Saints E

19629front-elisabeth-de-la-trinite.jpgElisabeth de la Trinité (1880-1906)


De la manière de vivre la souffrance

Aux heures qui sont plus douloureuses, pensez que le divin artiste, pour rendre son oeuvre plus belle, se sert de ciseau, et demeurez en paix sous la main qui vous travaille. 

 

lampes-fresque.jpgemilie-rodat-w.jpgSainte Emilie de Rodat (1787-1852)

Dire oui avec amour

Remerciez Dieu de vous tenir près de Lui par la maladie et par l'infirmité. La peine que vous éprouvez de ne pouvoir travailler ne vient pas de Dieu, mais de l'amour-propre. L'Eglise nous enseigne que celui qui souffre pour l'amour de Dieu se rapproche de Dieu même. Est-il, après cela, faveur préférable à la souffrance, à la maladie ? Et, quoi que fasse l'homme, ses travaux peuvent-ils atteindre un si haut prix ?

 

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Epiphane de Bénévent (5e - 6e siècle), évêque


« Pour que l'Ecriture s'accomplisse jusqu'au bout » (Jn 19,28)

« Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l'accomplir »... En ce temps-là, en effet, le Seigneur a exercé son pouvoir pour accomplir en sa personne tous les mystères que la Loi annonçait à son sujet. Car dans sa Passion, il a mené à terme toutes les prophéties. Lorsqu'on lui a offert, selon la prophétie du bienheureux David (Ps 68,22), une éponge imbibée de vinaigre pour calmer sa soif, il l'a accepté en disant : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la tête, il a remis l'esprit (Jn 19,30). Il a non seulement réalisé personnellement tout ce qu'il a dit, mais il nous a encore confié ses commandements, afin que nous les mettions en pratique. Alors que les anciens n'avaient pas pu observer les commandements les plus élémentaires de la Loi (Ac 15,10), il nous a prescrit de garder les plus difficiles, par le moyen de la grâce et de la puissance qui viennent de la croix

Commentaire sur les quatre évangiles, PLS 3, 852 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 97)

 

lampes-fresque.jpgephrem-syrien.gifSaint Ephrem

 Victoire de la vie sur la mort.

Notre Seigneur a été piétiné par la mort, mais, en retour, il a frayé un chemin qui écrase la mort. Il s'est soumis à la mort et il l'a subie volontairement pour la détruire malgré elle. Car notre Seigneur est sorti en portant sa croix , sur l'ordre de la mort. Mais il a crié sur la croix et il a tiré les morts des enfers, quoique la mort s'y refusât.

Dans le corps qu'il avait, la mort l'a fait mourir ; et c'est par les mêmes armes qu'il a remporté la victoire sur la mort. Sa divinité, se dissimulant sous l'humanité, s'est ainsi approchée de la mort qui a tué et en est morte ; la mort a tué la vie naturelle, mais la vie surnaturelle à son tour a tué la mort.

Parce que la mort n'aurait pas pu le dévorer s'il n'avait pas eu de corps, parce que l'enfer n'aurait pas pu l'engloutir s'il n'avait pas eu de chair, il est venu jusqu'à la Vierge afin d'y trouver le chair qui le porterait aux enfers. ~ Mais, après avoir pris un corps, il est entré aux enfers, il leur a arraché leurs trésors qu'il a dispersés.

Il est donc venu jusqu'à Ève, la mère de tous les vivants . Elle était la vigne dont la mort avait ouvert la clôture et il en goûta le fruit. Ainsi Ève, la mère de tous les vivants, était-elle devenue source de mort pour tous les vivants.

Mais un surgeon a levé : Marie, la vigne nouvelle, a remplacé Ève, la vigne antique. Le Christ, la Vie nouvelle, a fait en elle sa demeure. Ainsi, lorsque la mort conduisant son troupeau viendrait comme d'habitude, sans méfiance, avec ses fruits mortels, la Vie qui détruit la mort serait cachée dans la Vigne nouvelle. Et lui, lorsque la mort l'eut englouti, sans rien craindre, il délivra la vie, et avec elle la multitude des hommes.

Il est le glorieux fils du charpentier qui, sur le char de sa croix, vint au-dessus de la gueule vorace des enfers et transféra le genre humain dans la demeure de la vie. Et parce que, à cause de l'arbre du paradis, le genre humain était tombé dans les enfers, c'est par l'arbre de la croix qu'il est passé dans la demeure de la vie. Sur ce bois avait donc été greffée l'amertume ; mais sur celui-ci fut greffée la douceur, pour que nous reconnaissions en lui le chef auquel ne résiste nulle créature.

Gloire à toi ! tu as jeté ta croix comme un pont au-dessus de la mort, pour que les hommes y passent du pays de la mort à celui de la vie. ~

Gloire à toi ! tu as revêtu le corps de l'Adam mortel et en as fait la source de la vie pour tous les mortels.

Oui, tu vis ! Car tes meurtriers se sont comportés envers ta vie comme des semeurs : ils ont semé ta vie dans les profondeurs de la terre comme on sème le blé, pour qu'il lève lui-même et fasse lever avec lui beaucoup de grains.

Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel, prodiguons cantiques et prières à celui qui a fait de sa croix un encensoir à la Divinité, et nous a tous comblés de richesses par son sang.

HOMÉLIE SUR NOTRE SEIGNEUR 

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La croix, un pont jeté au-dessus de l'abîme de la mort

      Notre Seigneur a été piétiné par la mort, mais, en retour, il a frayé un chemin qui écrase la mort. Il s'est soumis à la mort et il l'a subie volontairement pour la détruire malgré elle. Car, sur l'ordre de la mort, notre Seigneur « est sorti en portant sa croix » (Jn 19,17). Mais il a crié sur la croix et il a tiré les morts des enfers...

      Il est le glorieux « fils du charpentier » (Mt 13,55) qui, sur le char de sa croix, est venu au-dessus de la gueule vorace du séjour des morts et a transféré le genre humain dans la demeure de la vie (Col 1,13). Et parce que, à cause de l'arbre du paradis, le genre humain était tombé dans le séjour des morts, c'est par l'arbre de la croix qu'il est passé dans la demeure de la vie. Sur ce bois-là avait été greffée l'amertume ; mais sur celui-ci la douceur a été greffée, pour que nous reconnaissions en lui le chef auquel ne résiste rien de ce qui a été créé.

      Gloire à toi ! Tu as jeté ta croix comme un pont au-dessus de la mort, pour que les hommes y passent du pays de la mort à celui de la vie... Gloire à toi ! Tu as revêtu le corps d'Adam mortel et tu en as fait la source de la vie pour tous les mortels. Oui, tu vis ! Car tes bourreaux se sont comportés envers ta vie comme des semeurs : ils ont semé ta vie dans les profondeurs de la terre comme on sème le blé, pour qu'il lève lui-même et fasse lever avec lui beaucoup de grains (Jn 12,24).

      Venez, faisons de notre amour comme un encensoir immense et universel ; prodiguons des cantiques et des prières à celui qui a fait de sa croix un encensoir à la Divinité et nous a tous comblés de richesses par son sang. 

Homélie sur notre Seigneur (trad. bréviaire  3e ven. Pâques rev.

 

lampes-fresque.jpgEugene vandeur

LA TRANSFORMATION EN JESUS LE CHRIST
Seizième Élévation

CRUCIFIÉ PAR AMOUR

Mon âme doit se répéter : Quand je serai identifiée avec cet Exemplaire divin, toute passée en Lui, et Lui en moi, je remplirai ma vocation éternelle pour laquelle Dieu m'a élue en lui, in principio, celle que je remplirai in aeternum, alors que, plongée au sein de la Trinité, je serai l'incessante louange de sa gloire, in laudem gloriae ejus.

Pour devenir le trône de l'immuable Trinité, au dedans de moi-même, dans le centre de mon âme, je dois mourir, et devenir un nescivi vivant, à tous et à tout!
Mais ce travail menant à une telle récompense,
je ne puis le réaliser qu'après avoir été transformé en Vous, mon Christ aimé!<

Je ne puis être transformé en vous, mon Christ aimé,
qu'en prenant votre moule, ô Jésus, crucifié par amour!

Et c'est pourquoi, non, je ne sais plus rien, je ne veux plus rien, sinon le connaître, Lui, la communion à ses souffrances, la conformité à sa mort...Ceux que Dieu a connus d'avance, il les a prédestinés à être conformes à l'image de son Fils, le Crucifié par amour!

La conformité, l'identité avec mon Maître adoré, le Crucifié par amour, voilà ce que je vais me faire enseigner. Alors je pourrai remplir mon office de louange de gloire et chanter le Sanctus éternel, en attendant d'aller l'entonner dans les célestes parvis.

Tous ces élus qui ont la palme en main, et qui sont baignés dans la lumière de Dieu, ont dû auparavant passer par la la grande tribulation, connaître cette douleur immense comme la mer chantée par le prophète...

Avant de contempler à face découverte la gloire du Seigneur, ils ont communié aux anéantissements de son Christ; avant d'être transformés de clarté en clarté en l'image de l'être divin, ils ont été conformes à celle du Verbe Incarné, le Crucifié par amour.

L'âme qui veut servir Dieu nuit et jour dans son temple, dans ce sanctuaire intérieur dont parle saint Paul, quand il dit: Le temple de Dieu est saint et vous êtes ce temple, cette âme doit être résolue à communier effectivement à la Passion de son Maître.

C'est une âme rachetée qui doit à son tour racheter d'autres âmes; et pour cela, elle chantera sur sa lyre: je me glorifie dans la croix de Jésus-Christ!...Avec Jésus-Christ je suis clouée à la croix...Et encore: Je complète en ma chair ce qui manque à la Passion du Christ, pour son Corps qui est l'Église.

Il est des êtres qui, dès ici-bas, font partie de la génération pure comme la lumière; ils portent déjà sur leur front le Nom de l'Agneau, par la ressemblance et conformité avec Celui que saint Jean appelle le Fidèle, le Véritable, et qu'il nous montre vêtu d'une robe teinte de sang.

Ces êtres-là sont aussi les fidèles, les vrais, et leur robe est teinte du sang de leur immolation continuelle.

Que je voudrais mon âme à cette hauteur, ô Jésus, Crucifié par amour!
Que ma vie serait utile, qu'elle serait pleine,
et que j'aurais de joie profonde à la vivre!
Qu'elle est sainte une âme qui habite cette cime!

Elle peut servir Dieu nuit et jour en son temple: les épreuves du dedans et du dehors ne la font pas sortir de sa sainte forteresse où il l'a enfermée; elle n'a plus ni faim, ni soif; car, malgré son désir consumant de la béatitude, elle trouve son rassasiement en cette nourriture qui fut celle du Maître, la volonté du Père.

Elle ne sent plus le soleil tomber sur elle : c'est-à-dire, elle ne souffre plus de souffrir, et l'Agneau peut la conduire aux sources de la Vie, où il veut, comme il l'entend; car elle ne regarde pas les sentiers par lesquels elle passe; ses yeux sont fixés sur le Pasteur qui la conduit.

Mon Christ aimé, Crucifié par amour,
si pour arriver à devenir une louange de gloire à la Trinité adorable,
au fond de mon coeur, il faut me transformer en Vous, en votre souffrance, je m'y plonge à l'avance.
Oh! j'espère bien souffrir; et si le bon Dieu m'épargnait un seul jour,
je craindrais qu'il ne m'oubliât!

David a dit de Jésus-Christ: Sa douleur est immense. En cette immensité j'ai fixé ma résidence; c'est le palais royal où je vis avec mon Époux crucifié!

Crucifié par amour! Quelle réponse d'amour je vous dois!
Ô Vous qui n'avez su m'aimer qu'en souffrant,
qui n'avez su souffrir qu'en m'aimant!

Vous demandez cette réponse d'amour, je vous la donne;
pourquoi craindrais-je de souffrir? Je suis au bout de ma carrière;
Dieu me fait comprendre que devant bientôt le voir face-à-face, loin de se reposer,
laudem gloriae doit extraire de son être toute la prière et la souffrance possible,
pour vous, Amour Crucifié!

Je viens à vous, ô Jésus-Christ, avide de participer à votre Mystère,
le grand Mystère de la Piété!
Aidez-moi à me dépouiller de mon vêtement, à Vous revêtir par-dessus,
afin que ce qu'il y a de mortel en moi soit absorbé par la Vie que vous êtes!

 

Dom Eugène Vandeur  

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/Bibliotheque/divers/trinite/mondieu/16v.html

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Date de dernière mise à jour : 2017-09-21