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Saint Basile le Grand  Docteur de l’Église (329-379)

 « Notre fierté, c'est la croix du Christ »

Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le vaillant ne se glorifie pas de sa vaillance, que le riche ne se glorifie de sa richesse ! Alors, où est la vraie gloire et en quoi l'homme est-il vraiment grand ? Le prophète répond : Celui qui veut se glorifier trouvera sa gloire s'il reconnaît et comprend que je suis le Seigneur.

Voilà quelle est la noblesse de l'homme, voilà quelle est sa gloire et sa grandeur : connaître vraiment ce qui est grand et s'y unir, et rechercher sa gloire dans la gloire de Dieu. L'Apôtre dit en effet : Celui qui se glorifie, qu'il se glorifie dans le Seigneur , après avoir dit : Le Christ a été envoyé pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption . ~

Voilà quelle est en Dieu notre fierté parfaite et exacte : ne pas se flatter de sa propre justice, mais savoir qu'on est dépourvu de vraie justice et ne trouver sa justice que dans la foi au Christ. Et c'est en cela que Paul se glorifie, car il méprise sa propre justice : il recherche cette justice qui est donnée par le Christ, qui vient de Dieu et qui consiste en la foi, pour connaître le Christ, éprouver la puissance de sa résurrection, et communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant sa mort dans l'espoir de parvenir à ressusciter d'entre les morts.

Alors, toute la prétention de l'orgueil s'écroule. Il ne te reste plus rien, pauvre homme, dont tu puisses te vanter, où tu puisses mettre ta fierté et ton espérance. Il ne te reste qu'à mortifier tout ce que tu possèdes, qu'à chercher dans le Christ ta vie future. Nous l'avons par avance, nous y sommes déjà, puisque nous vivons entièrement par la grâce que Dieu nous donne.

Et certes, c'est l'action de Dieu qui produit en nous la volonté et l'action, parce qu'il veut notre bien . En outre Dieu nous révèle par son Esprit sa sagesse qui a préparé notre gloire . Et c'est Dieu qui nous donne la force dont nous avons besoin dans nos labeurs. J'ai travaillé plus qu'eux tous, dit saint Paul ; non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

Dieu nous a délivrés de tout danger au-delà de toute espérance humaine. Nous avions reçu en nous-mêmes notre arrêt de mort , dit saint Paul. Ainsi notre confiance ne pouvait plus se fonder sur nous-mêmes, mais sur Dieu qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a arrachés à une telle mort et nous en arrachera ; en lui nous avons mis notre espérance : il nous en arrachera encore

 

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« C'est dans sa mort que nous avons été baptisés »

Le dessein de Dieu notre Sauveur en faveur de l'homme consiste à le ramener de son exil, à le faire revenir dans l'intimité de Dieu en le tirant de l'éloignement causé par sa désobéissance. Telle est la raison de l'avènement du Christ dans la chair, de ses exemples de vie évangélique, de ses souffrances, de sa croix, de son ensevelissement, de sa résurrection : que l'homme, sauvé par l'imitation du Christ, recouvre l'adoption filiale des origines.

Il est donc nécessaire, pour une vie parfaite, d'imiter le Christ non seulement dans les exemples de douceur, d'humilité, de patience, que l'on trouve dans sa vie, mais aussi dans sa mort elle-même, comme le dit saint Paul, l'imitateur du Christ : Reproduire en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts .

Comment donc lui ressembler dans sa mort ? En nous ensevelissant avec lui par le baptême . Mais de quelle manière s'ensevelir ? Et quel avantage tirer de cette imitation ? D'abord, il est nécessaire de briser le cours de la vie passée. Cela est impossible à moins de renaître , selon la parole du Seigneur. La seconde naissance, comme le mot l'indique, est le commencement d'une autre vie. Si bien que, pour commencer cette autre vie, il faut mettre fin à la précédente. Dans la double course du stade, un arrêt, un léger repos sépare l'aller du retour ; de même, lorsqu'on change de vie, il paraît nécessaire qu'une mort intervienne entre les deux vies pour mettre fin à ce qui précède et faire commencer ce qui vient ensuite.

Comment donc réussir à descendre au séjour des morts ? En mimant l'ensevelissement du Christ par le baptême. En effet, le corps du baptisé est en quelque sorte enseveli dans l'eau. Par conséquent, c'est l'abandon d'une vie selon la chair que le baptême suggère symboliquement. Comme dit l'Apôtre : Vous avez reçu une circoncision où la main des hommes n'est pour rien, et qui vous a dépouillés du corps charnel : c'est la circoncision venue du Christ ; vous avez été ensevelis avec lui par le baptême . Le baptême purifie l'âme, pour ainsi dire, de la souillure venue des pensées charnelles, ainsi qu'il est écrit : Tu me laveras, et je serai plus blanc que neige . ~ C'est pourquoi nous ne connaissons qu'un seul baptême qui donne le salut, puisqu'il n'y a qu'une seule mort pour le rachat du monde et une seule résurrection des morts, et que l'une et l'autre sont figurées par le baptême.

 Traité sur le Saint Esprit

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St Benoit de Nursie né vers 480 ou 490 à Nursie – mort en 547

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Saint Bernard de Clairvaux (1091-1153)

La gloire de la croix 

      Loin de moi la pensée de me glorifier ailleurs que dans la croix de mon Seigneur Jésus Christ (Ga 6,14). La croix est ta gloire, la croix est ta souveraineté. Voici ta souveraineté sur tes épaules (Is 9,5). Ceux qui portent ta croix, portent ta gloire. C’est pourquoi la croix, qui fait peur aux infidèles, est pour les fidèles plus belle que tous les arbres du Paradis. Le Christ a-t-il craint la croix ? Et Pierre ? Et André ? Au contraire, ils l'ont désirée. Le Christ s'est avancé vers elle « comme un champion joyeux de prendre sa course » (Ps 18,6) : « J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de mourir » (Lc 22,15). Il a mangé la Pâque en souffrant sa Passion, lorsqu'il est passé de ce monde à son Père. Sur la croix il a mangé et il a bu, il s'est enivré et s’est endormi…

      Qui pourrait désormais craindre la croix ? Je peux, Seigneur, faire le tour du ciel et de la terre, de la mer et des plaines, jamais je ne te trouverai sinon sur la croix. Là tu dors, là tu pais ton troupeau, là tu te reposes à l'heure de midi (Ct 1,7). Sur cette croix celui qui est uni à son Seigneur chante avec douceur : « Toi Seigneur, bouclier qui m'entoures, ma gloire, tu me relèves la tête » (Ps 3,4). Personne ne te cherche, personne ne te trouve, sinon sur la croix. Croix de gloire, enracine-toi en moi, pour que je sois trouvé en toi. 

Méditation sur la Passion (attrib.), 6, 13-15 ; PL 184, 747 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 487)

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Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis

Le prophète Isaïe nous décrit une vision sublime : « J'ai vu le Seigneur assis sur un trône » (Is 6,1). Magnifique spectacle, mes frères ! Heureux les yeux qui l'ont vu ! Qui ne désirerait de toute son âme contempler la splendeur d'une si grande gloire ?... Mais voici que j'entends le même prophète nous rapporter une autre vision de ce même Seigneur, bien différente : « Nous l'avons vu ; il n'avait ni beauté, ni éclat : nous l'avons pris pour un lépreux » (Is 53,2s Vulg)... Toi donc, si tu désires voir Jésus dans sa gloire, cherche à le voir d'abord dans son abaissement. Commence par fixer les yeux sur le serpent élevé dans le désert (cf Jn 3,14), si tu désires voir le Roi siéger sur son trône. Que cette première vision te remplisse d'humilité, pour que la seconde te relève de ton humiliation. Que celle-là réprime et guérisse ton orgueil, avant que celle-ci ne comble et rassasie ton désir. Vois-tu le Seigneur « réduit à rien » ? (Ph 2,7) Que cette vision ne te laisse pas insouciant, sinon tu ne pourras, sans souci, le contempler ensuite dans la gloire de son exaltation. « Tu lui seras semblable », certes, quand tu le verras « tel qu'il est » (1Jn 3,2) ; sois donc semblable à lui dès maintenant en voyant ce qu'il est devenu à cause de toi. Si tu ne refuses pas de lui ressembler dans son abaissement, il te donnera sûrement en retour la ressemblance de sa gloire. Il ne souffrira jamais que celui qui a participé à sa Passion soit exclu de la communion à sa gloire. Il refuse même si peu d'admettre avec lui dans le Royaume celui qui a partagé sa Passion, que le larron, pour l'avoir confessé sur la croix, se retrouva le jour même avec lui au paradis (Lc 23,42)... Oui, « si nous souffrons avec lui, avec lui, nous régnerons » (Rm 8,17).

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« Quand vous aurez élevé le fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je suis »

      Au Christ Jésus tu dois toute ta vie, puisqu'il a donné sa vie pour ta vie, et que lui a supporté d'amers tourments pour que toi tu ne supportes pas de tourments éternels. Que pourrait-il y avoir pour toi de dur et d'effrayant, quand tu te souviendras que celui qui était de condition divine au jour de son éternité, avant que naisse l'aurore, dans la splendeur des saints, lui, la splendeur et l'image de la substance de Dieu, est venu dans ta prison, s'enfoncer jusqu'au cou, comme il est dit, dans la profondeur de ta boue ? (Ph 2,6;Ps 109,3;He 1,3;Ps 68,3)

      Qu'est-ce qui ne te semblera pas doux, lorsque tu auras rassemblé dans ton coeur toutes les amertumes de ton Seigneur et te rappelleras d'abord les contraintes de son enfance, puis les fatigues de sa prédication, les tentations de ses jeûnes, ses veilles dans la prière, ses larmes de compassion, les embûches qu’on a dressées contre lui…et puis les injures, les crachats, les soufflets, les fouets, la dérision, les moqueries, les clous, et tout ce qu'il a supporté pour notre salut ?

      Quelle compassion imméritée, quel amour gratuit ainsi prouvé, quelle estime inattendue, quelle douceur stupéfiante, quelle invincible bonté ! Le roi de gloire (Ps 23) crucifié pour un esclave si méprisable ! Qui a jamais rien entendu de tel, qui n'a rien vu de pareil ? « Car à peine quelqu'un mourrait-il pour un juste » (Rm 5,7). Mais lui, c'est pour des ennemis et des injustes qu'il est mort, choisissant de quitter le ciel pour nous ramener au ciel, lui, le doux ami, le sage conseiller, le ferme soutien. Que rendrais-je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a donné ? (Ps 115,3)

Sermons divers, n° 22 (trad. Brésard, 2000 ans B, p. 104 rev.)

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Saint Bonaventure (1221-1274)


« Aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau »

Approchons-nous du coeur du très doux Seigneur Jésus, et nous exulterons, nous nous réjouirons en lui. Qu'il est bon et doux d'habiter en ce coeur ! C'est le trésor caché, la perle précieuse que nous trouvons, ô Jésus, en creusant le champ de ton corps (cf Mt 13,44s). Qui donc rejetterait cette perle ? Bien au contraire, pour elle je donnerai tous mes biens ; je laisserai en échange toutes mes préoccupations, toutes mes affections. Tous mes soucis, je les abandonnerai dans le coeur de Jésus : lui me suffira et pourvoira sans faute à ma subsistance. C'est dans ce temple, ce Saint des saints, cette arche d'alliance, que je viendrai adorer et louer le nom du Seigneur. « J'ai trouvé mon coeur, disait David, pour prier mon Dieu. » (1Ch 17,25 Vulg.) Et moi aussi j'ai trouvé le coeur de mon Seigneur et Roi, de mon frère et ami. Ne prierai-je donc pas ? Oui, je prierai, car je le dis hardiment, son coeur est à moi... Ô Jésus, daigne accepter et exaucer ma prière. Entraîne-moi tout entier en ton coeur. Bien que la déformation de mes péchés m'empêche d'y entrer, cependant, puisque par un amour incompréhensible ce coeur s'est dilaté et élargi, tu peux me recevoir et me purifier de mon impureté. Ô Jésus très pur, lave-moi de mes iniquités afin que, purifié par toi, je puisse habiter en ton coeur tous les jours de ma vie, pour voir et faire ta volonté. Si ton côté a été percé, c'est pour que l'entrée nous soit grande ouverte. Si ton coeur a été blessé, c'est pour que, à l'abri des agitations extérieures, nous puissions habiter en lui. Et c'est aussi pour que, dans la blessure visible, nous voyions l'invisible blessure de l'amour.

 

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Sainte Brigitte de Suède
 

Contemplation de la Passion et de la résurrection du Christ

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui as prédit ta mort avant l'heure ; qui, à la dernière Cène, as merveilleusement consacré avec du pain matériel ton corps qui nous rachète ; qui l'as donné par amour aux apôtres en mémoire de ta très précieuse Passion ; toi qui, en leur lavant les pieds de tes très saintes et nobles mains, leur as donné humblement un modèle d'humilité....

Louange éternelle à toi, Jésus Christ mon Seigneur, pour cette heure où tu as souffert sur la croix, pour nous pécheurs, les plus grandes amertumes et les angoisses les plus extrêmes ; car les souffrances très aiguës de tes blessures atteignaient durement ton âme et transperçaient cruellement ton cœur sacré ; finalement ton cœur a éclaté, tu as rendu l'esprit et, penchant la tête, tu t'es remis humblement aux mains de Dieu ton Père, et alors ton corps a connu le froid de la mort...

Béni sois-tu, Jésus Christ mon Seigneur, qui pour notre salut as permis que ton côté et ton cœur soient percés par la lance, et qui as fait jaillir de ton côté les flots de ton sang précieux pour nous racheter.

Gloire à toi, Jésus Christ mon Seigneur, parce que tu as voulu que ton corps béni soit déposé de la croix par tes amis et couché dans les bras de ta mère très douloureuse ; et parce que tu as permis qu'elle l'enveloppe de linges, qu'il soit mis au tombeau et gardé par des soldats.

Honneur éternel à toi, Jésus Christ mon Seigneur, qui es ressuscité des morts le troisième jour ; qui t'es manifesté vivant aux témoins de ton choix ; qui, après quarante jours, es monté au ciel à la vue de beaucoup, et qui y as établi avec honneur tes amis que tu avais délivrés des enfers.

Jubilation et louange éternelle à toi, Seigneur Jésus Christ, qui as envoyé le Saint Esprit dans le cœur de tes disciples et as développé en eux un amour infini de Dieu.

Béni sois-tu, digne de louange et de gloire éternellement, Jésus mon Seigneur, qui trônes en ton royaume céleste dans la gloire de ta divinité, vivant corporellement avec tes membres très saints que tu as tirés de la chair de la Vierge. Et c'est ainsi que tu viendras au jour du jugement pour juger les âmes de tous, vivants et morts. Toi qui vis et règnes avec le Père et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

Prière attribuée à sainte Brigitte (trad. bréviaire)

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Date de dernière mise à jour : 2018-03-06