Fulgence de Ruspe quelques écrits

Fulgentius von ruspe w

Saint Fulgence de Ruspe (467-532) 

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« Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu » (1Co 4,1)

Pour préciser le rôle des serviteurs qu'il a placés à la tête de son peuple, le Seigneur dit cette parole que rapporte l'Évangile : « Quel est l'intendant sage et fidèle que le maître établira sur les gens de sa maison pour leur donner en temps voulu leur mesure de blé ? Heureux ce serviteur que le maître, à son retour, trouvera occupé de la sorte »... Si nous nous demandons quelle est cette mesure de blé, saint Paul nous l'indique ; c'est « la mesure de foi que Dieu vous a départie » (Rm 12,3). Ce que le Christ appelle mesure de blé, Paul le nomme mesure de foi pour nous apprendre qu'il n'y a pas d'autre blé spirituel que le mystère de la foi chrétienne. Cette mesure de blé, nous vous la donnons au nom du Seigneur chaque fois que, éclairés par le don spirituel de la grâce, nous vous parlons selon la règle de la vraie foi. Cette mesure, vous la recevez par les intendants du Seigneur chaque jour où vous entendez de la bouche des serviteurs de Dieu la parole de vérité.

Qu'elle soit notre nourriture, cette mesure de blé que Dieu nous donne en partage. Tirons-en l'aliment de notre bonne conduite afin de parvenir à la récompense de la vie éternelle. Croyons en celui qui se donne lui-même à nous comme nourriture pour que nous ne défaillions pas en chemin (Mt 15,32), et qui se réserve comme notre récompense pour que nous trouvions la joie dans la patrie. Croyons et espérons en lui ; aimons-le par-dessus tout et en tout. Car le Christ est notre aliment et il sera notre récompense. Le Christ est la nourriture et le réconfort des voyageurs en marche ; il est l'assouvissement et l'exultation des bienheureux en leur repos.

Sermon I, 2-3 ; CCL 91 A, 889 (trad. Orval)

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« Nous sommes un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » 

La construction spirituelle du corps du Christ se fait dans l'amour puisque, selon les paroles de saint Pierre, les pierres vivantes servent à construire le Temple spirituel pour former un sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus . Cette construction spirituelle, on ne peut la demander avec plus d'à-propos que lorsque le corps même et le sang du Christ sont offerts par le corps même du Christ, qui est l'Église, dans le sacrement du pain et de la coupe. La coupe que nous buvons est communion au sang Christ ; le pain que nous rompons est participation au corps du Seigneur. Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous été nourris à un seul pain . C'est pourquoi nous demandons que, la grâce qui a fait de l'Église le corps du Christ, tous les membres de la charité, par le maintien de leur cohésion, persévèrent dans l'unité du corps.

Nous demandons à juste titre que cela se réalise en nous par le don du Saint-Esprit ; celui-ci est l'unique Esprit du Père et du Fils, car la sainte Trinité est, par nature, unité, égalité et amour ; elle est un seul Dieu vrai et unique. Cette sainte Trinité, donc, sanctifie ceux qu'elle adopte en leur communiquant son unanimité. C'est pourquoi il est dit : L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. 

L'Esprit Saint, qui est l'unique Esprit du Père et du Fils, produit en ceux, auxquels il a donné la grâce de l'adoption divine, ce qu'il a produit chez ceux qui avaient reçu ce même Esprit Saint, comme nous le voyons dans les Actes des Apôtres : La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul cœur et une seule âme . C'est le Saint-Esprit qui avait réalisé cette unité, lui qui est l'unique Esprit du Père et du Fils, et qui est un seul Dieu avec le Père et le Fils.

C'est pourquoi saint Paul dit qu'il faut jalousement garder cette unité par le lien de la paix, lorsqu'il exhorte ainsi les Éphésiens : Je vous encourage donc, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu ; ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; gardez jalousement l'unité de l'esprit par le lien de la paix, soyez un seul corps et un seul Esprit . ~ 

C'est Dieu qui conserve dans l'Église son amour qu'il a répandu en elle par l'Esprit Saint. Il fait ainsi de cette Église un sacrifice qui lui est agréable, afin qu'elle puisse toujours recevoir la grâce de l'amour spirituel, et que cette grâce lui permette de s'offrir continuellement en un sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu.

LETTRE  À MONIME

 

separ ecrit biblioCouronnés ensemble par l'humble Roi de gloire

      Hier nous fêtions la naissance dans le temps de notre roi éternel ; aujourd'hui nous fêtons le combat victorieux  de son soldat... Notre roi, lui qui est le Très-Haut, est venu à nous dans l'humilité, mais il ne pouvait  pas venir les mains vides : il a apporté à ses soldats la plus grande des grâces. Il ne s'est pas contenté de les couvrir de richesses, il leur a aussi donné une force invincible au combat : il leur a fait le don de la charité, qui conduit les hommes à partager la vie de Dieu... 

      La charité, cet amour qui a fait descendre le Christ sur la terre, a élevé Étienne de la terre au ciel... Pour obtenir la couronne signifiée par son nom, Étienne avait donc pour armes la charité. Grâce à elle, il était entièrement vainqueur. C'est par amour de Dieu qu'il n'a pas reculé devant ses ennemis et par amour du prochain qu'il a intercédé pour ses bourreaux. Par cette charité, il incitait les égarés à se corriger ; par elle, il priait pour éviter le châtiment à ses meurtriers. Soutenu par cet amour, il a vaincu Saul, qui était rempli de fureur, et celui qu'il avait eu pour persécuteur sur la terre, il a obtenu de l'avoir comme compagnon dans le ciel. Son amour saint et indéfectible désirait gagner à lui par sa prière ceux qu'il n'avait pas pu convertir par ses avertissements... Et c'est pourquoi maintenant Paul partage le bonheur d'Étienne. Avec Étienne il jouit de la gloire du Christ, avec Étienne il exulte, avec Étienne il règne. Là où Étienne est monté le premier, lapidé sous les yeux de Paul, là aussi Paul est monté avec l'aide des prières d'Étienne.   

Sermon 3, 1-3, 5-6 ; CCL 91 A, 905-909 (trad. cf Orval et bréviaire 26/12) 

separ ecrit biblio« Moi, je vous dis : aimez vos ennemis »

      « N'ayez de dette envers personne sinon celle de l'amour mutuel » (Rm 13,8). Quelle dette étonnante, mes frères, que cet amour que l'apôtre Paul nous enseigne à toujours payer, sans jamais cesser d'être débiteurs. Heureuse dette, dette sacrée, porteuse de créances sur le ciel, comblée de richesses éternelles !... Rappelons-nous aussi des paroles du Seigneur : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour vos persécuteurs et pour ceux qui vous calomnient » (cf Lc 6,27). Et quelle sera la récompense de ce labeur ?... « Ainsi vous serez les fils de votre Père qui est dans les cieux ».

      Ce qu'on donnera à ces fils de Dieu, l'apôtre Paul nous le fait connaître : « Si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ » (Rm 8,17). Ecoutez donc, chrétiens, écoutez, fils de Dieu, écoutez, héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ ! Si vous voulez posséder l'héritage de votre Père, payez la dette de votre amour non pas seulement à vos amis mais aussi à vos ennemis. Ne refusez à personne cet amour ; il est le trésor commun de tous les hommes de bonne volonté. Possédez-le donc tous ensemble, et pour l'augmenter, faites-en versement aux mauvais comme aux bons. Car ce bien, que l'on ne possède qu'ensemble, n'est pas de la terre mais du ciel ; la part de l'un ne réduit jamais celle d'aucun autre...

      L'amour est un don de Dieu : « L'amour a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5)... L'amour est la racine de tous les biens comme, d'après saint Paul, l'avarice est celle de tous les maux (1Tm 6,10)... L'amour est toujours content, car plus il multiplie ses dons plus largement aussi Dieu nous le dispense. Voilà pourquoi tandis que l'avare s'appauvrit de tout ce qu'il accapare, l'homme qui paie sa dette d'amour s'enrichit de ce qu'il donne.

Sermon 5 ; PL 5, 737 (trad. cf. En Calcat)

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« Faites cela en mémoire de moi ». 

Lorsque l'on offre des sacrifices, on accomplit l'ordre que notre Seigneur nous a donné, selon ce que dit Saint Paul : Le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, prit du pain, puis, ayant rendit grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant: Cette coupe est la nouvelle Alliance établie par mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et vous buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. 

Ce sacrifice est donc offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée, et pour que l'on fasse mémoire de lui, qui a donné sa vie pour nous. Lui-même l'a dit : Il n' y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice nous demandons que l'amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit. Et nous prions humblement qu'en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous aussi, en recevant la grâce du Saint-Esprit, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde. Nous imitons la mort du Seigneur : De même que le Christ est mort au péché une fois pour toutes ; et lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant , de même nous aussi, devons mener une vie nouvelle. Ayant reçu le don de l'amour, mourons au péché et vivons pour Dieu. 

L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Car justement, la participation au corps et au sang du Seigneur, lorsque nous mangeons son pain et buvons à sa coupe, c'est cela qui nous invite à mourir au monde en ayant notre vie cachée avec le Christ en Dieu, et à crucifier notre chair avec ses passions et ses convoitises. 

C'est ainsi que tous les fidèles qui aiment Dieu et le prochain, même s'ils ne boivent pas à la coupe de la passion corporelle, boivent cependant à la coupe de l'amour du Seigneur. Une fois enivrés par elle, ils doivent faire mourir en eux ce qui appartient encore à la terre ; ceux qui ont revêtu Jésus Christ,qu'ils ne s'abandonnent pas aux désirs de la chair, qu'ils ne regardent pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas. 

C'est ainsi que l'on boit à la coupe du Seigneur lorsque l'on observe la sainte charité ; sans elle on pourrait se faire brûler vif, sans que cela serve à rien . Le don de la charité nous apporte ceci: que nous soyons réellement ce que, dans le sacrifice, nous célébrons sacramentellement.

TRAITÉ  CONTRE FABIEN

separ ecrit biblio« Les intendants du mystère de Dieu » 

      Le Seigneur a dit, voulant montrer le devoir spécial des serviteurs qu'il a mis à la tête de son peuple : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître de maison a confié la charge de sa famille pour lui donner en temps voulu la mesure de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera occupé à ce travail. » Qui est ce maître de maison ? Le Christ, sans aucun doute, puisqu'il a dit à ses disciples : « Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison, car vraiment je le suis » (Jn 13,13). Et quelle est cette famille ? C'est évidemment celle que le Seigneur lui-même a rachetée... Cette famille sainte est l'Église catholique qui se répand dans le monde entier par sa grande fécondité, et qui se glorifie d'avoir été rachetée par la rançon du sang de son Seigneur. Comme lui-même l'a dit : « Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). Il est aussi le bon pasteur, qui a « donné sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11)...

      Mais qui est cet intendant, qui doit être en même temps fidèle et sensé ? L'apôtre Paul nous le montre lorsqu'il dit, à propos de lui-même et de ses compagnons : « Que l'on nous regarde comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l'on demande aux intendants, c'est de se montrer fidèles » (1Co 4,1-2). Mais personne d'entre nous ne doit penser que les apôtres sont les seuls à avoir reçu la charge d'intendants...; les évêques aussi sont des intendants, lorsque Paul dit : « Il faut que l'évêque soit irréprochable, en sa qualité d'intendant de Dieu » (Tt 1,7).

      Nous, les évêques, sommes donc les serviteurs du maître de maison, nous sommes les intendants du Seigneur, nous avons reçu la mesure de blé que nous devons vous distribuer. 

Homélie 1, sur les serviteurs du Seigneur ; CCL 91A, 889 (trad. bréviaire Commun pasteurs)

separ ecrit biblio« En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom »

           En conclusion de nos prières, nous disons : « Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur » et non « Par le Saint Esprit ». Cette pratique de l'Église universelle n'est pas sans raison. Elle a pour cause le mystère selon lequel l'homme Jésus Christ est le médiateur entre Dieu et les hommes (1Tm 2,5), prêtre pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech, lui qui par son propre sang est entré dans le Saint des saints, non dans celui qui n'était qu'une copie, mais dans le ciel où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous (He 6,20 ; 9,24).

           C'est en considérant le sacerdoce du Christ que l'apôtre dit : « Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, le fruit de nos lèvres qui célèbrent son nom » (He 13,15). C'est par lui que nous offrons le sacrifice de la louange et de la prière, parce que c'est sa mort qui nous a réconciliés alors que nous étions des ennemis (Rm 5,10). Il a voulu s'offrir en sacrifice pour nous ; c'est dès lors par lui que notre offrande peut être agréable aux yeux de Dieu. Voilà pourquoi saint Pierre nous avertit en ces termes : « Tels des pierres vivantes, vous aussi, vous deviendrez les matériaux de cet édifice spirituel, un sacerdoce saint, pour offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ » (1P 2,5). C'est pour cette raison que nous disons à Dieu le Père : « Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. »

Lettre 14,36 ; CCL 91, 429 (trad. Orval)

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« Le Christ toujours vivant intercède pour nous »

Il faut remarquer d'abord que, dans la conclusion des oraisons nous disons : « Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur ». Nous ne disons jamais « Par l'Esprit Saint ». Ce n'est pas sans raison que l'Église s'exprime ainsi dans sa célébration ; c'est à cause du mystère que voici : L'homme Jésus Christ est devenu médiateur entre Dieu et les hommes, prêtre pour toujours à la manière de Melkisédek. C'est par son propre sang qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, mais non pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, et simple copie du véritable . Il est entré dans le ciel même, où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous.

L'Apôtre dit, lorsqu'il le considère dans cette fonction de grand prêtre : En toute circonstance, offrons à Dieu par lui un sacrifice de louange, c'est-à-dire l'acte de foi qui sort de nos lèvres en l'honneur de son nom . C'est donc par lui que nous offrons le sacrifice de louange et de prière, parce que c'est par sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu, alors que nous étions ses ennemis. C'est par lui, en effet, qui a daigné devenir victime pour nous, que notre victime peut être agréée par Dieu. Aussi saint Pierre nous exhorte-t-il ainsi : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter par le Christ Jésus . Telle est la raison pour laquelle nous nous adressons à Dieu le Père « par Jésus Christ notre Seigneur ». ~

Lorsque l'on fait mention du prêtre, cela ne montre pas autre chose que le mystère de l'incarnation du Seigneur, par lequel le Fils de Dieu, alors qu'il était dans la condition de Dieu, se dépouilla lui-même en prenant la condition du serviteur ; en raison de celle-ci, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Il a été amoindri, mis un peu au-dessous des anges , en descendant un peu au-dessous des anges, tout en restant l'égal de son Père, dans l'unité. Oui, le Fils a été amoindri, en demeurant égal au Père, du fait qu'il a voulu ressembler aux hommes. Il s'est amoindri quand il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition du serviteur . L'amoindrissement du Christ, c'est son dépouillement, et son dépouillement n'est pas autre chose que l'acceptation de la condition de serviteur.

Le Christ, demeurant dans la condition divine, était le Fils unique de Dieu, c'est donc à lui que nous offrons des sacrifices en même temps qu'au Père : mais en prenant la condition du serviteur , il est devenu notre prêtre, par qui nous pouvons offrir un sacrifice vivant et saint, capable de plaire à Dieu. Nous n'aurions pas pu offrir une victime si le Christ ne s'était pas fait victime pour nous : c'est en lui que la nature de notre humanité est le véritable sacrifice qui donne le salut. ~ Car lorsque nous manifestons que nos prières sont présentées par le prêtre éternel, notre Seigneur, nous proclamons que la chair de notre humanité est réelle en lui, selon la parole de l'Apôtre : Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes et chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés . Mais lorsque nous disons « ton Fils », et que nous ajoutons : « qui vît et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit », nous faisons mémoire de cette unité qui existe par nature entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit : on montre par là que le Christ tout à la fois s'acquitte pour nous de la fonction sacerdotale, et possède l'unité de nature avec le Père et l'Esprit Saint.

LETTRE AU DIACRE FERRAND

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La force de la charité

Hier nous avons célébré la naissance temporelle de notre Roi éternel ; aujourd’hui nous célébrons la passion triomphale de son soldat.

Hier, en effet, notre Roi, revêtu de notre chair, sortant du palais d’un sein virginal, a daigné visiter notre monde ; aujourd’hui le soldat sortant de la tente de son corps, est parti pour le ciel en triomphateur. ~

Notre Roi, alors qu’il est le Très-Haut, est venu vers nous dans l’humilité, mais il ne pouvait pas venir les mains vides. Il apportait à ses soldats un don magnifique, non seulement pour leur confier une richesse considérable, mais aussi pour les rendre absolument invincibles dans le combat. Car il leur apportait le don de la charité, qui conduirait les hommes à partager la vie divine.

Ce qu’il apportait, il l’a distribué ; mais lui-même n’y a rien perdu car, s’il a transformé en richesse la pauvreté de ces fidèles, lui-même est resté comblé de trésors inépuisables.

La charité qui a fait descendre le Christ du ciel sur la terre, c’est elle qui a élevé saint Étienne de la terre jusqu’au ciel. La charité, qui existait d’abord chez le Roi, c’est elle qui, à sa suite, a resplendi chez le soldat. ~

Étienne, pour obtenir de recevoir la couronne que signifie son nom, avait pour armes la charité, et grâce à elle il était entièrement vainqueur. Par l’amour de Dieu, il n’a pas reculé devant l’hostilité des Juifs ; par l’amour du prochain, il a intercédé pour ceux qui le lapidaient. Par cette charité, il leur reprochait leur erreur, afin qu’ils se corrigent ; par cette charité, il priait pour ceux qui le lapidaient, afin que le châtiment leur soit épargné.

Fortifié par la charité, il a vaincu Saul qui s’opposait cruellement à lui et, après l’avoir eu comme persécuteur sur terre, il a obtenu de l’avoir pour compagnon dans le ciel. Sa sainte et persévérante charité désirait gagner à lui par la prière ceux qu’il n’avait pu convertir par ses avertissements. ~

Et voici que maintenant Paul partage la joie d’Étienne, il jouit avec Étienne de la gloire du Christ, il exulte avec Étienne, il règne avec lui. Là où Étienne est allé le premier, mis à mort par la lapidation de Paul, c’est là que Paul l’a suivi, secouru par les prières d’Étienne.

C’est ici la vraie vie, mes frères, celle où Paul n’est pas accablé pour le meurtre d’Étienne, mais où Étienne se réjouit de la compagnie de Paul parce que la charité apporte sa joie à l’un comme à l’autre. Chez Étienne, la charité a surmonté l’hostilité des Juifs ; chez Paul, la charité a recouvert une multitude de péchés. Chez l’un comme chez l’autre, la charité a pareillement obtenu de posséder le royaume des cieux.

La charité est donc la source et l’origine de tous les biens, une protection invincible, la route qui mène au ciel. Celui qui marche selon la charité ne pourra ni s’égarer, ni avoir de crainte. Elle dirige, elle protège, elle conduit au but.

C’est pourquoi, mes frères, puisque le Christ a dressé l’échelle de la charité, par laquelle tout chrétien peut monter au ciel, soyez courageusement fidèles à la pure charité, pratiquez-la entre vous et, en progressant dans la charité, faites votre ascension.

HOMÉLIE

separ ecrit biblio« Il s'est livré pour nous »

La Sainte Trinité, Dieu unique du nouveau et de l'ancien Testament, prescrivait à nos pères de lui offrir en sacrifice la chair des animaux. Ces animaux préfiguraient l'offrande très agréable de ce sacrifice que l'unique Fils de Dieu devait offrir miséricordieusement pour nous, en immolant sa chair.

C'est lui, en effet, selon l'enseignement de l'Apôtre, qui s'est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire . C'est lui, vrai Dieu et vrai grand prêtre, qui pour nous est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire en répandant non pas le sang des animaux, mais son propre sang. C'est ce que préfigurait le grand prêtre juif quand il entrait dans le sanctuaire, chaque année, en répandant le sang.

C'est donc lui qui, en lui seul, a présenté tout ce qu'il savait être nécessaire de réaliser pour notre rédemption. Oui, il était à la fois le prêtre et le sacrifice, à la fois Dieu et le temple. Prêtre dont la médiation nous réconcilie ; sacrifice qui opère la réconciliation ; temple dans lequel se fait notre réconciliation ; Dieu avec qui nous sommes réconciliés. Il est à lui seul le prêtre, le sacrifice et le temple, car, étant Dieu, il est tout cela selon la condition de serviteur. Mais il n'est pas Dieu à lui seul, car il l'est avec le Père et l'Esprit Saint selon la condition de Dieu. ~

Tu dois donc croire très fermement et sans aucune hésitation que l'unique Verbe de Dieu lui-même s'est offert pour nous à Dieu en sacrifice capable de lui plaire. C'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint, que les patriarches, les prophètes et les prêtres, au temps de l'ancienne Alliance, offraient des animaux en sacrifice ; et c'est à lui, avec le Père et l'Esprit Saint qui ont avec lui une même divinité, que la sainte Église catholique, dans le monde entier, ne cesse d'offrir le sacrifice du pain et du vin, dans la foi et la charité.

La chair de ces animaux immolés jadis préfigurait la chair du Christ que lui-même, étranger au péché, offrirait pour nos péchés ; elle préfigurait le sang qu'il répandrait pour le pardon de nos péchés. Mais dans notre sacrifice il y a l'action de grâce et la mémoire de la chair du Christ qu'il a offerte pour nous, et du sang que lui-même, Dieu, a répandu pour nous. Saint Paul, dans les Actes des Apôtres, dit à ce sujet :  Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau où l'Esprit Saint vous a placés comme responsables pour être les pasteurs de l'Église de Dieu, qu'il a acquise par son sang .

Les sacrifices d'autrefois symbolisaient donc d'une manière figurative ce que nous aurions à donner. Dans le sacrifice d'aujourd'hui nous est montré clairement ce qui nous a déjà été donné. Les sacrifices d'autrefois annonçaient à l'avance que le Fils de Dieu serait mis à mort pour les impies. Le sacrifice d'aujourd'hui annonce qu'il a été mis à mort pour les impies. Saint Paul nous l'atteste : Le Christ, alors que nous n'étions encore capables de rien, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Et encore : Quand nous étions encore ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils.

LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE

separ ecrit biblio« Nous sommes l’argile, tu es notre potier ; nous sommes tous l’œuvre de tes mains » (Is 64,7) 

      Celui qui « éclaire tout homme en venant dans ce monde » (Jn 1,9) est le vrai miroir du Père. Le Christ passe en tant que reflet du Père (He 1,3) et écarte la cécité des yeux de ceux qui ne voient pas. Le Christ qui vient du ciel passe, afin que toute chair le voie…; seul l’aveugle ne pouvait pas voir le Christ, miroir du Père… Le Christ a ouvert cette prison ; il a dessillé les yeux de l’aveugle, qui a vu dans le Christ le miroir du Père…

      Le premier homme avait été créé lumineux ; mais il s’est trouvé aveugle, quand il a quitté le serpent. Cet aveugle s’est mis à renaître quand il s’est mis à croire... L’aveugle de naissance était assis…sans réclamer à aucun médecin une pommade pour guérir ses yeux… L’artisan de l’univers vient et reflète dans le miroir l’image. Il voit la misère de l’aveugle assis là et qui demande l’aumône. Quel miracle de la force de Dieu ! Elle guérit ce qu’elle voit, elle illumine ce qu’elle visite…

      Celui qui a créé le globe terrestre a maintenant ouvert les globes des yeux aveugles… Le potier qui nous a faits (Gn 2,6; Is 64,7) a vu ces yeux vides…; il les a touchés en mêlant sa salive à de la terre et en appliquant cette boue, il a formé les yeux de l’aveugle… L’homme est formé d’argile, la pommade de boue…; la matière qui avait d’abord servi à former les yeux les a ensuite guéris. Quel est le prodige le plus grand : créer le globe du soleil ou recréer les yeux de l’aveugle-né ? Le Seigneur, sur son trône, a fait briller le soleil ; en parcourant les places publiques de la terre, il a permis à l’aveugle de voir. La lumière est venue sans avoir été demandée, et sans supplication l’aveugle a été libéré de son infirmité de naissance.      

Une homélie écrite en Afrique du Nord au 5e ou 6e siècle, attribuée à tort à saint Fulgence (467-532) 
PL 65, 880 (trad. Jean expliqué, DDB 1985, p. 87 rev.)

( placée sur cette page, faute de connaitre le véritable auteur )

separ ecrit biblio« Le Christ toujours vivant intercède pour nous »

Il faut remarquer d'abord que, dans la conclusion des oraisons nous disons : « Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur ». Nous ne disons jamais « Par l'Esprit Saint ». Ce n'est pas sans raison que l'Église s'exprime ainsi dans sa célébration ; c'est à cause du mystère que voici : L'homme Jésus Christ est devenu médiateur entre Dieu et les hommes, prêtre pour toujours à la manière de Melkisédek. C'est par son propre sang qu'il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, mais non pas dans un sanctuaire fait de main d'homme, et simple copie du véritable . Il est entré dans le ciel même, où il est à la droite de Dieu et intercède pour nous.

L'Apôtre dit, lorsqu'il le considère dans cette fonction de grand prêtre : En toute circonstance, offrons à Dieu par lui un sacrifice de louange, c'est-à-dire l'acte de foi qui sort de nos lèvres en l'honneur de son nom . C'est donc par lui que nous offrons le sacrifice de louange et de prière, parce que c'est par sa mort que nous avons été réconciliés avec Dieu, alors que nous étions ses ennemis. C'est par lui, en effet, qui a daigné devenir victime pour nous, que notre victime peut être agréée par Dieu. Aussi saint Pierre nous exhorte-t-il ainsi : Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter par le Christ Jésus . Telle est la raison pour laquelle nous nous adressons à Dieu le Père « par Jésus Christ notre Seigneur ». ~

Lorsque l'on fait mention du prêtre, cela ne montre pas autre chose que le mystère de l'incarnation du Seigneur, par lequel le Fils de Dieu, alors qu'il était dans la condition de Dieu, se dépouilla lui-même en prenant la condition du serviteur ; en raison de celle-ci, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir. Il a été amoindri, mis un peu au-dessous des anges , en descendant un peu au-dessous des anges, tout en restant l'égal de son Père, dans l'unité. Oui, le Fils a été amoindri, en demeurant égal au Père, du fait qu'il a voulu ressembler aux hommes. Il s'est amoindri quand il s'est dépouillé lui-même en prenant la condition du serviteur . L'amoindrissement du Christ, c'est son dépouillement, et son dépouillement n'est pas autre chose que l'acceptation de la condition de serviteur.

Le Christ, demeurant dans la condition divine, était le Fils unique de Dieu, c'est donc à lui que nous offrons des sacrifices en même temps qu'au Père : mais en prenant la condition du serviteur , il est devenu notre prêtre, par qui nous pouvons offrir un sacrifice vivant et saint, capable de plaire à Dieu. Nous n'aurions pas pu offrir une victime si le Christ ne s'était pas fait victime pour nous : c'est en lui que la nature de notre humanité est le véritable sacrifice qui donne le salut. ~ Car lorsque nous manifestons que nos prières sont présentées par le prêtre éternel, notre Seigneur, nous proclamons que la chair de notre humanité est réelle en lui, selon la parole de l'Apôtre : Le grand prêtre est toujours pris parmi les hommes et chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés . Mais lorsque nous disons « ton Fils », et que nous ajoutons : « qui vît et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit », nous faisons mémoire de cette unité qui existe par nature entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit : on montre par là que le Christ tout à la fois s'acquitte pour nous de la fonction sacerdotale, et possède l'unité de nature avec le Père et l'Esprit Saint.

LETTRE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE  AU DIACRE FERRAND

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Saint Fulgence de Ruspe (467-532) 

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 « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35)

      La charité qui a fait descendre le Christ du ciel sur la terre, c'est elle qui a élevé saint Étienne de la terre jusqu'au ciel. L'amour, qui existait d'abord chez le Roi, a resplendi à sa suite chez le soldat...

      Là où Étienne est monté le premier, lapidé sous les yeux de Paul, c'est là que Paul l'a suivi, secouru par les prières d'Étienne. C'est ici la vraie vie, mes frères, celle où Paul n'est pas accablé pour le meurtre d'Étienne, mais où Étienne se réjouit de la compagnie de Paul, parce que la charité apporte sa joie à l'un comme à l'autre. Chez Étienne, l'amour a surmonté l'hostilité de ses ennemis ; chez Paul, « la charité a recouvert une multitude de péchés » (1P 4,8). Chez l'un comme chez l'autre, l'amour a pareillement obtenu de posséder le Royaume des cieux.

      La charité est donc la source et l'origine de tous les biens, une protection invincible, la route qui mène au ciel. Celui qui marche selon la charité ne pourra ni s'égarer, ni avoir de crainte. Elle dirige, elle protège, elle conduit au but. C'est pourquoi, mes frères, puisque le Christ a dressé l'échelle de la charité, par laquelle tout chrétien peut monter au ciel, soyez courageusement fidèles à cet amour, pratiquez-le entre vous et, en progressant dans l'amour, faites votre ascension.

 Sermon 3, pour la fête de saint Étienne ; CCL 91A, 905 (trad. bréviaire)

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Marthe et Marie

 « Une femme nommée Marthe le reçut chez elle ; elle avait une sœur du nom de Marie ». Si notre cœur est le lieu d'habitation de Dieu, il faut que ces deux femmes y habitent : l'une qui s'assied aux pieds de Jésus pour l'écouter, l'autre qui s'occupe de le nourrir. Tant que le Christ sera sur la terre, pauvre, en proie à la faim, à la soif, à la tentation, il faudra que ces deux femmes habitent la même maison, que dans le même cœur se vivent ces deux activités... 

Ainsi, durant cette vie de labeur et de misères, il faut que Marthe habite votre maison... Tant que nous aurons besoin de manger et de boire, nous aurons aussi à dompter notre chair ou notre corps par les œuvres de la veille, du jeûne et du travail. Telle est la part de Marthe. Mais il faut aussi qu'en nous soit présente Marie, l'action spirituelle. Car nous n'avons pas à nous appliquer sans arrêt aux exercices corporels, il nous faut aussi parfois nous reposer, et goûter combien le Seigneur est doux, nous asseoir pour cela aux pieds de Jésus, et écouter sa Parole. 

Amis, ne négligez pas Marie pour Marthe, ni Marthe pour Marie ! Si vous négligez Marthe, qui servira Jésus ? Si vous négligez Marie, de quoi vous servira la visite de Jésus, puisque vous n'en goûterez pas la douceur ?

Sermon pour l'Assomption 

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« Paul était en route et approchait de Damas ; une lumière venant de ciel l'enveloppa soudain de sa clarté » (Ac 9,3)

Saul est envoyé sur le chemin de Damas pour devenir aveugle, car s'il est aveuglé, c'est pour voir le vrai Chemin (Jn 14,6)... Il perd la vue corporelle, mais son cœur est illuminé pour que la vraie lumière brille à la fois aux yeux de son cœur et à ceux de son corps... Il est envoyé au-dedans de lui-même, pour se chercher lui-même. Il errait en sa propre compagnie, voyageur inconscient, et il ne se trouvait pas car intérieurement il avait perdu le chemin. C'est pourquoi il a entendu une voix qui lui disait... : « Détourne tes pas du chemin de Saul, pour trouver la foi de Paul. Enlève la tunique de ton aveuglement et revêts-toi du Sauveur (Ga 3,27)... J'ai voulu manifester dans ta chair l'aveuglement de ton cœur, afin que tu puisses voir ce que tu ne voyais pas, et que tu ne sois pas semblable à ' ceux qui ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas ' (Ps 113,5-6). Que Saul s'en retourne avec ses lettres inutiles (Ac 22,5), pour que Paul écrive ses épîtres si nécessaires. Que Saul l'aveugle disparaisse...pour que Paul devienne la lumière des croyants »... Paul, qui t'a transformé ainsi ? « Vous voulez savoir qui a fait cela ? Cet homme qu'on appelle le Christ... Il a oint mes yeux et il m'a dit : ' Va à la piscine de Siloé, lave-toi, et vois '. J'y suis allé, je me suis lavé, et maintenant je vois (Jn 9,11). Pourquoi cet étonnement ? Celui qui m'a créé, voici qu'il m'a recréé ; avec la puissance dont il m'a créé, maintenant il m'a guéri ; moi j'avais péché, mais lui m'a purifié. » Viens donc, Paul, laisse-là le vieux Saul, bientôt tu vas voir Pierre aussi... Ananie, touche Saul et donne-nous Paul ; chasse au loin le persécuteur, envoie en mission le prédicateur : les agneaux n'auront plus peur, les brebis du Christ seront dans la joie. Touche le loup qui poursuivait le Christ pour que maintenant, avec Pierre, il mène paître les brebis.

Un sermon attribué, n° 59 Appendice ; PL 65, 929 (trad. En Calcat)

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« Je te l'ordonne, lève-toi »

« En un instant, en un clin d'œil, quand retentira le signal au dernier jour, car il retentira, les morts ressusciteront, impérissables ; et nous, nous serons transformés. » En disant « nous », saint Paul parle de ceux qui recevront le don de la transformation future, c'est-à-dire de ses compagnons dans la communion de l'Église et dans une vie droite. Il suggère la nature de cette transformation quand il continue : « Il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable ; il faut que ce qui est mortel revête l'immortalité » (1Co 15,52-53). Pour recevoir alors cette transformation en juste récompense, il faut qu'elle soit précédée maintenant par la transformation qui vient de l'abondance de la grâce...

Dans la vie présente, c'est donc la grâce qui agit, afin que la justification, par laquelle nous ressuscitons spirituellement, commence cette transformation ; et ensuite, à la résurrection du corps qui achève la transformation des hommes justifiés, la glorification demeurera parfaite... La grâce de la justification d'abord, et ensuite celle de la glorification les transforme de telle sorte que la glorification demeure en eux immuable et éternelle.

En effet, ils sont transformés ici-bas par cette première résurrection, celle qui les éclaire pour qu'ils se convertissent. Par elle, ils passent de la mort à la vie, du péché à la justice, de l'incroyance à la foi, d'une conduite mauvaise à une vie sainte. C'est pourquoi la seconde mort est sans pouvoir sur eux. L'Apocalypse dit à leur sujet : « Heureux ceux qui ont part à la première résurrection : la seconde mort est sans pouvoir sur eux » (20,6)... Aussi chacun doit se hâter de participer à la première résurrection, s'il ne veut pas être condamné au châtiment de la seconde mort. Ceux qui, transformés en cette vie par leur respect pour Dieu, passent d'une vie mauvaise à une vie bonne, passent de la mort à la vie ; et ensuite, leur vie de misère sera transformée en vie de gloire.

Le Pardon des péchés ; CCL 91A, 693 (trad. bréviaire 33e lun rev.)

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« Heureux ceux qui ont part à la première résurrection... » 

Instantanément, en un clin d'œil, quand retentira le signal au dernier jour, car il retentira, les morts ressusciteront, impérissables, et nous serons transformés . En disant « nous », saint Paul montre qu'il est uni à ceux qui recevront le don de la transformation future, et qui sont ses compagnons dans la communion de l'Église et dans une vie droite. Il suggère la nature de cette transformation quand il dit : Car il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable, il faut que ce qui est mortel revête l'immortalité. Pour que de tels hommes reçoivent alors cette transformation en juste récompense, il faut qu'elle soit précédée maintenant par la transformation qui vient de l'abondance de la grâce. ~

Ceux qui, dans la vie présente, se seront transformés en passant du mal au bien ont la promesse de cette récompense que sera la transformation future. ~

En eux, c'est donc la grâce qui agit, afin que la justification, par laquelle nous ressuscitons spirituellement, commence la transformation du don divin ; et ensuite, à la résurrection du corps qui achève la transformation des hommes justifiés, la glorification demeurera parfaite sans subir de transformation. La grâce de la justification d'abord, et ensuite celle de la glorification les transforme de telle sorte que la glorification demeure en eux immuable et éternelle.

En effet, ils sont transformés ici-bas par la première résurrection, celle qui les éclaire pour qu'ils se convertissent. Par elle, ils passent de la mort à la vie, du péché à la justice, de l'incroyance à la foi, d'une conduite mauvaise à une vie sainte. C'est pourquoi la seconde mort est sans pouvoir sur eux. L'Apocalypse dit à leur sujet : Heureux ceux qui ont part à la première résurrection : la seconde mort est sans pouvoir sur eux . Et l'on dit encore dans le même livre : Le vainqueur ne souffrira aucunement de la seconde mort . De même que la première résurrection consiste dans la conversion du cœur, ainsi la seconde mort, dans le supplice éternel.

Aussi chacun doit se hâter de participer à la première résurrection, s'il ne veut pas être condamné au châtiment de la seconde mort. Ceux qui, transformés en cette vie par la crainte de Dieu, passent d'une vie mauvaise à une vie bonne, passent de la mort à la vie ; et ensuite, leur vie d'abjection sera transformée en gloire.

TRAITE DE SAINT FULGENCE DE RUSPE SUR LE PARDON DES PÉCHÉS

 

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Date de dernière mise à jour : 2016-12-27