à St Dominique, il nous l’adresse aussi à nous aussi, aujourd’hui !

Offre moi ton  péché offre moi ta misère, 

Car tout cela fait partie de toi et je l’ai pris avec moi sur la croix !

Donne-moi ta misère

Pour donner quoique ce soit il faut déjà savoir ce que c’est, et reconnaitre qu’on l’a, accepter de l’offrir! C’est accepter de paraitre devant celui à qui on offre le présent avec ce présent, en se laissant regarder tel que l’on est à cet instant ….et aussi en se laissant remercier pour ce présent !

Donne moi ta misère ce n’est pas donne moi ta beauté, ta richesse

Donne moi TA misère, c’est donne moi la tienne et pas celle de s autres !

Donner ma misère à Jésus, c’est

  • Voir en vérité mon état de pécheur
  • Reconnaitre pleinement sans faux fuyant, sans fausses excuses mon état de pécheur
  • accepter de l’offrir à Jésus (et donc de m’offrir à Jésus en cet état)
  •  accepter le regard d’amour de Jésus sur moi en cet état
  •  Accepter son remerciement, c'est-à-dire accepter la grâce de vie qu’il veut  m’offrir

  Tout cela implique deux choses importantes

  • La vérité  (en face de nous-mêmes, en face de Dieu)
  • L’humilité car je peux savoir les choses au fond de moi et ne pas vouloir les admettre ouvertement et donc tricher avec Dieu... (par exemple en ne disant pas tout à la confession …) il faut alors avoir conscience que l’on ne trompe que soi même, Dieu sait bien tout ce que nous avons fait, tout ce que nous avons au fond du cœur ! il attend simplement que dans l’humilité nous vivions devant lui en vérité
  •  Et l’humilité c’est aussi reconnaitre aussi notre faiblesse à faire effort de conversion  (= il faut en demander la grâce)

Vivre dans la vérité et dans l’humilité c’est  vivre en permanence sous le regard de Dieu et vivre au fur et a mesure les «  AGI »

 Que signifie AGI = à genou immédiatement. C’est une attitude de vérité en notre cœur. Quand nous reconnaissons faire le mal ou avoir fait le mal il faut aussitôt prendre le temps de s’arrêter et en son cœur demander pardon à Dieu, plus tard nous irons vivre le sacrement de pénitence mais déjà là, en cet instant nous faisons acte de vérité, acte d’humilité et de regret ! C’est cela, donner sa misère à Dieu ! Vous savez quand on prend cette habitude là, on chemine vite car on prend plus vite conscience de tout ce qui dans notre vie blesse le cœur de Dieu. On entre dans une relation d’amour concret avec Dieu. Et dès lors sa miséricorde peut faire œuvre de conversion en nous.

 

L‘enfant prodigue  (Luc 15/11.31)

Mais prenons le temps de revoir comment Dieu nous aime …. Parce que nous voulons être aimés.

 Nous voulons aimer aussi, mais force nous est, de reconnaître que dans notre vie de tous les jours,  l’amour est souvent mis à mal. Nous blessons les autres et les autres nous blessent.

Comment arriver à vivre réellement dans l’amour les uns avec les autres ?

Le seul chemin est celui du pardon.  C’est ce que Jésus nous montre par la parabole de l’enfant prodigue.

Prenons donc le temps de la lire ensemble

 «  Un homme avait deux fils : le plus jeune dit à son père : «  Père donne moi ma part de fortune qui me revient. »

La racine du péché se trouve dans notre esprit d’indépendance, notre égoïsme, notre orgueil.

Comme le jeune fils, nous nous jugeons capables de gérer notre vie tout seul, en dehors de la présence du Père qui tout amour qu’il soit canalise nos envies, bride nos désirs personnels. Nous voulons faire ce que bon nous semble, comme bon nous semble.

Comme le jeune fils nous nous jugeons bien assez forts pour faire face à la vie et prendre seul nos décisions sans tenir compte des conseils de notre Père. Qu’avons-nous besoin de nous embêter avec la loi de Dieu ?

Comme le jeune fils, nous refusons de nous plier à l’autorité paternelle, nous refusons de lui obéir, et  de reconnaître sa sagesse.

Comme le jeune fils, nous voulons bien profiter de la fortune du Père … mais surtout sans rien lui donner en retour … qui me coûterait un tant soit peu !

«  Le Père partagea ses biens »

Quelle est la réponse du Père ? Il donne à son fils ce que celui-ci lui demande. Il ne discute pas. La fortune qu’il a gagnée il ne l’a pas gagné pour lui même mais pour ses enfants alors, il donne. … il donne sans condition,  sans rien demander en retour. Il aime bien trop son fils pour lui faire ce marchandage !

Dieu est comme cela aussi avec nous, il nous comble de son amour, il nous comble de ses dons, de ses grâces, gratuitement, c‘est à dire sans que nous ayons rien fait pour les mériter, et surtout sans rien exiger de notre part en retour.

Dieu n‘est pas un maître chanteur ! Je te donne ceci ; mais toi tu vas me donner cela ….sinon gare à toi ! Non, Dieu nous aime  et nous comble par amour !

«  Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite . »

Que voyons-nous là ? Le fils ne prend pas le temps de remercier son père …. Cet argent ne lui était-il pas dû ? Après tout c’est pour lui que son père avait économisé, cet argent ! Alors il prend cet argent et part très loin, il coupe les ponts avec son Père, il met une grande distance, afin que son père n’intervienne pas dans sa vie et afin de ne pas le croiser au carrefour d’un chemin ! Et il va vivre selon son désir ; et bien sur, en suivant ainsi son plaisir, son argent va bien vite disparaître ! Il a vécu sa liberté hors des enseignements de son père ! Et cette inconduite le mène à la ruine !

Nous pouvons regarder ce jeune homme du haut de notre jugement ; d’homme et de femme responsables.. Mais pourtant n’est-ce pas là notre conduite avec Dieu ? Il nous a appris à respecter certaines règles de vie (les dix commandements par exemple) mais  par souci de confort, d’apparence aux yeux des autres, par orgueil, nous les oublions … afin de vivre ce qui nous arrange.

Pourtant nous savons bien que Dieu nous aime. Il nous l’a prouvé bien souvent par ses grâces dans notre vie. Ces grâces nous les avons reçues. Peut être avons nous dit merci sur le moment ? Et puis bien vite nous nous éloignons de Dieu pour vivre selon notre désir, notre volonté, dilapidant ainsi  notre héritage. Ainsi peut-être, un jour avons nous été guéri d’une maladie physique… mais aujourd’hui qu’en faisons nous ? Vivons-nous dans l’action de grâce selon l’évangile ou en profitons-nous pour courir après la réussite sociale … en marchant sur la tête des autres, en les écrasant au besoin !

Ne regardons donc pas de trop haut notre jeune homme car si nous prenons le temps d’examiner notre vie, nous nous apercevrons rapidement que nous gaspillons nous aussi, bien trop souvent les grâces et les dons que Dieu nous a fait dans son amour !

Tout à l’heure nous aurons un temps de silence, de prière personnelle, peut-être alors serait-il bon de nous arrêter vraiment devant le Seigneur, de regarder les dons et les grâces qu’il nous a faites tout au long de notre vie, et de regarder aussi en vérité ce que nous en avons fait !

Mais pour l’instant continuons notre lecture

« Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. Il alla se mettre au service d’un des habitants de cette contrée, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui même, il se dit : «  Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance et moi je suis ici à périr de faim ! » Je veux partir, aller chez mon Père et lui dire : «  Père j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite moi comme l’un de tes ouvriers. » il partit donc et s’en alla vers son Père. »

Que voyons-nous ? Il lui faut vraiment une bonne dose d’épreuve à notre jeune homme pour se remettre en question ! Non seulement il n’a plus un sou parce qu’il a tout dépensé mais encore il doit faire face à la famine !!!  L’envers de sa vie de plaisirs ! Et où sont ses amis ? Il n’en a plus, personne pour l’aider  …. Il n’est plus intéressant pour les autres car il n’a plus d’argent !  Alors que fait-il ?  Va-t-il reconnaître tout de suite son erreur ? Non ! Dans son orgueil , il va encore essayer de s’en sortir « tout seul » en acceptant pour survivre un travail non seulement dégradant mais impur ( il faut savoir que pour les juif , le cochon est un animal impur et que celui qui travaille avec eux est aussi impur et devient par là même comme un rebut , un paria , un « intouchable »  . Il va lui falloir toucher le fond de l’indignité... Sans parvenir à combler sa faim, pour prendre conscience de sa faute et pour décider de la confesser  Certes cette confession n’est pas dictée par un vrai repentir d’avoir fait le mal, mais par la «loi du ventre » ! Mais c’est le début de la conversion !

Mais nous mêmes ne sommes nous pas souvent comme cela ! Ne nous est-il jamais arrivé de dire, ou d’entendre dire, alors que l’on est dans des situations humaines très difficiles  …« Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? » … « Pourquoi m’arrive-t-il tous ces problèmes, toutes « ces tuiles » ?  Il nous faut bien le reconnaître c’est bien souvent lorsque l’adversité nous atteint que nous nous remettons en cause devant Dieu ! Pourtant Dieu ne nous punit pas … nous nous sommes simplement coupé de sa grâce en nous détournant de Lui pour faire nos quatre volontés. Et lorsque nous revenons ainsi vers Dieu qu’elle est alors l’attitude de Dieu envers nous ? Va-t-il nous juger et nous condamner ou va-t-il nous accueillir dans le pardon ?

 Jésus lui-même nous en donne la réponse : «  Alors qu’il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié, il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. »

Le père n’attend pas que son fils soit devant lui  mais il va lui même au devant de son Fils. Il n’attend pas non plus que son fils «  s’aplatisse »devant lui. Non, en fait il ne lui laisse même pas le temps de s’exprimer il le prend dans ses bras. Il ne lui fait pas de morale, il l’embrasse ! Tant il est heureux de le revoir !  L’amour du Père c’est cela et l’amour de Dieu pour nous : c’est cela !

Dieu ne nous regarde jamais du « haut de sa grandeur », il nous a créés, il connaît notre faiblesse et c’est au sein même de cette faiblesse qu’il nous aime. Il attend simplement que nous revenions vers lui pour nous entourer encore plus de son amour !  Voilà pourquoi il est important de lui faire confiance et de regarder aujourd’hui en vérité notre vie avec lui. N’attendons pas un raz de marée de problèmes pour nous reposer les bonnes questions de notre vie, mais apprenons à vivre dans l’amour de Dieu pour nous ! Aucune faute humaine  n’est si importante que Dieu ne puisse nous la pardonner. Et le nombre de nos péchés fut–il aussi important que les poissons de la mer n’arrêteront pas non plus l’amour de Dieu envers nous.  N’est-ce pas merveilleux de savoir qu’avec Dieu il n’est jamais trop tard et que nous pouvons toujours tout recommencer à zéro avec Lui ?

Regardons maintenant dans cette parabole comment le Père se conduit avec son fils après son retour

« Le fils dit : «  Père j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils » mais le père dit à ses serviteurs : «  vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras et tuez le  mangeons et festoyons, car mon fils que voilà, était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! Et ils se mirent à festoyer.

Le père ne mets pas de conditions au retour de son fils , il ne lui impose pas de « refaire ses preuves » .Il ne le tolère pas dans sa maison comme un ouvrier , mais , il le RÉTABLIT IMMÉDIATEMENT DANS SA CONDITION DE FILS !  Il ne se pose pas la question de savoir si son fils ne va pas lui refaire le coup de repartir, et de dilapider encore ce qu’il lui aura confié… Non, il n’y a aucune considération de ce genre, simplement un amour inconditionnel qui balaie toutes les fautes sans exception.

Quand nous allons prendre ce temps de silence pour regarder en vérité notre vie, ne perdons pas de vue, cet amour inconditionnel de Dieu , et ayons assez confiance en lui pour reconnaître TOUTES nos fautes, TOUS nos manquements. Ne cachons rien , ne refoulons rien au fond de notre cœur , mais soyons vrais , car Dieu qui nous connaît , bien mieux que nous mêmes , nous attend pour nous prendre dans ses bras et nous serrer contre son cœur .

Souvent quand, à l’église, nous lisons cette parabole nous nous arrêtons là , pourtant la seconde partie aussi est très intéressante . Elle est très intéressante car elle nous situe, dans notre relation avec les autres. Or vous le savez, on ne peut pas dire que l’on aime Dieu si l’on n’aime pas son prochain. Voyons donc ce que nous montre cette seconde partie.

«  Son fils aîné était au champs. Quand à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un serviteur il demanda ce que cela pouvait bien être. Celui-ci lui dit : « c’est ton frère qui est arrivé et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a retrouvé en bonne santé. ». Il se mit en colère et refusa d’entrer. »

Ne sommes nous pas nous aussi comme ce frère aîné ; lorsque nous refusons d’accueillir l’autre dans sa misère, lorsque nous lui ressassons toujours ses anciennes fautes, alors qu’il en a demandé pardon ….et alors même qu’il a changé de vie ? Et par exemple, faisons-nous vraiment confiance à quelqu’un, alors que nous savons que dans le temps il a été un voleur.

Pourtant nous savons bien par notre propre vie, que nous avons besoin de la confiance et du pardon de ceux qui nous entourent pour être heureux et dans la paix. Combien de fois n’avons nous, pas souffert nous même des jugements et des regards des autres sur nous ???  Prenons le temps de réfléchir à cela et regardons notre vie aujourd’hui !

Que fait le père lorsqu’il voit son fils aîné qui refuse de rentrer dans la maison ?  … il va vers lui :

«  Son père sortit l’en prier. Mais il répondit : «  Voilà tant d’année que je te sers sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres ; jamais tu ne m’as donné un veau à moi , pour festoyer avec mes amis , et puis ton fils que voilà revient-il après avoir dilapidé tes biens avec des prostituées , tu fais tuer le veau gras pour lui ! »

Le père ne fait pas de différence, il aime ses deux fils de la même manière et il va vers les deux de la même façon.

 Et le fils aîné alors laisse éclater toute sa colère … et sa suffisance ! « Quoi, moi le juste, qui t’ai toujours obéi tu n’as pas fait la fête pour moi, mais ce pécheur, ce moins que rien, tu l’accueilles et tu lui fais un banquet ! » .  Nous voyons bien la que ce que le fils aîné désire c’est «  la justice » ; au sens de : « tu as péché donc tu dois payer ! ...Tu es parti de la maison, tu n’as pas à y revenir maintenant ! Tu as dilapidé ton bien, alors ne viens pas prendre celui des autres...et surtout pas le mien ! » 

Combien de fois n’avons nous pas eu, ou n’avons nous pas encore ce comportement envers ceux qui ont péché autour de nous ? Envers ceux qui nous ont blessés ? ...Combien de fois ne refusons nous pas de pardonner et de recommencer une vie, une relation fraternelle avec ceux qui nous ont porté atteinte d’une manière ou d’une autre ?… Combien de fois ne disons nous pas : « Je veux bien pardonner... mais qu’il fasse ses preuves ! ». Combien de fois ne disons nous pas : « Pardonner oui ! Mais il y a des limites et là, il est allé vraiment trop loin ! Je ne veux plus le voir ; je ne veux plus lui parler ! » .

Et le père de répondre : «  Mon enfant, toi tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! »

Dieu nous dit à nous aussi la même chose ! Réjouissons nous donc vraiment pour nos frères et sœurs repentants qui se convertissent et accueillons les avec tout notre cœur. Et surtout n’oublions jamais que nous aussi nous sommes chacun à notre tour des pécheurs, et que nous avons aussi besoin du pardon non seulement de Dieu mais aussi de nos frères et sœurs. Non seulement nous en avons besoin , mais nous l’attendons  … et nous souffrons lorsque celui-ci tarde à venir ! Alors ne refusons pas par orgueil, égoïsme, ou peur, aux autres ce que voulons pour nous mêmes !

Voilà maintenant il est temps de partir en silence , faire la vérité au fond de notre cœur , devant le Seigneur , sur tout ce que nous avons vécu et tout ce que nous vivons …. Sur nos blessures, sur nos pardons donnés et reçus mais aussi sur nos refus de pardon. Mais rappelez vous que Dieu est un père rempli d’amour et qu’il vous attend dans cette vérité pour vous guérir, pour vous serrez contre son cœur et célébrer avec vous le commencement d’une vie nouvelle.

 

Le sacrement de la réconciliation

Pour bien vivre la confession, il ne suffit pas de faire la liste des péchés avant la confession comme on fait une liste de courses , la véritable confession est l’aboutissement d’une reconnaissance régulière de nos fautes et l’expression d’un regret sincère,

 Ce regret la, est un désir profond non plus d’être lavé pour paraitre propre, mais c’est vraiment le regret profond d’avoir blessé le cœur de Dieu et le désir de nous réconcilier avec lui, non plus pour notre avantage personnel ( je peux aller communier) mais pour l’aimer Lui ! Ceci nous amène donc a parler un peu plus profondément de la confession

La confession n’est pas une machine à laver ! Ce sacrement implique la vérité en notre cœur, et le désir de ne plus se salir, ainsi que la résolution de faire effort pour ne plus se tacher ainsi ! et ca implique donc, de se mettre en vérité devant Dieu , d’avoir l’humilité de se laisser regarder par le Christ tel que l’on est , de se laisser aimer par lui tel que l’on est et de s’offrir a lui tel que l’on est ! 

On entend dire assez souvent : Dieu est amour, Dieu pardonne tout ... En parlant ainsi il faut reconnaitre que souvent nous essayons de limiter la gravité de nos fautes, de  relativiser même nos mauvais penchants. On oublie alors seulement que si Dieu est amour, il est également saint donc ayant en horreur le péché, le mal, et on oublie aussi que Dieu est juste c'est-à-dire rétribuant chacun selon ses œuvres.

Il nous faut donc être réaliste, car on ne peut vivre avec le Christ en se disant : « je vis ce que je veux du moment que j’y trouve mon bonheur... J’aurais bien le temps avant de mourir de demander pardon à Dieu ! » ... Qui dit que l’on aura effectivement le temps de vivre la confession à ce moment là, qui dit que nous pourrons vraiment recevoir cette grâce à l’heure de notre mort ? Car enfin, je peux mourir brutalement d’un arrêt cardiaque, d’un accident...etc. ... et dans une telle conduite où est notre amour de Dieu ? Où est notre réponse à son amour ?

La question se pose donc : qu’est-ce que la confession pour moi ?  Est-ce simplement une liste de fautes que je dois énumérer devant un prêtre pour en être pardonné de la part de Dieu ? Ou est-ce une véritable rencontre d’amour avec Dieu dans la reconnaissance de ma faiblesse et de sa miséricorde, dans le désir sincère de changer de vie pour correspondre à son amour ?

La confession implique le regret sincère de nos fautes et elle doit être vécue régulièrement dans un esprit d’amour, de confiance en Dieu et dans le désir de l’aimer toujours de plus en plus. Cette confession régulière est importante si on veut vivre en vérité dans l’amour de Dieu et des autres, et c’est certainement la meilleure façon de se préparer à paraitre devant Dieu à notre dernière heure, d’autant que nous ne pouvons savoir exactement quand cette heure va sonner.

Qu’est-ce que le regret sincère 

Le catéchisme nous apprend que le regret que nous avons de fautes peut être parfait ou imparfait

Il est imparfait, quand on regrette par peur des conséquences (purgatoire, enfer...),  par considération de la laideur du péché en lui-même... ce regret est en relation étroite avec notre petite personne.

Il est parfait quand on regrette d’avoir blessé l’amour de Dieu... Ce regret est tout tourné vers Dieu et non vers nous-mêmes.

Le regret sincère procède de la reconnaissance de l’amour blessé. On ne regrette pas sincèrement une faute lorsqu’on la regrette parce que l‘on s’est fait prendre mais uniquement parce que l’on a conscience d’avoir blessé l’autre, notamment Dieu.

L’idéal est que notre regret soit bien évidemment parfait, afin que la grâce de Dieu puisse vraiment faire son œuvre en notre cœur .

Mais comment pouvons-nous regretter sincèrement nos fautes devant Dieu si nous ne vivons pas avec Dieu, selon son attente ? Comment pouvons-nous regretter de blesser le Cœur de Dieu si nous n’aimons pas Dieu ? Or mener notre vie indépendamment de Dieu, de sa parole, de son appel, est la preuve même que nous n’avons rien à faire de Dieu, que nous ne l’aimons pas vraiment. Aimer l’autre n’est-ce pas tout faire pour lui plaire, pour s’accorder à son attente, à son désir ? Comment alors en menant notre vie en dehors de Dieu pouvons-nous aller lui demander pardon d’un cœur sincère, et avoir le désir d’une réelle conversion ? Il est certain que dans votre groupe, basé sur la spiritualité de la miséricorde divine, vous ne vivez pas en dehors de Dieu, cela n’empêche pas toutefois, que chacun de nous, nous pouvons faire des choses, alors que nous savons qu’elles déplaisent à Dieu, ou que Dieu ne veut pas nous les voir vivre à ce moment là ! en ce sens nous vivons en dehors de Dieu.

Ainsi donc, la première nécessité est bien de s’interroger sur notre amour de Dieu, sur notre vie avec Dieu car il est clair qu’il ne peut y avoir de confession sans amour de Dieu, de même qu’il ne peut y avoir de pénitence, de réparation, sans amour de Dieu.

C’est l’amour qui génère le vrai regret, c’est l’amour qui génère le véritable désir de demander pardon, de réparer. Si ce n’est pas cet amour de Dieu qui motive notre démarche de confession, alors il est temps de nous arrêter et de nous poser les bonnes questions quant à l’orientation réelle que nous donnons à notre vie.

La confession des nos fautes

Ceci étant dit, considérons que nous sommes des personnes aimant Dieu et nous efforçant de d’obéir à sa parole, et de vivre selon son appel. Nous voyons bien que nous sommes pécheurs et que sans cesse dans bien des choses, nous manquons à l’amour de Dieu.

Que faire ? Nous culpabiliser ? Tout laisser tomber ? Non, il nous faut, dans la vérité, exprimer à Dieu notre regret, la souffrance de notre cœur face à nos manquements, et  l’attente de son pardon tout en  manifestant notre désir d’amendement et de conversion, car c’est l’essence même du sacrement de confession. C’est à cela que Jésus nous appelle en nous disant «  donne moi ta misère et je te comblerai de ma miséricorde » !

Il est important de détailler nos fautes, d’en faire une énumération réelle,  non pour emplir une liste, mais pour demander vraiment la grâce de conversion en chacun des points concernés par ces fautes. Par ailleurs cela exige de nous l’humilité et l’humilité est source de grâce et de conversion en nous, comme nous le suggère  le Psaume  51 au verset 19

« Le sacrifice à Dieu, c'est un esprit brisé; d'un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n'as point de mépris. »

S’accuser de ses fautes n’est donc pas une formalité légale, cela implique notre cœur, et tout particulièrement le regret que nous avons de ces fautes 

Absolution

Quand nous allons nous confesser, nous recevons le pardon de Dieu et de l’Eglise, car notre péché ne fait pas du mal qu’à Dieu, il fait aussi du mal aux autres, et à nous- mêmes.

L’absolution n’est pas automatique ; au sens ou le prêtre peut nous la refuser pour une raison majeure, telle que le non désir de conversion, ou une conduite qui dure depuis trop longtemps sans effort de notre part ; ou encore le manque évident de regret. 

Le fait est, que la grâce consécutive au sacrement de confession est effective suivant la vérité de notre cœur. On ne peut donc aller se confesser dire sa liste de péchés sans regret , juste pour pouvoir communier à Pâques ou à une autre fête religieuse , ou encore pour se faire bien voir de notre entourage. Il y a dans ce cas un autre péché qui se rajoute : on se moque de Dieu ! La confession n’agit pas comme un distributeur automatique, il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton pour recevoir l’absolution !   Seul le regret sincère de notre cœur peut nous l’obtenir par l’intermédiaire du Prêtre, au nom du Christ.

Lors du sacrement de confession nous marquons notre regret sincère et notre engagement dans une voie de conversion en récitant l’acte de contrition.

« Mon Dieu, j'ai un très grand regret de t’avoir offensé, parce que tu es infiniment bon, infiniment aimable et que le péché te déplait. Je prends la ferme résolution avec le secours de ta sainte grâce de ne plus t’offenser et de faire pénitence. »

 Après cela peut venir l’absolution du prêtre

 Il est clair aussi que cette prière n’est pas une formule magique ou administrative !! Elle doit vraiment procéder de notre cœur, car si on peut abuser le prêtre, lui faire croire que l’on regrette sincèrement alors que ce n’est pas le cas, on ne trompe pas Dieu !!!

Pénitence, réparation

A l’issue de la confession, le prêtre nous donne  une pénitence, une réparation à vivre. Il s’agit souvent d’une prière à réciter mais cela peut être aussi un acte concret à poser. 

Cette pénitence ou réparation n’est pas quantitativement proportionnelle à nos fautes, elle est simplement la marque de notre repentir, de l’offrande de notre cœur à Dieu pour reprendre sérieusement, amoureusement la route avec Lui.

Nous ne devons donc pas vive cette réparation ou pénitence à la va vite, ou en nous disant « Chouette ! Ce n’est pas cher payé ! » Mais en ayant le cœur tout tourné vers Dieu, reconnaissant pour sa miséricorde et ayant le désir de mieux répondre à son amour dans l’avenir

Pénitence, réparation impliquent donc conversion. Il ne s’agit jamais de poser un acte de pénitence, de réparation, pour vivre ensuite de la même façon qu’avant !!! Ce serait se moquer de la grâce de Dieu !

 

Vivre la miséricorde avec les autres et avec moi même

Nous avons vu le pardon avec Dieu, prenons maintenant le temps de voir la question du pardon aux autres et à nous mêmes

Demander pardon aux autres

Nous savons que le premier commandement de Dieu est celui de l’amour : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu  de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force ; et ton prochain comme toi même . » Luc 10/27  . Mais force nous est de reconnaître que nous ne savons pas aimer et que bien souvent, nous faisons mal aux autres , même à ceux que nous aimons le plus . Faut-il alors simplement se contenter de déplorer cette situation ? Ou au contraire ne faut-il pas essayer de vivre cet amour concret qui nous est demandé par Jésus. Que pouvons nous donc faire dès lors pour aimer si ce n’est réparer cette rupture dans l’amour en allant demander pardon à celle ou celui que nous avons blessé ou à qui nous avons porté préjudice d’une manière ou d’une autre. Il est vrai qu’il n’est pas toujours possible de demander verbalement pardon , car l’aveu de la faute ferait plus de mal que de bien ; ainsi lorsque j’ai médit sur Y ,  je lui ai porté préjudice devant les autres mais Y ne le sait pas , ce que je peux faire alors c’est reconnaître mon tort devant les auditeurs de ma critique « Oubliez  ce que je vous ai dis sur Y , j’ai eu tort , je vous en demande pardon . » et par rapport à Y , peut-être peut-on  poser un geste d’amour concret tel que lui rendre un service ...ou lui faire un cadeau .

L’amour est quelque chose de concret, d’exigeant, il implique de notre part la vérité et l’humilité. On ne peut aimer le Christ si on n’aime pas les autres, et on n’aime pas les autres si on ne vit pas concrètement cet amour !

Pardonner aux autres et se pardonner à soi-même

Jésus ne nous a pas dit « aimez moi et oubliez les autres ». Non, il nous a dit : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés, aimez vous les uns les autres, à ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13/34.35 . Jésus s’est-il contenté de mots ? S’est –il contenter de nous dire «Je vous aime! »... Ou s’est-il investi dans cet amour ?

La réponse vous a connaissez !... Il nous a montré le chemin ; il a écouté les gens , il a parcouru bien des chemins à pied pour les enseigner , il les a guéri , il n’a ménagé ni sa peine , ni sa fatigue et il est même allé jusqu’au bout , en mourant sur la croix pour eux ...et pour nous , ici présents aujourd’hui ! Si nous disons que nous aimons Jésus, alors nous devons vivre comme lui et nous engager auprès des autres comme lui, et cela commence par notre propre entourage. Tout le monde peut aimer, il n’y a pas besoin de diplômes pour cela ! Ce qu’il nous faut simplement c’est le courage de notre foi c’est à dire aimer l’autre comme Jésus l’aime, en lui pardonnant tous ses torts envers nous, comme le Seigneur nous pardonne tous nos torts ….et si nous pardonnons alors pourquoi refuser notre aide, notre soutien ! Combien de fois n’entendons nous pas dire : « Moi,  je veux bien lui pardonner, mais là franchement il exagère, il est allé trop loin. C‘est impardonnable ce qu‘il a fait ! » Ou encore : «  Je veux bien lui pardonner mais encore faut-il qu’il me prouve qu’il a changé ! Qu’il ne le refera plus ! » Ou encore : «  Fiu ! De lui pardonner ! Il recommence sans cesse malgré ses promesses de se corriger ! »

Honnêtement est-ce cela ce que le Seigneur nous enseigne ? Est comme cela qu’il agit envers nous ? Est-ce que le Seigneur a mis avec nous des limites à son pardon ? Est-ce qu’il attend que nous soyons des « petits saints » pour nous accorder son pardon ? Et ce que le Seigneur nous donne nous refuserions de le donner aux autres ? Sommes nous donc supérieurs à Dieu pour nous permettre de savoir quand il faut pardonner et quand il ne le faut pas ? ... Non ! Suivre Jésus, aimer Jésus c’est pardonner aux autres comme Jésus pardonne !

Certains diront peut-être « Oh je voudrai bien pouvoir pardonner ce qu’un tel m’a fait, mais c’est au dessus de mes forces, je ne peux, j’ai trop mal ! Je suis encore trop en colère ! » Cela ne vous dispense pas de l’effort à faire pour parvenir au pardon. C’est à dire à vivre le sacrement de réconciliation , en disant cela clairement au prêtre et en demandant avec lui au Seigneur , de venir guérir votre cœur et de vous accorder la grâce de pouvoir pardonner . Car le pardon est avant grâce de Dieu, il ne dépend pas de nos pauvres forces humaines, il nous faut donc nous appuyer sur la grâce de Dieu. Ayant donc fait cette démarche dans le sacrement de réconciliation , je vais mettre en pratique ma foi en la miséricorde de Dieu  en demandant chaque jour dans ma prière au Seigneur , de bénir cette personne qui m’a tant fait mal et en demandant pour elle ,  la grâce de la conversion . Vivant cela, non seulement vous guérirez de votre souffrance mais Dieu qui n’est jamais en reste dans l’amour vous comblera bien au delà de votre demande !

Il est un autre aspect du pardon qui est important, c’est le pardon à soi-même. Il arrive plus souvent que l’on ne croit, que les gens aillent se confesser d’une faute, reçoivent le pardon de Dieu, … et continue à s’en sentir coupable .Certain même n’iront pas communier ; malgré le sacrement du pardon. Dieu vous a dit de vous aimer vous mêmes comme il vous aime   de vous aimer vous mêmes comme vous aimez les autres « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur … et ton prochain comme toi même . » Dieu t’aime, il a donné sa vie pour toi et il t’a accordé le pardon afin que tu vives dans la paix et le bonheur et toi,  par ce sentiment de culpabilité que tu gardes en toi, tu refuses le cadeau  qu’il te fait ! Est-ce aimer quelqu’un que de refuser ses cadeaux ? Est-ce aimer quelqu’un que de refuser de le rencontrer, de le recevoir ? C’est pourtant ce que l’on fait avec le Seigneur, lorsque l’on refuse de recevoir son Corps dans l’Eucharistie. Il ne faut pas être plus dur avec nous mêmes que Dieu ne l’est ! Il faut apprendre à regarder l’amour du Christ pour nous, il faut apprendre à se laisser regarder par le Christ, il faut apprendre à se laisser aimer par le Christ … alors nous saurons répondre à son amour !

Réparation du mal que j’ai commis ….et indulgence .

Nous avons vu que l’amour est exigeant et que quand nous avons fait le mal il nous faut le réparer. Cependant,  il faut bien comprendre que cette réparation n’est pas une peine juridique, une sentence de tribunal, mais un acte d’amour pour réparer un manque d’amour .

 A chaque fois que nous péchons, quelque soit notre faute, si nous regardons bien, il y a manque d’amour, envers Dieu, envers les autres, envers nous-mêmes. C’est toute l’Eglise, c’est à dire le Corps du Christ, qui en est touchée et c’est l’église qui nous demande de réparer le mal commis … si nous refusons, nous ne pouvons être pardonnés, car il y a là un refus même d’aimer Dieu et son peuple.  Autrefois, les réparations demandées étaient lourdes difficiles, c’était réellement des démarches de pénitence (jeûne, pèlerinage à pied, aumône voir même excommunications…), aujourd’hui les réparations sont bien plus symboliques et se traduisent la plupart du temps par une prière à faire. Mais ce n’est par pour cela qu’il nous faut la bâcler, profitons en au contraire pour y mettre tout notre cœur, et toute notre reconnaissance d’être pardonnés !  Comme notre péché est un manque d’amour il nous faut donner à Dieu des signes d’amour pour lui manifester, non seulement notre joie d’être réconciliés avec lui, mais aussi notre ferme volonté de marcher avec lui !

Regardons la parabole du débiteur impitoyable en Matthieu 18/ 23.33 Voilà un débiteur qui doit une grosse somme, il vient demander grâce à son créancier et celui-ci dans sa bonté lui remet sa dette. Mais à peine sorti,  ne voilà-t-il pas notre débiteur qui rencontre quelqu’un qui lui doit une petit somme et que fait-il ? Il l’agresse et le fait jeter en prison !... Sans doute, êtes vous choqués par un tel comportement...eh bien ! Ce comportement, c’est le notre à chaque fois que nous refusons de pardonner aux autres !

Voyez-vous, le sacrement de réconciliation doit déboucher sur des actes de réconciliation, sur des réparations et des décisions concrètes qui engagent l’avenir ! Venir se confesser ce n’est pas seulement guérir le passé, c’est aussi se lever pour construire notre avenir avec le Seigneur.

Les indulgences

Je voudrai ici dire un petit mot sur les indulgences

Nous venons de sortir de l’année de la miséricorde  et sans doute en avons-nous entendu parler, peut-être même avons nous pu en bénéficier. Mais je veux préciser ce point pour ceux et celles qui ne le connaîtrait pas ; dans le passé nous l’avons dit, les pénitences étaient très lourdes, et parfois l’Eglise accordait des indulgences en remplacement de ces pénitences trop lourdes . L ‘Église montrait ainsi non seulement sa miséricorde mais elle privilégiait aussi certains actes de dévotion. Paul VI et Jean Paul II ont développé l’enseignement sur les indulgences en précisant bien qu’aucune indulgence ne peut être obtenue sans la conversion du cœur . Ils nous y rappellent qu’il est nécessaire de réparer les péchés, même quand ils ont été pardonnés par le sacrement de pénitence. Non seulement le mal fait contre Dieu mais aussi le mal fait contre le prochain ; et le manquement à l’amour ne peut être réparé que par un acte d’amour !

Mais voici ce que nous dit Mgr Hubert  Coppenrath au sujet même de l’indulgence plénière. « L’indulgence plénière signifie que l’on est quitte de toutes les pénitences imposées par l’Église en réparation des péchés personnels mais elle ne nous dispense jamais de nous purifier de toutes les conséquences du péché et de travailler à la réparation du mal commis dans le monde. Aussi faut-il voir dans les indulgences proposées à l’occasion du jubilé l’occasion de répondre à la miséricorde de Dieu en nous convertissant en profondeur en nous purifiant et en purifiant l’église de tout le mal qui s’est accumulé par l’infidélité des hommes. »

 

Recevoir la miséricorde de Dieu

Dieu est amour mais ce n’est pas un « tonton gâteau ». Dieu est juste et saint

 Sa miséricorde demande la reconnaissance de nos fautes, en toute vérité, en toute humilité et avec un cœur désirant l’aimer et le désir d’une réelle conversion

Dieu a payé cher son amour pour nous, et  c’est ce qui lui donne droit à notre réponse d’amour ! Pour être capable de  bien reconnaitre la miséricorde de Dieu et donc de la recevoir pour en vivre, il faut connaitre le sacrifice d’amour de Jésus. 

De quel amour Jésus nous a-t-il aimés ? 

  • De Dieu qu’il était, il s’est fait petit, il s’est incarné jusqu’à partager toute notre condition humaine. cela seule devrait nous suffire !
  • Mais Jésus est allé encore plus loin. de son vivant il a aimé tous ceux qui le rencontraient pardonnant les péchés, guérissant les malades, délivrant des esprits mauvais, allant même jusqu’à ressusciter des morts. Cela aussi devrait nous suffire...
  • Mais il est allé encore plus loin. en sa Passion,  et quelle Passion :

C’est la fin d e l’année de la miséricorde, mais ce n’est pas la fin de la miséricorde de Dieu ni de la vie que nous sommes appelés a vivre avec Lui, alors prenons le temps d’ouvrir véritablement  notre  cœur, pour contempler tout l’amour de Jésus pour nous.

Pour aujourd’hui voici quelques points qu’il me semble importants de souligner

  • Annonce de la passion : Jésus depuis longtemps savait ce qui allait arriver, il l’avait annoncé a ses disciples, et il a vécu chaque jour en portant cela au fond de son cœur
  • L’eucharistie, ou il se fit corps et sang livré pour nous. Ce geste qu’il a posé avec le pain et le vin au soir de la cène est devenu concrètement réel sur la croix ! il n’y pas d’eucharistie sans passion !
  • Gethsémani avec l’angoisse de tout ce qu’il allait subir, il en ait connaissance car son oui d’offrande était nécessaire !  Jésus aurait là encore pu fuir ou dire non !
  • La flagellation.. pas seulement quelques petits coups de martinet, mais vraiment un corps zébré de coups de fouets un corps lacéré par les pointes qui se trouvaient au bout des lanières
  • Le couronnement d’épines, le dénuement, la crucifixion … humiliation, souffrances physiques extrêmes, nuit de l’esprit ! mais toujours son cœur offert dans le sacrifice pour le salut des âmes, pour notre salut !
  • Et sa grande phrase avant de mourir : «  Père pardonne leur ils ne savent pas ce  qu’ils font ! »

 Remarquons au passage que Jésus n’a pas dit au Père, « ce n’est pas grave, ne fais pas attention : tu vas tout pardonner  au fond ça  n’a aucune importance ! »

 Non Jésus a pris sur lui l’ampleur de notre faute ! De nos fautes ! En cela il en reconnaissait la gravité et dans son amour il la réparait pour nous ! Dieu comme nous le disions plus haut n’est pas un papa gâteau, « je m’enfoutiste » laxiste, non il est Dieu, il est saint, il est juste et sa miséricorde s’inscrit, non pas dans le dénie de notre responsabilité mais dans la reconnaissance personnelle de nos fautes et le regret sincère que nous en avons. Sans vérité, sans regret donc sans amour pour Dieu la miséricorde ne peut se  réaliser !

Dieu est amour et attend seulement de notre part un véritable élan d’amour vers lui au sein même de notre misère. Il n’est pas venu sauver des saints mais des pécheurs, des pécheurs qui se reconnaissent comme tels et qui l’appellent !

Comprendre l’amour miséricordieux c’est comprendre que Jésus a véritablement donné sa vie pour nous ! On ne la lui a pas prise, il a l’offert pour nous !

Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis  Jean 15/13

Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.   7 - Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes.  S'étant comporté comme un homme,  8 - il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix !   .    Philippiens 2/6.8

Après cette année de la miséricorde, on est appelé a entrer dans la vie de miséricorde de Dieu, ce chemin qui s’ouvre à nous, dépend en grande partie de notre réponse quotidienne au Seigneur. .

Recevoir la miséricorde de Dieu ca commence par oser regarder en face, la mort d’amour de Jésus avec tout ce qu’elle comprend de violence humaine , oser regarder cela, sans détourner le regard, et savoir reconnaitre que nous faisons nous aussi partie de cette foule qui conduit Jésus à sa mort et qui va aller jusqu’à le crucifier. Tant que l’on regarde la Passion comme un spectateur d’une histoire du passé, on reste extérieur, ce sont les juifs et les romains qui ont tué Jésus pas nous ! Mais si on considère  que ce sont nos péchés que Jésus porte, alors nous sommes nous aussi acteurs de sa Passion ! Faut-il que Jésus nous aime pour subir toute cette violence afin que ou puissions recevoir le fruit de sa grande miséricorde, la vie éternelle !

Je vous invite à méditer, régulièrement, tous les textes de la Passion, en suivant  Jésus, pas à pas. Mettez-vous vous-mêmes au cœur de la scène ;  ouvrez votre cœur, et laissez-le Seigneur, vous montrer qui vous êtes réellement au milieu de cette foule !

Cela peut paraitre bizarre mais c’est un excellent exercice spirituel qui peut changer votre relation à Jésus.

La première fois que j’ai eu l’occasion de le vivre, alors que je me croyais bien, pensez donc, je faisais partie d’une communauté de vie charismatique, j’évangélisais, je faisais partie des « encadrants, des engagés » … et là, eh bien j’ai vu clairement que j’avais peur des gens, et j’hurlais avec eux ! Pire même je me suis vu lancer une pierre sur Jésus... eh oui !  Il m’a fallu du temps pour comprendre que cette pierre c’était mon péché, et il m’a fallu aussi du temps pour me pardonner à moi-même cela ; c’est que l’orgueil aussi avait une belle place dans ma vie !) ! Mais au bout du compte, le regard d’amour de Jésus a été vainqueur et je vous assure ça a changé bien des choses dans ma vie spirituelle, dans ma vie avec Dieu mais aussi dans ma vie avec les autres !

Vous savez l’amour de Dieu se révèle à nous, si nous ouvrons notre cœur. Et la Passion est le sommet de son amour. Osez ce regard vers Jésus et oser aussi affronter son regard sur vous pendant cette Passion. Quoiqu’il puisse vous montrer, ce ne sera pas pour vous condamner, mais pour vous dire a quel point il vous aime, et si alors vous vous mettez à pleurer comme Pierre, réjouissez au milieu de vos larmes car là vous serez réellement en train de naitre ou de renaitre à la miséricorde de Dieu !

La miséricorde de Dieu doit changer ma vie

 Si ma vie ne change pas vraiment, si depuis des années je ne vois pas d’avancée sérieuse dans ma vie spirituelle, dans vie en Eglise, dans ma relation aux autres alors il est temps de m’arrêter, et de m’interroger, afin de savoir pourquoi je ne grandis pas dans la vie d’amour de Dieu.

La miséricorde de Dieu c’est recevoir le pardon de Dieu dans ma vie  Cela doit donc amener reconnaissance  et gratitude envers Dieu... Est-ce le cas, ou vais-je toujours à la confession comme au lavage automatique ?  peut-être est-ce maintenant le moment de m’interroger sérieusement sur ma façon de recevoir, de vivre le sacrement de la confession ?

La miséricorde de Dieu c’est de croiser le regard d’amour de Dieu pour moi au sein même de ma misère de mon péché … si Dieu m’aime ainsi au point de tout me pardonner, ne dois-je pas moi aussi pardonner aux autres le mal qu’il me font .. car enfin si je regarde a l’ensemble de ma vie, jamais une seule personne ne me causera autant de tort que moi j’en cause à Jésus. Le pardon que je suis appelé à donner est toujours inférieur au pardon que je reçois de Jésus, ‘ (méditer le texte du débiteur impitoyable)

 La miséricorde de Dieu c’est ce regard d’amour de Jésus qui ne me juge pas … mais moi est-ce que je ne juge jamais ? est-ce que je n’ai jamais d’apriori envers les autres ? Est-ce que je ne me fie pas aux racontars des autres pour me faire une idée, un jugement sur tel ou telle personne ? Où est alors mon regard d’amour sur les autres ? Je ne peux pas dire alors que j’aime les autres comme Jésus les aime puisque j’ai en moi le jugement, l’apriori.. quand encore ce n’est pas la condamnation pure et simple !

La miséricorde de Dieu c’est aussi de pouvoir communier à son Corps, à son Sang... mais comment est-ce que je vis cela ? Dieu se fait si petit qu’il s’anéantit en moi au point de se faire nourriture, source de vie ! cela aussi doit amener une grande reconnaissance, vu mon indignité de pécheur. Cela devrait amener le désir de m’offrir à lui chaque jour, de me convertir, d’être témoin de son amour auprès des autres... mais où en suis-je ? comment est-ce que je communie ? Est-ce que je réalise vraiment que c’est Dieu lui-même qui vient en moi ? ….

La miséricorde de Dieu c’est aussi vivre de l’humilité de Dieu qui s’abaisse sans cesse vers moi, pour me pardonner, pour se faire ma nourriture,  pour me consoler, pour écouter ma prière, pour venir à mon aide …. Que fais-je de cette attitude d’humilité de Dieu  envers moi qui ne mérite rien par moi même? Est-ce que pour le moins, elle devient un modèle pour moi ? comment suis-je humble devant Dieu ? Comment suis-je humble, en vérité, devant les autres, quels qu’ils soient, et quoiqu’ils me disent ou me fassent ? 

La miséricorde c’est Dieu qui se livre, pour que dans l’amour, nous fassions un avec lui. Il nous veut donc unis  à lui en étant unis les uns aux autres, dans son amour. Mais que faisons-nous de cette unité, lorsque nous nous déchirons par la colère, l’égoïsme, l’esprit de supériorité, l’esprit d’indépendance, l’esprit de propriété…. etc.  ? Si nous ne sommes pas unis en nos cœurs, si nous ne marchons pas main dans la main, alors nous ne pouvons pas nous dire en pleine union avec Dieu !  Et cette unité se doit d’être vécue à tous les niveaux de notre vie

d’abord avec nos proches, c’est dire notre famille, puis avec nos voisins, nos collègues de travail, nos relations amicales

 Elle doit aussi être particulièrement vécue avec les membres de notre communauté religieuse, c’est de là que nous sommes témoins de la miséricorde de Dieu aux yeux du monde. Si donc en notre groupe nous nous disputons, quelle image renvoyons-nous, comment les autres pourront-il croire en l’amour de Dieu ? Par ailleurs c’est là que Dieu nous a plantés pour que nous fleurissions selon son appel, selon sa grâce … ne pas être unis en vérité, en humilité et du fond du cœur au sein de notre communauté, c’est faire fi de l’amour de Dieu au sein de notre propre vie … c’est comme dire à Dieu « cause toujours.. c’est moi qui aie raison, c’est mon avis à moi qui est le plus important ! » Nous devons vraiment faire très attention à cela, car être appelé est grâce de Dieu, être appelé dans un groupe vocationnel (et la miséricorde divine est un de ces lieu) est grâce de Dieu... et on ne peut gaspiller la grâce de Dieu sans conséquence, et cela à quelque niveau que nous soyons dans le groupe !!! 

 Elle doit aussi être vécue en église, par le respect et l’obéissance à nos prêtres de paroisse. Certes on peut avoir un différent avec le prêtre, on peut ne pas penser comme lui, mais alors on va le voir et on discute face à face … on ne le casse pas par derrière ! Le prêtre est celui qui a donné sa vie à Dieu dans le service des âmes, il  a renoncé à la vie du monde pour cela... et parfois nous recevons ce don comme un du, comme si c’était normal ! et nous exigeons de nos prêtres qu’ils soient comme nous on le voudrait ! Il n’y pas et il n’y aura jamais de prêtre à notre gout comme une chaussure peut être à notre pointure ! c’est à nous de nous adapter à eux, et d’être réellement reconnaissants pour leur vie qu’il nous offre en Dieu. Et tout cela est valable aussi pour administrateur apostolique : respect  et obéissance, prière et soutien effectif !

 Cette unité se fait aussi envers le Saint Père. et toutes les lois de l’Eglise.

Conclusion

La miséricorde n’est pas un luxe, c'est-à-dire quelque chose de beau mais de superflu ou quelque chose dont je ne vais me servir  que lorsque j’en aurai envie!

 Non la miséricorde est essentielle c’est une nécessité, car elle rejoint en plein le premier commandement, de Jésus «  aimez vous les uns les autres ». Jésus nous a lui-même montré le chemin, il n’y a pas  de véritable amour sans miséricorde, sans pardon à recevoir ou à donner,

Vous savez si notre monde va si mal c’est qu’il ne vit pas la miséricorde, au contraire on met en avant les conflits, la violence, en essayant même parfois de nous forcer la main pour que l’on prenne partie dans ces conflits et que nous fassions nous aussi la guerre.

La guerre, la haine, c’est la mort de l’humanité... je pense qu’il n’est pas besoin ici de faire un dessin, allumez les infos, c’est ce que l’on vous montrera !

L’avenir de l’humanité c’est la paix donc l’entente, et qui dit entente dit relation dans l’amour fraternel donc dans la miséricorde qui sait pardonner. Or par nous-mêmes, nous ne savons pas vivre en permanence un tel amour, c’est pour cela que nous avons besoin de recevoir nous-mêmes la miséricorde de Dieu. Recevoir la miséricorde de Dieu c’est aussi recevoir la grâce d’en vivre au quotidien de notre vie. Il faut bien être conscient que sans la miséricorde de Dieu l’humanité va dans le mur de la guerre  et du mal. Et la paix, autant que l’avenir de l’humanité ça commence pour chacun de nous là ou nous sommes dans la vie qui est la nôtre. Alors aux pieds de Jésus miséricordieux, avec sœur Fautine adressons-lui cette prière

Myriam de Gemma

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Date de dernière mise à jour : 2016-11-22