Saints P

419481-341455655895515-2078885793-n.jpgSaint Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968) capucin

La croix 

 La croix n’opprime pas , son poids fait vaciller mais sa puissance relève

« Que votre oui soit oui » (Jc 5,12)

      Tu ne sais pas ce que l'obéissance est capable de produire : par un oui, par un seul oui -- « Qu'il me soit fait selon ta parole ! » -- Marie devient la mère du Très-Haut. Ce faisant elle se déclarait sa servante mais gardait intacte sa virginité qui était si chère à Dieu et à ses propres yeux. Par ce oui de Marie le monde obtient le salut, l'humanité est rachetée. Alors, tâchons nous aussi de faire la volonté de Dieu et de toujours dire oui au Seigneur...

      Que Marie fasse fleurir en ton âme des vertus toujours nouvelles et qu'elle veille sur toi. Elle est la mer qu'il faut traverser pour parvenir aux rivages des splendeurs de l'aurore éternelle ; reste donc toujours près d'elle...

      Prends appui sur la croix du Christ, à l'exemple de Marie. Tu y trouveras un grand réconfort. Marie est restée, debout, aux pieds de son fils crucifié. Jamais Jésus ne l'a autant aimée qu'en ce moment d'indicible souffrance.

FSI 32, FM 167, Ep 3, 564 (trad. Une pensée, Médiaspaul, p. 51-52)

separ text passioDe la manière de vivre la souffrance

Echanger votre souffrance physique contre la souffrance morale ? Non, laissons faire le Seigneur. Dites-lui simplement : "Seigneur, tournez et retournez-moi selon votre désir, et non comme je le souhaite.". Pensons à la souffrance et à la mort de Notre-Seigneur et au Sang qu'il a répandu pour nous. Alors, nous ne nous plaindrons plus au sujet de notre souffrance. Lorsqu'un malade demande à Dieu d'être libéré de souffrances qui dépassent ses forces, ce n'est pas un signe d'impatience. Ce qu'il a supporté lui sera compté.

separ text passioDire oui avec amour

Quand il Lui plaira de nous mettre sur la Croix, remercions-le et estimons-nous heureux d'un si grand honneur qu'Il nous fait Comme il est doux, mon Père, ce mot de : croix ! Ici, au pied de la croix, les âmes se revêtent de lumière, s'enflamment d'amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés. Que cette croix soit dans le même temps notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! Dans ce but gardons-nous de la séparer de l'amour que nous portons à Jésus : sans celui-ci, elle deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter. Que la Vierge des Douleurs nous obtienne de son Fils de nous faire pénétrer toujours plus avant dans ce mystère et de nous enivrer des souffrances de Jésus ! La plus grande preuve d'amour consiste à souffrir pour l'être aimé. Par conséquent, comme le Fils de Dieu a subi tant de souffrances par pur amour, il ne fait aucun doute que la croix qu'il a portée devient aussi aimable que l'amour. Que la Sainte Vierge nous obtienne d'aimer la croix, les souffrances et les douleurs ! Puisqu'elle fut la première à mettre l'Evangile en pratique dans toute sa perfection et sa sévérité, et cela avant même qu'il ne soit publié, qu'elle nous l'obtienne à nous aussi et nous
donne d'être toujours à ses côtés. Efforçons-nous aussi, à l'exemple de tant d'âmes élues, de nous tenir toujours derrière cette Mère bénie et de marcher à sa suite, car il n'y a pas d'autre chemin qui conduise à la vie que celui que notre Mère emprunte : ne nous en détournons pas, si nous voulons atteindre notre but.

 

lampes-fresque.jpgpaschase-radbert-1.jpgSaint Paschase Radbert (?-v. 849), moine bénédictin

« Si moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13,14)

« Qui s'abaissera sera élevé. » Non seulement le Christ a dit à ses disciples de ne pas se faire appeler maîtres et de ne pas aimer les premières places dans les repas ni aucun autre honneur, mais il a donné lui-même, en sa personne, l'exemple et le modèle de l'humilité. Alors que le nom de maître lui est donné non par complaisance mais par droit de nature, car « tout subsiste par lui » (Col 1,17), par son entrée dans la chair il nous a communiqué un enseignement qui nous conduit tous à la vraie vie et, parce qu'il est plus grand que nous, il nous a « réconciliés avec Dieu » (Rm 5,10). Comme s'il nous disait : N'aimez pas les premiers honneurs, ne désirez pas vous faire appeler maîtres, de même que « ce n'est pas moi qui recherche ma gloire, il y a quelqu'un qui la recherche » (Jn 8,50). Tenez vos regards fixés sur moi, « car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la multitude » (Mt 20,28). Assurément, dans ce passage de l'Évangile, le Seigneur instruit non seulement ses disciples, mais aussi les chefs des Églises, leur prescrivant à tous de ne pas se laisser entraîner par l'avidité à rechercher les honneurs. Au contraire, que « celui qui veut devenir grand » soit le premier à se faire comme lui « le serviteur de tous » (Mt 20,26-27).

Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 23; CCM 56B, 1112 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 152)

 

lampes-fresque.jpgphotomanquantePhiloxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie

« Il ne protestera pas, il ne criera pas »

Écoute le prophète annoncer notre Seigneur. Il le compare à l'agneau, à la brebis, les plus innocents des animaux : « Il a été conduit à l'abattoir comme un agneau, il se taisait comme une brebis devant le tondeur » (Is 53,7)... Notre Seigneur n'a pas été comparé à un lion quand il a été conduit à la mort... Comme un agneau, une brebis, il gardait le silence quand il a été conduit à la Passion et à la mort : « Il se taisait comme une brebis devant le tondeur. Il n'a pas ouvert la bouche » dans son humiliation. Confirmant la parole de la prophétie par sa conduite, il a gardé le silence quand ils l'ont emmené, il s'est tu quand ils l'ont jugé, il ne s'est pas plaint quand ils l'ont flagellé, il n'a pas discuté quand ils l'ont condamné, il ne s'est pas irrité quand ils l'ont ligoté. Il n'a pas murmuré quand ils lui ont frappé les joues, il n'a pas crié quand il a été dépouillé de ses vêtements, comme une brebis de sa toison. Il ne les a pas maudits quand ils lui ont donné le fiel et le vinaigre ; il ne s'est pas irrité contre eux quand ils l'ont cloué sur le bois.

Homélie n°5, Sur la simplicité, 137-139 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 138) 

lampes-fresque.jpgpierre-chrysologue.jpgSaint Pierre Chrysologue

« Tu as fait de nous un royaume et des prêtres pour notre Dieu »

Je vous adjure par la miséricorde de Dieu . Saint Paul nous demande, ou plutôt c'est Dieu qui nous demande par l'intermédiaire de Paul : Dieu veut être aimé plus qu'il ne veut être craint. Dieu demande parce qu'il ne veut pas tellement être Seigneur qu'être Père. Dieu demande avec miséricorde pour ne pas exiger avec rigueur. ~

Écoutez ce que demande le Seigneur : Reconnaissez en moi votre corps, vos membres, vos viscères, vos os, votre sang. Et si ce qui appartient à Dieu vous inspire de la crainte, est-ce que vous n'aimez pas ce qui est à vous ? Si vous fuyez le Seigneur, pourquoi ne recourez-vous pas à celui qui vous a engendrés ?

Mais peut-être que l'énormité de ma passion, dont vous êtes les auteurs, vous couvre de honte ? Ne craignez pas. Cette croix a été mortelle non pour moi mais pour la mort. Ces clous ne me pénètrent pas de douleur. mais d'un amour encore plus profond envers vous. Ces blessures ne provoquent pas mes gémissements, mais elles vous font entrer davantage dans mon cœur. L'écartèlement de mon corps vous ouvre mes bras, il n'augmente pas mon supplice. Mon sang n'est pas perdu pour moi, mais il est versé pour votre rançon.

Venez donc, retournez à moi et reconnaissez votre Père en voyant qu'il vous rend le bien pour le mal, l'amour pour les outrages, et pour de si grandes blessures une si grande charité.

Mais écoutons maintenant l'adjuration de l'Apôtre : Je vous adjure d'offrir vos corps. L'Apôtre, par cette demande, a fait accéder tous les hommes au sommet du sacerdoce : offrir vos corps, comme un sacrifice vivant.

Quelle fonction sans précédent, que celle du sacerdoce chrétien ! L'homme y est à lui-même et la victime et le prêtre ; l'homme n'a pas à chercher au dehors ce qu'il doit immoler à Dieu ; l'homme apporte avec lui et en lui ce qu'il doit offrir pour lui-même à Dieu en sacrifice ; la victime demeure la même, tandis que le prêtre reste aussi le même ; la victime qu'on frappe reste vivante, et le prêtre ne meurt pas puisqu'il doit officier.

Étonnant sacrifice où le corps est offert sans qu'il y ait de corps, où le sang est offert sans que le sang soit versé. Je vous adjure, par la miséricorde de Dieu, d'offrir vos corps en sacrifice vivant.

Mes frères, ce sacrifice du Christ dépend du modèle qu'il nous en a donné, lorsqu'il a immolé son corps pour que sa vie donne la vie au monde ; et vraiment il a fait de son corps un sacrifice vivant, puisqu'il vit en étant immolé. Avec une telle victime, la mort est donnée en rançon, le sacrifice demeure, le sacrifice est vivant, la mort reçoit son châtiment. C'est pourquoi les martyrs naissent en mourant, commencent leur vie lorsqu'ils la finissent, vivent par leur mise à mort, et brillent dans le ciel alors que sur la terre on croyait à leur extinction.

Je vous adjure, mes frères, par la miséricorde de Dieu, d'offrir vos corps en sacrifice vivant et saint . C'est ce que le Prophète a chanté : Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, mais tu m'as façonné un corps.

Sois le sacrifice et le prêtre de Dieu. Ne néglige pas le don que t'a concédé la souveraineté divine. Revêts la robe de la sainteté ; boucle sur toi le ceinturon de la chasteté ; que le Christ vienne voiler ta tête ; que la croix imprimée sur ton front te protège toujours ; mets sur ton cœur le mystère de la science divine ; fais brûler sans cesse l'encens de ta prière ; empoigne le glaive de l'Esprit ; fais de ton cœur un autel. Et ainsi présente ton corps à Dieu, offre-le sans crainte en sacrifice.

Dieu désire la foi, et non la mort ; il a soif de prières et non de sang ; il se laisse réconcilier par le bon vouloir, non par le meurtre.

 HOMÉLIE  SUR LE SACRIFICE SPIRITUEL

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Pierre de Celle

Pierre de Celle (v. 1115–1183), moine puis évêque

L'Agneau de Dieu, doux et humble de coeur

Seigneur, envoie-nous l'Agneau ; c'est l'agneau qu'il nous faut et non le lion (Ap 5,5-6). L'agneau qui ne s'irrite pas et dont la douceur ne se trouble jamais ; l'agneau qui nous donnera sa laine blanche comme la neige pour réchauffer en nous ce qui est froid, pour couvrir ce qui en nous est nu ; l'agneau qui nous donnera sa chair à manger de peur que nous ne périssions de faiblesse sur le chemin (Jn 6,51; Mt 15,32). Envoie-le plein de sagesse, car dans sa prudence divine il vaincra l'esprit orgueilleux ; envoie-le plein de force, car il est dit que le « Seigneur est fort et puissant dans le combat » (Ps 23,8) ; envoie-le plein de douceur, car « il descendra comme la rosée sur la toison » (Ps 71,6 Vulg) ; envoie-le comme une victime, car il doit être vendu et immolé pour notre rachat (Mt 26,15; Jn 19,36; Ex 12,46) ; envoie-le, non pour exterminer les pécheurs, car il doit « venir les appeler et non les justes » (Mt 9,13) ; envoie-le enfin « digne de recevoir la puissance et la divinité, digne de délier les sept sceaux du livre scellé » (Ap 4,11; 5,9), c'est-à-dire le mystère inexprimable de l'Incarnation.

3ème sermon pour l'Avent (trad. cf Guéranger, L'Année liturgique, 2e merc Avent)

 

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Date de dernière mise à jour : 2015-11-25