pape Que votre paix vienne sur elle Tous deux ne feront plus qu'un Aussitôt la jeune fille se leva Elle est étroite la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie homélie Entrez dans l’espérance discours message écrits

Jean Paul II quelques écrits

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

Liste des lectures 

Que votre paix vienne sur elle

Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi 

M'aimes-tu ?

Lui-même était là au milieu d’eux, et il leur dit : ‘ La paix soit avec vous ’ 

Saints Cyrille et Méthode, missionnaires sachant lire « les signes des temps

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit 

Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage

Jean Baptiste, martyr de la vérité

Un homme avait deux fils

Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Et eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, et le Seigneur agissait avec eux

Témoins de la vérité devant les forces du mal

Une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur 

separ ecrit biblio

Tous deux ne feront plus qu'un 

La sainteté au visage féminin

Suis-moi 

Mère de Dieu, Mère du Prince de la Paix

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit 

Les signes des temps où nous sommes

Ils sont fils de Dieu, en étant fils de la résurrection

Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe

L'Orient et l'Occident, les deux poumons du corps de l'Église

Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ?

Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle 

Je ne suis pas venu abolir mais accomplir

separ ecrit biblio

Aussitôt la jeune fille se leva 

Pour la première fois, il les envoie 

Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois

Faites-les fructifier

Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Le Seigneur est proche

Je te salue, comblée de grâce 

Jésus étendit la main et le toucha 

Le péché contre l'Esprit Saint

Il y eut un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le Dragon

Son amour miséricordieux s’étend d’âge en âge

Seigneur, montre-nous le Père

Le bon pasteur

separ ecrit biblio

C'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne

Il est écrit dans votre Loi : ' J'ai dit : Vous êtes des dieux '

Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre

Revenez à moi de tout votre cœur

Jour de la Mère, jour de la paix

Réjouis-toi, comblée de grâce

Tenez-vous donc prêts, vous aussi 

Saints Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves, apôtres de l'unité

Sainte Catherine de Sienne : une vie mystique et une vie d’action

Savoir juger les signes des temps

Une philosophe découvre la vérité

Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers

separ ecrit biblioElle est étroite la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie

Les exigences du Christ et la joie du cœur

Saints Cyrille et Méthode, apôtres des slaves

Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre 

L'exemple de Saint Benoît : « Ora et labora ; prie et travaille »

Que votre paix vienne sur cette maison 

Dans le secret du cœur

La Sainte Famille et nos familles

« Faites-les fructifier » : travail humain et Règne de Dieu

Ils ne font plus deux ; ils ne font qu'un 

Au commencement, le Créateur les fit homme et femme

La vie éternelle

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

« Que votre paix vienne sur elle »

      Cette journée à Assise nous a aidés à devenir plus conscients de nos engagements religieux. Mais elle a aussi donné au monde, qui nous regarde par les médias, une plus grande conscience de la responsabilité de chaque religion en ce qui concerne les problèmes de la guerre et de la paix. Plus peut-être que jamais auparavant dans l'histoire, le lien intrinsèque qui unit une attitude religieuse authentique et le grand bien de la paix est devenu évident pour tous. Quel poids terrible à porter pour des épaules humaines ! Mais, en même temps, quelle vocation merveilleuse et exaltante à suivre ! Bien que la prière soit en elle-même une action, cela ne nous dispense pas de travailler pour la paix. Ici, nous agissons comme les hérauts de la conscience morale de l'humanité en tant que telle, de l'humanité qui désire la paix, qui a besoin de la paix.

      Il n'y a pas de paix sans un amour passionné de la paix. Il n'y a pas de paix sans une volonté farouche de réaliser la paix. La paix attend ses prophètes. Ensemble, nous avons rempli nos yeux de visions de paix : elles libèrent des énergies pour un nouveau langage de paix, pour de nouveaux gestes de paix, des gestes qui brisent l'enchaînement fatal des divisions héritées de l'histoire ou engendrées par les idéologies modernes. La paix attend ses bâtisseurs. Tendons la main à nos frères et à nos soeurs pour les encourager à bâtir la paix sur les quatre piliers que sont la vérité, la justice, l'amour et la liberté. La paix est un chantier ouvert à tous et pas seulement aux spécialistes, savants et stratèges. La paix est une responsabilité universelle : elle passe par mille petits actes de la vie quotidienne. Par leur manière journalière de vivre avec les autres, les hommes font leur choix pour ou contre la paix…

      Ce que nous avons fait aujourd'hui à Assise, en priant et en témoignant de notre engagement pour la paix, nous devons continuer à le faire chaque jour de notre vie. Car ce que nous avons fait aujourd'hui est vital pour le monde. Si le monde doit continuer, et si les hommes et les femmes doivent y survivre, le monde ne peut pas se passer de la prière.

Allocution à la rencontre interreligieuse à Assise, 27/10/86 (trad. DC no. 1929 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi »

      « Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12,25). Il s'agit là d'une vérité que le monde contemporain refuse souvent et méprise, car il fait de l'amour de soi le critère suprême de l'existence. Mais les témoins de la foi [du vingtième siècle] n'ont considéré ni leur propre avantage, ni leur bien-être, ni même leur survie comme des valeurs supérieures à la fidélité à l'Évangile. Malgré leur faiblesse, ils ont opposé une résistance vigoureuse au mal. Dans leur fragilité a resplendi la force de la foi et de la grâce du Seigneur.

      L'héritage précieux que ces témoins courageux nous ont laissé est un patrimoine commun à toutes les Églises et à toutes les Communautés ecclésiales… L’oecuménisme le plus convaincant est celui des martyrs et des témoins de la foi ; il indique aux chrétiens du vingt et unième siècle la voie de l'unité. C'est l'héritage de la croix vécu à la lumière de Pâques, héritage qui enrichit et soutient les chrétiens à mesure qu'ils avancent dans le nouveau millénaire…

      Dans le siècle et dans le millénaire qui s'avance, puisse la mémoire de ces frères et de ces soeurs rester vivante ! Mieux encore, puisse-t-elle grandir ! Qu'elle soit transmise de génération en génération, afin d'être semence féconde d'un profond renouveau chrétien ! Qu'elle soit gardée comme un trésor d'une insigne valeur pour les chrétiens du nouveau millénaire et qu'elle soit levain pour parvenir à la pleine communion de tous les disciples du Christ !… Je prie le Seigneur pour que la nuée de témoins qui nous entourent (He 12,1) nous aide, nous tous croyants, à exprimer notre amour pour le Christ avec un courage égal au leur ; par celui qui demeure vivant dans son Église, aujourd'hui comme hier, demain et toujours ! 

Homélie lors de la commémoration oecuménique des témoins de la foi du 20ème siècle, 7/5/00 (trad. DC 2227, p. 503 © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« M'aimes-tu ? »

      « Aimes-tu ?… M’aimes-tu ?… » Pour toujours, jusqu'à la fin de sa vie, Pierre devait avancer sur le chemin accompagné de cette triple question : « M'aimes-tu ? » Et il mesurait toutes ses activités à la réponse qu'il avait alors donnée. Quand il a été convoqué devant le Sanhédrin. Quand il a été mis en prison à Jérusalem, prison dont il ne devait pas sortir, et dont pourtant il est sorti. Et…à Antioche, puis plus loin encore, d'Antioche à Rome. Et lorsqu'à Rome il avait persévéré jusqu'à la fin de ses jours, il a connu la force des paroles selon lesquelles un Autre le conduisait là où il ne voulait pas. Et il savait aussi que, grâce à la force de ces paroles, l’Eglise « était assidue à l'enseignement des apôtres et à l'union fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » et que « le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Ac 2,42.48)…

      Pierre ne peut jamais se détacher de cette question : « M'aimes-tu ? » Il la porte avec lui où qu'il aille. Il la porte à travers les siècles, à travers les générations. Au milieu de nouveaux peuples et de nouvelles nations. Au milieu de langues et de races toujours nouvelles. Il la porte lui seul, et pourtant il n'est plus seul. D'autres la portent avec lui… Il y a eu et il y a bien des hommes et des femmes qui ont su et qui savent encore aujourd'hui que toute leur vie a valeur et sens seulement et exclusivement dans la mesure où elle est une réponse à cette même question : « Aimes-tu ? M'aimes-tu ? » Ils ont donné et ils donnent leur réponse de manière totale et parfaite -- une réponse héroïque -- ou alors de manière commune, ordinaire. Mais en tout cas ils savent que leur vie, que la vie humaine en général, a valeur et sens dans la mesure où elle est la réponse à cette question : « Aimes-tu ? » C'est seulement grâce à cette question que la vie vaut la peine d'être vécue. 

Homélie à Paris 30/05/80 (trad. DC 1788, p. 556 copyright © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Lui-même était là au milieu d’eux, et il leur dit : ‘ La paix soit avec vous ’ »

      Nous avons plus que jamais besoin d'entendre cette parole du Christ ressuscité : « N'ayez pas peur ! » (Mt 28,10) C'est une nécessité pour l'homme d'aujourd'hui…qui ne cesse pas d'avoir peur en son for intérieur et non sans raisons… C'est également une nécessité pour tous les peuples et toutes les nations du monde entier. Il faut que, dans la conscience de chaque être humain, se fortifie la certitude qu'il existe Quelqu'un qui tient dans ses mains le sort de ce monde qui passe, Quelqu'un qui détient les clefs de la mort et des enfers (Ap 1,18), Quelqu'un qui est l'Alpha et l'Oméga de l'histoire de l'homme (Ap 22,13), qu'elle soit individuelle ou collective ; et surtout la certitude que ce Quelqu'un est Amour, l'Amour fait homme, l'Amour crucifié et ressuscité, l'Amour sans cesse présent au milieu des hommes ! Il est l'Amour eucharistique. Il est source inépuisable de communion. Il est le seul que nous puissions croire sans la moindre réserve quand il nous demande : « N'ayez pas peur ! »

Entrez dans l’espérance (trad. Plon/Mame 1994, p. 320)

separ ecrit biblioSaints Cyrille et Méthode, missionnaires sachant lire « les signes des temps » (Vatican II, Gaudium et spes)

      Le désir intense de l'union spirituelle entre tous les croyants dans le Christ a inspiré les deux saints frères Cyrille et Méthode dans leur mission à laquelle ils ont assigné pour but de faire des peuples évangélisés par eux, dans l'Europe naissante, un lien d'union entre l'Orient et l'Occident. Pour cela, Cyrille et Méthode ont décidé de traduire en langue slave les livres saints, « jetant ainsi les bases de toute la littérature que ces mêmes peuples devaient développer dans leur langue »... Louer Dieu dans sa propre langue, être conscients de l'identité nationale et culturelle propre, assurer l'union la plus profonde entre tous les chrétiens, soit de l'Orient soit de l'Occident : n'est-ce pas là le programme missionnaire confirmé et recommandé encore récemment par le Concile Vatican II ?

      Le fait qu'un tel programme a été approuvé et encouragé par le Siège romain il y a déjà onze siècles a été certainement un des grands « signes des temps » qui annonçaient à l'avance un nouveau visage de l'Europe naissante. Malgré les hauts et les bas, et les grandes difficultés qui se sont produites au cours de l'histoire, nous pouvons reconnaître que la liturgie slave et la culture qui s'est édifiée sur les bases jetées par les deux saints frères sont encore aujourd'hui un témoignage indéniable de la continuité vivante de l'héritage de Cyrille et de Méthode. Même le désir de la pleine union des chrétiens s'est fait souvent sentir parmi les peuples slaves, spécialement dans les époques difficiles. 

Homélie du 14/2/85 (trad. DC 1893, p. 367 © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit »

      Au début de son pèlerinage de foi, la foi de Marie rencontre la foi de Joseph. Si Elisabeth a dit de la Mère du Rédempteur : « Bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1,45), on peut en un sens attribuer aussi cette béatitude à Joseph, car il a répondu affirmativement à la Parole de Dieu quand elle lui a été transmise en ce moment décisif. Joseph, il est vrai, n'a pas répondu à l'annonce de l'ange comme Marie, mais il « fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ». Ce qu'il a fait est pure « obéissance de la foi » (Rm 1,5).

      On peut dire que ce qu’a fait Joseph l'unit d'une manière toute spéciale à la foi de Marie ; il a accepté comme une vérité venant de Dieu ce qu'elle avait déjà accepté lors de l'Annonciation. Le Concile Vatican II dit : « A Dieu qui révèle est due l'obéissance de la foi par laquelle l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu dans un complet hommage d'intelligence et de volonté à Dieu qui révèle et dans un assentiment volontaire à la révélation qu'il fait » (Dei Verbum, 5). Cette phrase, qui touche à l'essence même de la foi, s'applique parfaitement à Joseph de Nazareth.

      Il est devenu donc d'une façon singulière le dépositaire du mystère « tenu caché depuis les siècles en Dieu » (Ep 3,9), de même que Marie l’est devenue en ce moment décisif appelé par l'apôtre Paul « la plénitude du temps », lorsque « Dieu envoya son Fils, né d'une femme…afin de racheter les sujets de la Loi, pour leur conférer l'adoption filiale » (Ga 4,4-5)… Joseph est, avec Marie, le premier dépositaire de ce mystère divin… En ayant devant les yeux le texte des deux évangélistes Matthieu et Luc, on peut dire également que Joseph est le premier à participer à la foi de la Mère de Dieu et qu'ainsi il soutient son épouse dans la foi à l'Annonciation divine ; il est placé le premier par Dieu sur le chemin du pèlerinage de foi de Marie… Le chemin personnel de Joseph, son pèlerinage de foi, se conclura le premier…; cependant, le chemin de foi de Joseph suit la même direction.

Redemptoris custos, §4

separ ecrit biblio« Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage »

      L'expérience des martyrs et des témoins de la foi n'est pas une caractéristique propre aux premiers temps de l'Église, mais elle est la marque de chaque période de son histoire. Au cours du vingtième siècle, peut-être plus encore que dans les débuts du christianisme, très nombreux ont été ceux qui ont témoigné de la foi au milieu de souffrances souvent héroïques. Combien de chrétiens, dans chaque continent, au cours du vingtième siècle, ne sont-ils pas allés jusqu'à payer de leur sang leur attachement au Christ ! Ils ont subi des formes de persécution anciennes et nouvelles, ils ont fait l'expérience de la haine et de l'exclusion, de la violence et de l'assassinat. De nombreux pays d'ancienne tradition chrétienne sont redevenus des terres où il en coûtait de rester fidèle à l'Évangile. Dans notre siècle, « le témoignage rendu au Christ jusqu'au sang est devenu un patrimoine commun aux catholiques, aux orthodoxes, aux anglicans et aux protestants » (Tertio millennio adveniente, 37)...

      Dans ma jeunesse, j'ai été moi-même témoin de beaucoup de souffrances et de beaucoup d'épreuves. « Mon sacerdoce, dès son origine, s'est situé par rapport au grand sacrifice de nombreux hommes et de nombreuses femmes de ma génération » (Ma Vocation, don et mystère, p. 51-52). L'expérience de la Seconde Guerre mondiale et des années qui ont suivi m'a conduit à considérer avec une attention pleine de reconnaissance l'exemple lumineux de ceux qui, du début à la fin du vingtième siècle, ont souffert la persécution, la violence et la mort à cause de leur foi et à cause du comportement que leur inspirait la vérité du Christ.

      Ils sont si nombreux ! Leur mémoire ne doit pas être perdue.

Homélie lors de la Commémoration oecuménique des témoins de la foi du XXème siècle, 7 mai 2000 (trad. DC 2227, p.501)

separ ecrit biblioJean Baptiste, martyr de la vérité

      L'Église du premier millénaire est née du sang des martyrs : « Sanguis martyrum semen christianorum ; le sang des martyrs est une semence de chrétiens » (Tertullien). Les événements historiques...n'auraient jamais pu garantir à l'Église un développement comme celui qui se réalisa durant le premier millénaire s'il n'y avait eu les semailles des martyrs et le patrimoine de sainteté qui caractérisèrent les premières générations chrétiennes. Au terme du deuxième millénaire, l'Église est devenue à nouveau une Église de martyrs. Les persécutions à l'encontre des croyants -- prêtres, religieux et laïcs -- ont provoqué d'abondantes semailles de martyrs dans différentes parties du monde. Le témoignage rendu au Christ jusqu'au sang est devenu un patrimoine commun aux catholiques, aux orthodoxes, aux anglicans et aux protestants, comme le notait déjà Paul VI... C'est là un témoignage à ne pas oublier...

      En notre siècle, les martyrs sont revenus ; souvent inconnus, ils sont comme des « soldats inconnus » de la grande cause de Dieu. Dans toute la mesure du possible, il faut éviter de perdre leur témoignage dans l'Église... Il faut que les Églises locales fassent tout leur possible pour ne pas laisser perdre la mémoire de ceux qui ont subi le martyre, en rassemblant à cette intention la documentation nécessaire.

      Et cela ne saurait manquer d'avoir un caractère œcuménique marqué. L'œcuménisme des saints, des martyrs, est peut-être celui qui convainc le plus. La voix de la « communio sanctorum », la communion des saints, est plus forte que celle des fauteurs de division... Le plus grand hommage que toutes les Églises rendront au Christ au seuil du troisième millénaire sera de montrer la présence toute-puissante du Rédempteur par les fruits de foi, d'espérance et de charité chez des hommes et des femmes de si nombreuses langues et races qui ont suivi le Christ dans les diverses formes de la vocation chrétienne. 

Lettre apostolique « Tertio Millenio adveniente », 37 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Un homme avait deux fils »

      L'homme -- tout homme -- est ce fils prodigue : séduit par la tentation de se séparer de son Père pour vivre dans l'indépendance..., tombé dans la tentation, déçu par le vide qui, comme un mirage, l'avait fasciné ; seul, déshonoré, exploité alors qu'il cherche à se bâtir un monde entièrement à soi ; travaillé, même au fond de sa misère, par le désir de revenir à la communion avec son Père. Comme le père de la parabole, Dieu guette le retour du fils, l'embrasse à son arrivée et prépare la table pour le banquet des retrouvailles où le Père et les frères célèbrent la réconciliation...

      Mais la parabole met aussi en scène le frère aîné qui refuse de prendre sa place au banquet. Il reproche à son jeune frère ses égarements et à son père l'accueil qu'il lui a réservé alors qu'à lui-même, sobre et travailleur, fidèle à son père et à sa maison, jamais il n'a été accordé -- dit-il -- de festoyer avec ses amis. C'est là un signe qu'il ne comprend pas la bonté de son père. Tant que ce frère, trop sûr de lui-même et de ses mérites, jaloux et méprisant, rempli d'amertume et de colère, ne s'est pas converti et réconcilié avec son père et son frère, le banquet n'est pas encore pleinement la fête de la rencontre et des retrouvailles. L'homme -- tout homme -- est aussi ce frère aîné. L'égoïsme le rend jaloux, endurcit son cœur, l'aveugle et le ferme aux autres et à Dieu...

      La parabole du fils prodigue est avant tout l'histoire ineffable du grand amour d'un père... Mais en évoquant, sous la figure du frère aîné, l'égoïsme qui divise les frères entre eux, elle devient aussi l'histoire de la famille humaine... Elle dépeint la situation de la famille humaine divisée par les égoïsmes, elle met en lumière la difficulté de satisfaire le désir et la nostalgie d'être d'une même famille réconciliée et unie, et elle rappelle donc la nécessité d'une profonde transformation des cœurs pour redécouvrir la miséricorde du Père et pour vaincre l'incompréhension et l'hostilité entre frères. 

Exhortation apostolique « Reconciliatio et paenitentia », § 5-6 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Et eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, et le Seigneur agissait avec eux » (Mc 16,19-20)

      Repartir du Christ : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Cette certitude, chers frères et sœurs, a accompagné l'Église pendant deux mille ans... Nous devons y puiser un élan renouvelé pour notre vie chrétienne, en en faisant la force inspiratrice de notre cheminement. C'est dans la conscience de cette présence du Ressuscité parmi nous que nous nous posons aujourd'hui la question adressée à Pierre à Jérusalem, aussitôt après son discours de la Pentecôte : « Que devons-nous faire ? » (Ac 2,37)

      Nous nous interrogeons avec un optimisme confiant, sans pour autant sous-estimer les problèmes. Nous ne sommes certes pas séduits par la perspective naïve qu'il pourrait exister pour nous, face aux grands défis de notre temps, une formule magique. Non, ce n'est pas une formule qui nous sauvera, mais une personne, et la certitude qu'elle nous inspire : « Je suis avec vous ! »

      Il ne s'agit pas alors d'inventer un nouveau programme. Le programme existe déjà : c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste... Il est toutefois nécessaire qu'il se traduise par des orientations pastorales adaptées aux conditions de chaque communauté... C'est dans les Églises locales que l'on peut fixer les éléments concrets d'un programme...qui permettent à l'annonce du Christ d'atteindre les personnes, de modeler les communautés, d'agir en profondeur par le témoignage des valeurs évangéliques sur la société et sur la culture... C'est donc une œuvre de reprise pastorale enthousiasmante qui nous attend. Une œuvre qui nous implique tous

Lettre apostolique pour le nouveau millénaire « Novo millennio ineunte », §29 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioTémoins de la vérité devant les forces du mal

             « Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! » (Mt 5,11-12) Ces paroles du Christ s'appliquent si bien aux innombrables témoins de la foi du siècle qui s'achève : ils ont été persécutés, insultés, mais ils n'ont jamais plié devant les forces du mal.

            Là où la haine semblait contaminer toute la vie sans possibilité d'échapper à sa logique, ils ont montré que « l'amour est plus fort que la mort » (Ct 8,6). Dans les terribles systèmes d'oppression qui défiguraient l'homme, dans les lieux de souffrance, au milieu de privations très dures, au long de marches épuisantes, exposés au froid, à la faim, aux tortures, accablés de toutes sortes de souffrances, s'est élevée leur ferme adhésion au Christ mort et ressuscité...

            Beaucoup ont refusé de se plier au culte des idoles du vingtième siècle et ont été sacrifiés par le communisme, par le nazisme, par l'idolâtrie de l'État ou de la race. Beaucoup d'autres sont tombés au cours de guerres ethniques ou tribales, parce qu'ils avaient refusé une logique étrangère à l'Évangile du Christ. Certains sont morts parce que, suivant le modèle du Bon Pasteur, ils ont voulu rester avec leurs fidèles, en dépit des menaces. Dans chaque continent, tout au long de ce siècle, se sont levées des personnes qui ont préféré être tuées plutôt que de faillir à leur mission. Des religieux et des religieuses ont vécu leur consécration jusqu'à l'effusion du sang. Des croyants, hommes et femmes, sont morts en offrant leur vie par amour pour leurs frères, particulièrement pour les plus pauvres et les plus faibles. « Celui qui aime sa vie la perd, celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle » (Jn 12,25). 

Homélie du 07/05/2000 lors de la commémoration des témoins de la foi du XXème siècle (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur »

      Aujourd'hui, beaucoup se montrent perplexes et s'interrogent : pourquoi la vie religieuse consacrée ? Pourquoi embrasser ce genre de vie, alors qu'il y a tant d'urgences...auxquelles on peut répondre sans se charger des engagements de la vie consacrée ? La vie religieuse n'est-elle pas une sorte de gaspillage d'énergie humaine utilisable suivant les critères de l'efficacité pour un bien plus grand au profit de l'humanité et de l'Église ?... De telles interrogations ont toujours existé, comme le montre bien l'épisode évangélique de l'onction de Béthanie : « Marie, prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison fut rempli par l'odeur du parfum ». À Judas qui se plaignait d'un tel gaspillage, prenant prétexte des besoins des pauvres, Jésus répondit : « Laisse-la faire ».

      C'est la réponse toujours valable à la question que se posent tant de personnes, même de bonne foi, sur l'actualité de la vie religieuse... : « Laisse-la faire ». Pour ceux qui reçoivent le don inestimable de suivre de plus près le Seigneur Jésus, il paraît évident qu'il peut et doit être aimé d'un cœur sans partage, que l'on peut lui consacrer toute sa vie et pas seulement certains gestes, certains moments ou certaines activités. Le parfum précieux versé comme pur acte d'amour, et donc en dehors de toute considération utilitaire, est signe d'une surabondance de gratuité, qui s'exprime dans une vie dépensée pour aimer et pour servir le Seigneur, pour se consacrer à sa personne et à son Corps mystique. Cette vie répandue sans compter diffuse un parfum qui remplit toute la maison. Aujourd'hui non moins qu'hier, la maison de Dieu, l'Église, est ornée et enrichie par la présence de la vie consacrée... La vie consacrée est importante précisément parce qu'elle est surabondance de gratuité et d'amour, et elle l'est d'autant plus que ce monde risque d'être étouffé par le tourbillon de l'éphémère

Exhortation apostolique « Vita Consecrata », § 104 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

 

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

« Tous deux ne feront plus qu'un »

      Lorsque le Christ, avant sa mort, au seuil même du mystère pascal, prie en disant : « Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés pour qu'ils soient un, comme nous » (Jn 17,11), il demande aussi en quelque sorte, peut-être d'une façon particulière, l'unité des époux et des familles. Il prie pour l'unité de ses disciples, pour l'unité de l'Église ; or le mystère de l'Église est comparé par saint Paul au mariage (Ep 5,32).

      Ainsi non seulement l'Église donne à la famille une part spéciale de ses soins, mais encore elle considère le sacrement du mariage, d'une certaine façon, comme son modèle. Dans l'amour du Christ son Époux, qui nous a aimés jusqu'à la mort, l'Église contemple les époux et les épouses, qui ont promis de s'aimer pour toute la vie, jusqu'à la mort. Et elle considère que c'est un devoir singulier pour elle de protéger cet amour, cette fidélité et cette honnêteté, ainsi que tous les biens qui en découlent pour la personne humaine et la société. C'est proprement la famille qui donne la vie à la société ; c'est dans la famille que, par l'éducation, se forme la structure même de l'humanité, de tout homme en ce monde.

      Dans l'Évangile...le Fils parle ainsi au Père : « Je leur ai donné les paroles que tu m'avais données : ils les ont reçues..., et ils ont cru que c'est toi qui m'as envoyé... Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,8-10). L'écho de ce dialogue ne résonne-t-il pas dans le cœur des hommes de toutes les générations ? Ces mots ne constituent-ils pas le tissu même de la vie et de l'histoire de toute famille, et à travers la famille, de tout homme ?... « Je prie pour eux..., pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi » (v. 9). 

Homélie pour l'ouverture du Synode sur la famille, 26/09/1980, §5 (trad. ORfr 40 rev.)

separ ecrit biblio« Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : je suis vainqueur du monde »

      Les familles, les groupes, les États, la communauté internationale elle-même, ont besoin de s'ouvrir au pardon pour renouer les liens rompus, pour dépasser les situations stériles de condamnations réciproques, pour vaincre la tentation d'exclure les autres en leur refusant toute possibilité d'appel. La capacité de pardonner est à la base de tout projet d'une société à venir plus juste et plus solidaire.

      Le refus du pardon, au contraire, surtout s'il entretient la poursuite de conflits, a des répercussions incalculables pour le développement des peuples. Les ressources sont consacrées à soutenir la course aux armements, les dépenses de guerre, ou à faire face aux conséquences des rétorsions économiques. C'est ainsi que font défaut les disponibilités financières nécessaires au développement, à la paix, à la justice. De quelles souffrances l'humanité n'est-elle pas affligée parce qu'elle ne sait pas se réconcilier, quels retards ne subit-elle pas parce qu'elle ne sait pas pardonner ! La paix est la condition du développement, mais une paix véritable n'est possible qu'à travers le pardon.

      La proposition du pardon n'est pas une chose que l'on admet comme une évidence ou que l'on accepte facilement ; par certains aspects, c'est un message paradoxal. En effet, le pardon comporte toujours, à court terme, une perte apparente, tandis qu'à long terme, il assure un gain réel. La violence est exactement le contraire : elle opte pour un gain à brève échéance, mais se prépare pour l'avenir lointain une perte réelle et permanente. Le pardon pourrait sembler une faiblesse ; en réalité, aussi bien pour l'accorder que pour le recevoir, il faut une grande force spirituelle et un courage moral à toute épreuve. Loin de diminuer la personne, le pardon l'amène à une humanité plus profonde et plus riche, il la rend capable de refléter en elle un rayon de la splendeur du Créateur. 

Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, §9-10 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioLa sainteté au visage féminin

      Dans l'imminence du grand Jubilé de l'An 2000, il m'a semblé que les chrétiens européens, tout en vivant avec tous leurs compatriotes un passage d'une époque à l'autre qui est à la fois riche d'espoir et non dénué de préoccupations, peuvent tirer un profit spirituel de la contemplation et de l'invocation de certains saints qui sont de quelque manière particulièrement représentatifs de leur histoire... Je crois particulièrement significatif le choix de cette sainteté au visage féminin, dans le cadre de la tendance providentielle qui s'est affermie dans l'Église et dans la société de notre temps, reconnaissant toujours plus clairement la dignité de la femme et ses dons propres.

      En réalité, l'Église n'a pas manqué, depuis ses origines, de reconnaître le rôle et la mission de la femme, bien qu'elle ait été conditionnée parfois par une culture qui ne prêtait pas toujours à la femme l'attention qui lui était due. Mais la communauté chrétienne a progressé peu à peu dans ce sens, et précisément le rôle joué par la sainteté s'est révélé décisif sur ce plan. Une incitation constante a été offerte par l'image de Marie, « femme idéale », Mère du Christ et de l'Église. Mais également le courage des martyres, qui ont affronté les tourments les plus cruels avec une surprenante force d'âme, le témoignage des femmes engagées de manière exemplaire et radicale dans la vie ascétique, le dévouement quotidien de nombreuses épouses et mères dans l'« Église au foyer » qu'est la famille, les charismes de tant de mystiques qui ont contribué à l'approfondissement théologique lui-même, tout cela a fourni à l'Église des indications précieuses pour comprendre pleinement le dessein de Dieu sur la femme. D'ailleurs, ce dessein a déjà dans certaines pages de l'Écriture, en particulier dans l'attitude du Christ dont témoigne l'Évangile, son expression sans équivoque. C'est dans cette ligne que prend place le choix de déclarer sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix copatronnes de l'Europe. 

Motu proprio « Spes aedificandi », § 2-3 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Suis-moi »

      Chaque vocation est un événement personnel et original, mais aussi un fait communautaire et ecclésial. Personne n'est appelé à marcher seul. Chaque vocation est suscitée par le Seigneur comme un don pour la communauté chrétienne, qui doit pouvoir en tirer avantage...

      C'est surtout vers vous, les jeunes, que je voudrais me tourner : le Christ a besoin de vous pour réaliser son projet de salut ! Le Christ a besoin de votre jeunesse et de votre enthousiasme généreux pour l'annonce de l'Evangile ! Répondez à cet appel par le don de votre vie à Dieu et à vos frères. Faites confiance au Christ. Il ne décevra pas vos désirs et vos projets, mais les remplira de sens et de joie. Il a dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6).

      Ouvrez avec confiance votre coeur au Christ ! Laissez sa présence se renforcer en vous à travers l'écoute quotidienne et pleine d'adoration des Saintes Ecritures, qui constituent le livre de la vie et des vocations accomplies

(trad. Osservatore Romano)

separ ecrit biblioMère de Dieu, Mère du Prince de la Paix

      « Ave, Mère sainte : tu as donné le jour au Roi qui gouverne le ciel et la terre pour les siècles des siècles » (cf. antienne d'ouverture). Avec cet antique salut, l'Eglise s'adresse aujourd'hui, huitième jour après Noël et premier jour de l'année, à la très sainte Vierge Marie, en l'invoquant en tant que Mère de Dieu. Le Fils éternel du Père a pris en elle notre chair et, à travers elle, il et devenu « le fils de David et le fils d'Abraham » (Mt 1,1). Marie est donc sa mère véritable : la Theotòkos, la Mère de Dieu ! Si Jésus est la Vie, Marie est la Mère de la Vie. Si Jésus est l'Espérance, Marie est la Mère de l'Espérance. Si Jésus est la Paix, Marie est la Mère de la Paix, Mère du Prince de la Paix. En entrant dans la nouvelle année, nous demandons à cette Mère sainte de nous bénir. Demandons-lui de nous donner Jésus, notre pleine bénédiction, dans lequel le Père a béni l'histoire une fois pour toutes, en la faisant devenir une histoire de salut... L'Enfant né à Bethléem est la Parole éternelle du Père faite chair pour notre salut, il est « Dieu avec nous », qui apporte avec lui le secret de la paix véritable. Il est le Prince de la Paix (Is 7,14; 9,5)...

      « Ave, Mère sainte ! »... L'enfant que tu serres contre ta poitrine porte un nom cher aux peuples de religion biblique : « Jésus », qui signifie « Dieu sauve ». C'est ainsi que l'appela l'archange avant qu'il ne soit conçu dans ton sein (Lc 2,21). Sur le visage du Messie nouveau-né, nous reconnaissons le visage de chacun de tes enfants outragés et exploités. Nous reconnaissons en particulier le visage des enfants, quelle que soit la race, le pays et la culture à laquelle ils appartiennent. Pour eux, ô Marie, pour leur avenir, nous te demandons d'émouvoir les coeurs endurcis par la haine, afin qu'ils s'ouvrent à l'amour et que la vengeance cède finalement la place au pardon. Ô Mère, obtiens pour nous que la vérité de cette affirmation -- il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon -- s'imprime dans le coeur de tous. La famille humaine pourra ainsi retrouver la paix véritable, qui naît de la rencontre entre la justice et la miséricorde. Mère sainte, Mère du Prince de la Paix, aide-nous ! Mère de l'humanité et Reine de la Paix, prie pour nous ! 

Homélie du 01/01/02 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit »

      Le climat de silence qui accompagne tout ce qui se réfère à la figure de Joseph s'étend aussi à son travail de charpentier dans la maison de Nazareth. Toutefois, c'est un silence qui révèle d'une manière spéciale le profil intérieur de cette figure. Les évangiles parlent exclusivement de ce que « fit » Joseph ; mais ils permettent de découvrir dans ses actions, enveloppées de silence, un climat de profonde contemplation. Joseph était quotidiennement en contact avec le mystère « caché depuis les siècles », qui « établit sa demeure » sous son toit (Col 1,26; Jn 1,14)...

      Puisque l'amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l'amour filial de Jésus et que, réciproquement, l'amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l'amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l'amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure. En outre l'apparente tension entre la vie active et la vie contemplative est dépassée en lui de manière idéale, comme cela peut se faire en celui qui possède la perfection de la charité. Selon la distinction bien connue entre l'amour de la vérité et l'exigence de l'amour nous pouvons dire que Joseph a expérimenté aussi bien l'amour de la vérité, c'est-à-dire le pur amour de contemplation de la Vérité divine qui rayonnait de l'humanité du Christ, que l'exigence de l'amour, c'est-à-dire l'amour, pur lui aussi, du service, requis par la protection et le développement de cette même humanité. 

Lettre apostolique « Redemptoris Custos », § 25-27 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioLes signes des temps où nous sommes

      Le fait que l'on enregistre aujourd'hui, dans le monde, malgré les vastes processus de sécularisation, une exigence diffuse de spiritualité, qui s'exprime justement en grande partie dans un besoin renouvelé de prière, n'est-il pas un « signe des temps » ? Les autres religions, désormais amplement présentes dans les territoires d'ancienne chrétienté, proposent aussi leurs réponses à ce besoin, et elles le font parfois avec des modalités attrayantes. Nous qui avons la grâce de croire au Christ, révélateur du Père et Sauveur du monde, nous avons le devoir de montrer à quelles profondeurs peut porter la relation avec lui.

      La grande tradition mystique de l'Église, en Orient comme en Occident, peut exprimer beaucoup à ce sujet. Elle montre comment la prière peut progresser, comme un véritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine totalement possédée par le Bien-Aimé divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonnée dans le cœur du Père. On fait alors l'expérience vivante de la promesse du Christ : « Celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui » (Jn 14,21)...

       Oui, chers frères et sœurs, nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques écoles de prière, où la rencontre avec le Christ ne s'exprime pas seulement en demande d'aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu'à une vraie « folie » du cœur. Il s'agit donc d'une prière intense, qui toutefois ne détourne pas de l'engagement dans l'histoire: en ouvrant le cœur à l'amour de Dieu, elle l'ouvre aussi à l'amour des frères et rend capable de construire l'histoire selon le dessein de Dieu. 

Lettre Apostolique « Novo millennio innuente » § 33 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Ils sont fils de Dieu, en étant fils de la résurrection »

      Comme sacrement né du mystère de la Rédemption et, en un certain sens, né à nouveau de l'amour nuptial du Christ et de l'Église (cf Ep 5,22-23), le mariage est une expression efficace de la puissance salvifique de Dieu qui réalise son dessein éternel, même après le péché et malgré la concupiscence cachée dans le cœur de chaque être humain, homme et femme... Comme sacrement de l'Église, le mariage est indissoluble par nature. Comme sacrement de l'Église, il est aussi parole de l'Esprit qui exhorte l'homme et la femme à modeler toute leur vie ensemble en tirant leur force du mystère de la rédemption du corps... La rédemption du corps signifie...cette espérance qui, dans la dimension du mariage, peut être définie comme espérance du quotidien, espérance du temporel...

      La dignité des époux...s'exprime dans la profonde conscience de la sainteté de la vie, à laquelle tous deux donnent origine en participant –- comme fondateurs d'une famille –- aux forces du mystère de la création. À la lumière de cette espérance qui est liée au mystère de la rédemption du corps, cette nouvelle vie humaine, l'enfant conçu et né de l'union conjugale de son père et de sa mère, s'ouvre aux « prémices de l'Esprit » « pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu ». Et si « toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement », une espérance particulière accompagne la femme dans les douleurs de l'accouchement, c'est-à-dire l'espérance de la « révélation des fils de Dieu » (Rm 8,19-23), espérance dont tout nouveau-né porte en lui une étincelle en venant au monde... C'est à cela que se réfèrent les paroles du Christ faisant appel à la résurrection des corps... : « Ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection ». 

Audience générale du 01/12/1982 (trad. DC n°1844 16/01/83, p.94)

separ ecrit biblioSainte Brigitte de Suède, co-patronne de l'Europe

      Pour édifier la nouvelle Europe sur des bases solides, il ne suffit certes pas de lancer un appel aux seuls intérêts économiques qui, s'ils rassemblent parfois, d'autres fois divisent, mais il est nécessaire de s'appuyer plutôt sur les valeurs authentiques, qui ont leur fondement dans la loi morale universelle, inscrite dans le cœur de tout homme. Une Europe qui remplacerait les valeurs de tolérance et de respect universel par l'indifférentisme éthique et le scepticisme en matière de valeurs inaliénables, s'ouvrirait aux aventures les plus risquées et verrait tôt ou tard réapparaître sous de nouvelles formes les spectres les plus effroyables de son histoire.

      Pour conjurer cette menace, le rôle du christianisme, qui désigne inlassablement l'horizon idéal, s'avère encore une fois vital. À la lumière des nombreux points de rencontre avec les autres religions que le Concile Vatican II a reconnues (cf. Nostra Aetate), on doit souligner avec force que l'ouverture au Transcendant est une dimension vitale de l'existence. Il est donc essentiel que tous les chrétiens présents dans les différents pays du continent s'engagent à un témoignage renouvelé. Il leur appartient de nourrir l'espérance de la plénitude du salut par l'annonce qui leur est propre, celle de l'Évangile, à savoir la « bonne nouvelle » que Dieu s'est fait proche de nous et que, en son Fils Jésus Christ, il nous a offert la rédemption et la plénitude de la vie divine. Par la force de l'Esprit Saint qui nous a été donné, nous pouvons lever les yeux vers Dieu et l'invoquer avec le doux nom d' « Abba », Père (Rm 8,15 ;Ga 4,6).

      C'est justement cette annonce d'espérance que j'ai voulu confirmer en proposant à une dévotion renouvelée, dans une perspective « européenne », ces trois figures de femmes : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, qui, à des époques diverses, ont apporté une contribution très significative à la croissance non seulement de l'Église, mais de la société elle-même.

Lettre apostolique « Spes aedificandi », 1/10/99 (trad. DC n° 2213 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioL'Orient et l'Occident, les deux poumons du corps de l'Église

      Depuis le début de l'ère apostolique, qui a semé l'Évangile sur cette terre d'Europe et l'a irriguée par le sang des martyrs, s'est développé ce processus pluri-séculaire, continu et fécond, qui a imprégné l'Europe de la sève chrétienne. Les saints patrons de l'Europe, saint Benoît et les saints Cyrille et Méthode sont, de manière particulière, des témoins de ce processus. Le charisme propre de leur œuvre évangélisatrice consiste dans le fait qu'ils ont posé des germes, qu'ils ont fait naître des formes et des styles d'incarnation de l'Évangile dans le tissu culturel et social et dans l'esprit des peuples européens qui étaient en train de se former... Ces saint patrons...restent aussi un modèle et une inspiration actuels pour nous, parce que l'œuvre d'évangélisation, dans la situation particulière où l'Europe se trouve aujourd'hui, est appelée à proposer une nouvelle synthèse créatrice entre Évangile et vie.

      Il faut être conscient de l'importance de greffer l'évangélisation renouvelée sur ces racines communes de l'Europe... Ces racines chrétiennes sont particulièrement riches et inspiratrices, parce qu'elles s'appuient sur la même foi, se réfèrent à la même Église indivise... D'autre part, nous devons aussi considérer que ces racines communes sont doubles. Car elles ont pris la forme de deux courants de traditions chrétiennes théologiques, liturgiques, ascétiques, et de deux modèles de culture, divers, non pas opposés mais au contraire complémentaires et qui s'enrichissent mutuellement. Benoît a imprégné la tradition chrétienne et culturelle de l'Occident de l'esprit de la latinité, plus logique et rationnel ; Cyrille et Méthode sont les représentants de l'antique culture grecque, plus intuitive et mystique, et sont vénérés comme les pères de la tradition des peuples slaves.

      Il nous appartient de recueillir l'héritage de cette pensée riche et complémentaire et de trouver les moyens et les méthodes appropriés pour son actualisation et une communication spirituelle plus intense entre l'Orient et l'Occident. 

Discours du 11/10/1985 au 6ème symposium des évêques d'Europe (trad. DC 1033)

separ ecrit biblio« Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? »

      Le mystère pascal, c'est le Christ au sommet de la révélation de l'insondable mystère de Dieu. C'est alors que s'accomplissent en plénitude les paroles prononcées au Cénacle : « Qui m'a vu, a vu le Père » (Jn 14,9). En effet, le Christ, que le Père « n'a pas épargné » (Rm 8,32) en faveur de l'homme, et qui, dans sa passion et le supplice de la croix, n'a pas été l'objet de la miséricorde humaine, a révélé dans sa résurrection la plénitude de l'amour que le Père nourrit envers lui et, à travers lui, envers tous les hommes. « Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Mc 12,27).

      Dans sa résurrection, le Christ a révélé le Dieu de l'amour miséricordieux, justement parce qu'il a accepté la croix comme chemin vers la résurrection. Et c'est pourquoi, lorsque nous faisons mémoire de la croix du Christ, de sa Passion et de sa mort, notre foi et notre espérance se fixent sur le Ressuscité : sur ce Christ qui, « le soir de ce même jour, le premier de la semaine..., vint au milieu de ses disciples » au Cénacle où « ils se trouvaient..., souffla sur eux, et leur dit :  Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20,19s).

      Voici que le Fils de Dieu, dans sa résurrection, a fait l'expérience radicale de la miséricorde, c'est-à-dire de l'amour du Père plus fort que la mort. Et c'est aussi le même Christ, qui...se révèle comme source inépuisable de la miséricorde, de l'amour...plus fort que le péché. 

Encyclique « Dives in Misericordia » § 8 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle »

      Que nous dit la croix du Christ, qui est le dernier mot, pour ainsi dire, de son message et de sa mission messianiques ? Certes, elle n'est pas encore la parole ultime du Dieu de l'Alliance, qui ne sera prononcée qu'aux lueurs de cette aube où les femmes d'abord puis les apôtres, venus au tombeau du Christ crucifié, le trouveront vide et entendront pour la première fois cette annonce : « Il est ressuscité ». Ils la rediront à leur tour, et ils seront les témoins du Christ ressuscité.

      Toutefois, même dans la glorification du Fils de Dieu, la croix ne cesse d'être présente, cette croix qui -- à travers tout le témoignage messianique de l'Homme-Fils qui a subi la mort sur elle -- parle et ne cesse jamais de parler de Dieu-Père, qui est toujours fidèle à son amour éternel envers l'homme. Car « Il a tellement aimé le monde -- donc l'homme dans le monde -- qu'il a donné son Fils unique, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ».

      Croire dans le Fils crucifié signifie « voir le Père » (Jn 14,9), signifie croire que l'amour est présent dans le monde, et que cet amour est plus puissant que les maux de toutes sortes dans lesquels l'homme, l'humanité et le monde sont plongés. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde. Celle-ci en effet est la dimension indispensable de l'amour. Elle est comme son deuxième nom, et elle est en même temps la manière propre dont il se révèle et se réalise pour s'opposer au mal qui est dans le monde, qui tente et assiège l'homme, s'insinue jusque dans son cœur et peut « le faire périr dans la géhenne » (Mt 10,28). 

Encyclique « Dives in misericordia », § 7 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

«separ ecrit biblio Je ne suis pas venu abolir mais accomplir »

      Ma visite [à cette synagogue] aujourd'hui veut être une contribution décisive à la consolidation des bons rapports entre nos deux communautés... Parmi les multiples richesses de la déclaration du concile Vatican II « Nostra aetate »..., le premier est que l'Église du Christ découvre son lien avec le judaïsme « en scrutant son propre mystère ». La religion juive ne nous est pas extrinsèque mais, d'une certaine manière, elle est intrinsèque à notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n'avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d'une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés...

      La route que nous avons commencée n'est encore qu'à ses débuts : il faudra encore pas mal de temps...pour supprimer toute forme, même inconsciente, de préjugé...et pour présenter...le vrai visage des juifs et du judaïsme, comme aussi des chrétiens et du christianisme... Il n'échappe à personne que la divergence fondamentale depuis les origines est notre adhésion, à nous chrétiens, à la personne et à l'enseignement de Jésus de Nazareth, fils de votre peuple, dont sont issus aussi la Vierge Marie, les apôtres, « fondements et colonnes de l'Église » (cf Ga 2,9), et la majorité des membres de la première communauté chrétienne... Il faut dire ensuite que les voies ouvertes à notre collaboration, à la lumière de l'héritage commun tiré de la Loi et des prophètes sont diverses et importantes... : avant tout une collaboration en faveur de l'homme..., de sa dignité, de sa liberté, de ses droits, dans une société...où règne la justice et où...ce soit la paix qui règne, ce shalom souhaité par les législateurs, par les prophètes et par les sages d'Israël...

      De ma visite, et de la concorde et de la sérénité auxquelles nous sommes arrivés, que naisse, comme le fleuve qu'Ézéchiel a vu sortir de la porte orientale du Temple de Jérusalem (Ez 47,1s), une source fraîche et bienfaisante qui aide à guérir les plaies dont souffre notre ville de Rome. En faisant cela, nous serons fidèles à nos engagements respectifs les plus sacrés mais aussi à ce qui nous unit et nous rassemble le plus profondément : la foi en un seul Dieu qui « aime l'étranger » et « rend justice à l'orphelin et à la veuve », nous efforçant de les aimer et de les secourir (Dt 10,18; Lv 19,18.34). Les chrétiens ont appris cette volonté du Seigneur de la Torah, que vous vénérez ici, et de Jésus qui a porté jusqu'à ses extrêmes conséquences l'amour demandé par la Torah

Discours dans la synagogue de Rome 13/04/1986 (trad. DC n° 1917, p. 437).

 

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

« Aussitôt la jeune fille se leva »

      Le Christ entre dans la maison où se trouve la jeune fille, la prend par la main et lui dit : « Petite fille, je te le dis, lève-toi ! »... Chers jeunes, le monde a besoin de votre réponse personnelle aux paroles de vie du Maître : « Je te le dis, lève-toi ! » Nous voyons comment Jésus vient à la rencontre de l'humanité dans les situations les plus difficiles et les plus pénibles. Le miracle accompli dans la maison de Jaïre nous montre son pouvoir sur le mal. Il est le Seigneur de la vie, le vainqueur de la mort...

      Mais nous ne pouvons pas oublier que, selon ce que nous enseigne la foi, la cause première du mal, de la maladie, de la mort même, c'est le péché en ses différentes formes. Dans le cœur de chacun et de chacune de nous se cache cette maladie qui nous touche tous : le péché personnel, qui s'enracine de plus en plus dans les consciences à mesure que se perd le sens de Dieu. Oui, chers jeunes, veillez à ne pas laisser s'affaiblir en vous le sens de Dieu. On ne peut pas vaincre le mal par le bien si l'on n'a pas ce sens de Dieu, de son action, de sa présence, qui nous invite à parier toujours sur la grâce, sur la vie, contre le péché, contre la mort. Le sort de l'humanité est en jeu...

      Il s'ensuit que nous devons voir les implications sociales du péché pour construire un monde digne de l'homme. Il y a des maux sociaux qui créent une véritable « communion du péché » parce que, en même temps que l'âme, ils abaissent l'Église et d'une certaine manière le monde entier... Chers jeunes, combattez le bon combat de la foi (1Tm 6,12) pour la dignité de l'homme, pour la dignité de l'amour, pour une vie noble, une vie d'enfants de Dieu. Vaincre le péché à l'aide du pardon de Dieu est une guérison, c'est une résurrection. N'ayez pas peur des exigences de l'amour du Christ. Craignez, au contraire, la pusillanimité, la légèreté, la recherche de vos intérêts propres, l'égoïsme, tout ce qui veut faire taire la voix du Christ qui, s'adressant à chacun de nous, répète : « Je te le dis, lève-toi ». 

Discours aux jeunes du Chili 02/04/1987 (trad. DC 1939, p. 481)

separ ecrit biblio« Pour la première fois, il les envoie »

      Jésus dit à Pierre : « Avance au large ! » (Lc 5,4) « Pierre et ses premiers compagnons firent confiance à la parole du Christ et jetèrent leurs filets »... Celui qui ouvre son cœur au Christ comprend non seulement le mystère de sa propre existence, mais aussi celui de sa propre vocation, et il fait mûrir de splendides fruits de grâce... En vivant l'Évangile dans son intégralité, le chrétien devient toujours plus capable d'aimer à la manière même du Christ, en accueillant son exhortation : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Il s'engage à persévérer dans l'unité avec ses frères au sein de la communion de l'Église, et il se met au service de la nouvelle évangélisation pour proclamer la merveilleuse vérité de l'amour salvifique de Dieu et pour en témoigner.

      Chers jeunes, c'est à vous tout particulièrement que je renouvelle l'invitation du Christ à « avancer au large »... Ayez confiance en lui, mettez-vous à l'écoute de ses enseignements, fixez le regard sur son visage, persévérez dans l'écoute de sa Parole. Laissez-le orienter toutes vos recherches et toutes vos aspirations, tout votre idéal et tout le désir de votre cœur... Je pense en même temps à la parole adressée par Marie, sa mère, aux serviteurs à Cana de Galilée : « Faites tout ce qu'il vous dira » (Jn 2,5). Chers jeunes, le Christ vous demande « d'avancer au large » et la Vierge vous encourage à ne pas hésiter à le suivre. Que monte de tous les coins du monde, soutenue par l'intercession maternelle de la Madone, la prière ardente au Père du ciel pour obtenir « des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9,38) :

Jésus, Fils de Dieu,
en qui demeure la plénitude de la divinité,
Tu appelles tous les baptisés « à avancer au large »,
en parcourant le chemin de la sainteté.
Suscite dans le cœur des jeunes le désir
d'être des témoins de la puissance de ton amour
dans le monde d'aujourd'hui.
Remplis-les de ton Esprit de force et de prudence,
pour qu'ils soient capables de découvrir la pleine vérité
sur eux-mêmes et leur vocation propre.
Notre Sauveur,
envoyé par le Père pour révéler son amour miséricordieux,
fais à ton Église le don
de jeunes prêts à avancer au large,
pour être parmi leurs frères une manifestation
de ta présence qui renouvelle et qui sauve.

Vierge Sainte, Mère du Rédempteur,
guide assuré dans le chemin vers Dieu et le prochain,
toi qui as conservé ses paroles dans l'intimité de ton cœur (Lc 2,19),
soutiens par ton intercession maternelle
les familles et les communautés ecclésiales,
afin qu'elles aident les adolescents et les jeunes
à répondre généreusement à l'appel du Seigneur.
Amen. 

Message pour la 42e Journée mondiale de prière pour les vocations 17/04/2005 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois »

      Le Christ souligne avec insistance la nécessité de pardonner aux autres : lorsque Pierre lui demande combien de fois il devrait pardonner à son prochain, il lui indique le chiffre symbolique de « soixante-dix fois sept fois », voulant lui montrer ainsi qu'il devrait savoir pardonner à tous et toujours.

      Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, le pardon, ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses... La réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont conditions du pardon...

      La miséricorde toutefois a la force de conférer à la justice un contenu nouveau, qui s'exprime de la manière la plus simple et la plus complète dans le pardon. Le pardon en effet manifeste qu'en plus des processus...caractéristiques de la justice, l'amour est nécessaire pour que l'homme s'affirme comme tel. L'accomplissement des conditions de la justice est indispensable surtout pour que l'amour puisse révéler son propre visage... L'Église estime à juste titre que son devoir, que le but de sa mission, consistent à assurer l'authenticité du pardon. 

Encyclique « Dives in misericordia », § 14 (trad. Ó copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Faites-les fructifier »

L'évangile du travail se trouve dans la vie du Christ et dans ses paraboles, dans « ce que Jésus a fait et enseigné » (Ac 1,1). A cette lumière émanant de la Source même, l'Église a toujours proclamé ce dont nous trouvons l'expression contemporaine dans l'enseignement du Concile Vatican II : « De même qu'elle procède de l'homme, l'activité humaine lui est ordonnée. De fait, par son action, l'homme ne transforme pas seulement les choses et la société, il se parfait lui-même. Il apprend bien des choses, il développe ses facultés, il sort de lui-même et se dépasse. Cet essor, bien conduit, est d'un tout autre prix que l'accumulation possible de richesses extérieures... Voici donc la règle de l'activité humaine : qu'elle soit conforme au bien authentique de l'humanité, selon le dessein et la volonté de Dieu, et qu'elle permette à l'homme, considéré comme individu ou comme membre de la société, de s'épanouir selon la plénitude de sa vocation » (GS 35).

Dans une telle vision des valeurs du travail humain, c'est-à-dire dans une telle spiritualité du travail, on s'explique pleinement ce qu'on peut lire au même endroit sur la juste signification du progrès : « L'homme vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il a. De même, tout ce que font les hommes pour faire régner plus de justice, une fraternité plus étendue, un ordre plus humain dans les rapports sociaux, dépasse en valeur les progrès techniques. Car ceux-ci peuvent bien fournir la base matérielle de la promotion humaine, mais ils sont tout à fait impuissants, par eux seuls, à la réaliser ».

Cette doctrine sur le problème du progrès et du développement –- thème si dominant dans la mentalité contemporaine –- peut être comprise seulement comme fruit d'une spiritualité du travail éprouvée, et c'est seulement sur la base d'une telle spiritualité qu'elle peut être réalisée et mise en pratique. 

Encyclique « Laborem exercens », 26 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Le Seigneur est proche »

« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur... Le Seigneur est proche » (Ph 4,4-5). A travers ces paroles de l'apôtre Paul, la liturgie nous invite à la joie. Nous sommes le troisième dimanche de l'Avent, appelé précisément « Gaudete »...

L'Avent est un temps de joie, car il fait revivre l'attente de l'événement le plus heureux de l'histoire : la naissance du Fils de Dieu, né de la Vierge Marie. Savoir que Dieu n'est pas loin, mais proche, qu'il n'est pas indifférent, mais plein de compassion, qu'il n'est pas un étranger, mais un Père miséricordieux qui veille sur nous avec amour, dans le respect de notre liberté — tout cela est le motif d'une joie profonde sur laquelle les aléas des événements quotidiens n'ont pas de prise.

Une caractéristique incomparable de la joie chrétienne est qu'elle peut coexister avec la souffrance, car elle est entièrement basée sur l'amour. En effet, le Seigneur qui est proche de nous, au point de devenir un homme, vient nous communiquer sa joie, la joie d'aimer. Ce n'est qu'ainsi que l'on comprend la joie sereine des martyrs même dans l'épreuve ou le sourire des saints de la charité face à celui qui est dans la peine, un sourire qui ne blesse pas mais qui console. « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1,28) : l'annonce de l'ange à Marie est une invitation à la joie. Demandons à la Sainte Vierge le don de la joie chrétienne. 

Angélus du 14/12/2003 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

separ ecrit biblio« Je te salue, comblée de grâce »

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. Il nous a élus en lui dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence » (Ep 1,3-4)... La lettre aux Éphésiens, parlant de la « gloire de la grâce » dont « Dieu le Père nous a gratifiés dans le Bien-aimé », ajoute : « En lui nous trouvons la rédemption, par son sang » (Ep 1,7). Selon la doctrine formulée dans des documents solennels de l'Église, cette « gloire de la grâce » s'est manifestée dans la Mère de Dieu par le fait qu'elle a été « rachetée de façon suréminente » (Pape Pie IX).

En vertu de la richesse de la grâce du Fils bien-aimé, en raison des mérites rédempteurs de celui qui devait devenir son Fils, Marie a été préservée de l'héritage du péché originel. Ainsi, dès le premier moment de sa conception, c'est-à-dire de son existence, elle appartient au Christ, elle participe de la grâce salvifique et sanctifiante et de l'amour qui a sa source dans le « Bien-aimé », dans le Fils du Père éternel qui, par l'Incarnation, est devenu son propre fils. C'est pourquoi, par l'Esprit dans l'ordre de la grâce, c'est-à-dire de la participation à la nature divine, Marie reçoit la vie de celui à qui elle-même a donné la vie comme mère, dans l'ordre de la génération terrestre... Et parce que Marie reçoit cette vie nouvelle dans une plénitude qui convient à l'amour du Fils envers sa mère -- et donc à la dignité de la maternité divine -- l'ange de l'Annonciation l'appelle « pleine de grâce ».

Encyclique « Redemptoris Mater », §7, 10 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

separ ecrit biblio« Jésus étendit la main et le toucha »

      Le geste affectueux de Jésus qui s'approche des lépreux pour les réconforter et les guérir a son expression pleine et mystérieuse dans sa Passion. Supplicié et défiguré par la sueur de sang, par la flagellation, par le couronnement d'épines, par la crucifixion, abandonné par ceux qui ont oublié ses bienfaits, Jésus dans sa Passion s'identifie avec les lépreux. Il devient leur image et leur symbole, comme le prophète Isaïe en avait eu l'intuition en contemplant le mystère du Serviteur du Seigneur : « Il n'avait ni beauté ni éclat, il était méprisé, abandonné des hommes, semblable à quelqu'un devant qui on cache son visage... Et nous, nous pensions qu'il était châtié, frappé par Dieu et humilié » (Is 53,2-4). Mais c'est précisément des plaies du corps supplicié de Jésus et de la puissance de sa résurrection que jaillissent la vie et l'espérance pour tous les hommes frappés du mal et des infirmités.

      L'Église a toujours été fidèle à sa mission d'annoncer la parole du Christ, unie aux gestes concrets de miséricorde solidaire à l'égard des plus humbles, des derniers. Au cours des siècles, il y a eu un crescendo de dévouement bouleversant et extraordinaire en faveur de ceux qui étaient frappés par les maladies humainement les plus répugnantes. L'histoire met nettement en lumière le fait que les chrétiens ont été les premiers à se préoccuper du problème des lépreux. L'exemple du Christ avait fait école ; il a porté beaucoup de fruit en gestes de solidarité, de dévouement, de générosité et de charité désintéressée

Homélie prononcée devant des jeunes

separ ecrit biblioLe péché contre l'Esprit Saint

            Pourquoi le blasphème contre l'Esprit Saint est-il impardonnable ? En quel sens entendre ce blasphème ? Saint Thomas d'Aquin répond qu'il s'agit d'un péché « irrémissible de par sa nature, parce qu'il exclut les éléments grâce auxquels est accordée la rémission des péchés ». Selon une telle exégèse, ce blasphème ne consiste pas à proprement parler à offenser en paroles l'Esprit Saint ; mais il consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l'homme par l'Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la croix. Si l'homme refuse la « manifestation du péché », qui vient de l'Esprit Saint (Jn 16,8) et qui a un caractère salvifique, il refuse en même temps la « venue » du Paraclet (Jn 16,7), cette « venue » qui s'est effectuée dans le mystère de Pâques, en union avec la puissance rédemptrice du Sang du Christ, le Sang qui « purifie la conscience des œuvres mortes » (He 9,14).

            Nous savons que le fruit d'une telle purification est la rémission des péchés. En conséquence, celui qui refuse l'Esprit et le Sang (cf 1Jn 5,8) demeure dans les « œuvres mortes », dans le péché. Et le blasphème contre l'Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de cette rémission dont il est le dispensateur intime et qui présuppose la conversion véritable qu'il opère dans la conscience. Si Jésus dit que le péché contre l'Esprit Saint ne peut être remis ni en ce monde ni dans l'autre, c'est parce que cette « non-rémission » est liée, comme à sa cause, à la « non-pénitence », c'est-à-dire au refus radical de se convertir...

            Le blasphème contre l'Esprit Saint est le péché commis par l'homme qui présume et revendique le « droit » de persévérer dans le mal — dans le péché quel qu'il soit — et refuse par là même la Rédemption. L'homme reste enfermé dans le péché, rendant donc impossible, pour sa part, sa conversion et aussi, par conséquent, la rémission des péchés, qu'il ne juge pas essentielle ni importante pour sa vie. Il y a là une situation de ruine spirituelle, car le blasphème contre l'Esprit Saint ne permet pas à l'homme de sortir de la prison où il s'est lui-même enfermé. 

Encyclique « Dominum et vivificantem », § 46 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Il y eut un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le Dragon » (Ap 12,7)

      Dans la perfection de leur nature spirituelle, les anges sont appelés dès le début, en vertu de leur intelligence, à connaître la vérité et à aimer le bien qu'ils connaissent d'une manière beaucoup plus pleine et parfaite qu'il n'est possible à l'homme. Cet amour est l'acte d'une volonté libre..., qui signifie la possibilité de faire un choix pour ou contre le Bien, c'est-à-dire Dieu lui-même. Il faut répéter ici ce que nous avons déjà rappelé en son temps à propos de l'homme : en créant les êtres libres, Dieu a voulu que, dans le monde, se réalise cet amour véritable qui n'est possible que sur la base de la liberté. Il a donc voulu que la créature, constituée à l'image et la ressemblance de son Créateur (Gn 1,26), puisse, de la manière la plus pleine possible, se rendre semblable à lui, Dieu, qui « est amour » (1Jn 4,16). En créant ces purs esprits comme des êtres libres, Dieu, dans sa Providence, ne pouvait pas ne pas prévoir la possibilité du péché des anges. Mais, précisément parce que la Providence est une Sagesse éternelle qui aime, Dieu saurait tirer de l'histoire de ce péché...le bien définitif de tout le cosmos créé.

      De fait, comme le dit clairement la Révélation, le monde des purs esprits apparaît divisé en bons et mauvais... Comment comprendre une telle opposition ?... Les Pères de l'Église et les théologiens n'hésitent pas à parler d'« aveuglement » produit par une surévaluation de la perfection de leur être propre, poussée au point de voiler la suprématie de Dieu qui exigeait à l'inverse un acte de soumission docile et obéissante. Tout cela semble exprimé de manière concise par les mots : « Je ne te servirai pas ! » (Jr 2,20), qui manifestent le refus radical et irréversible de prendre part à l'édification du Règne de Dieu dans le monde créé. Satan, l'esprit rebelle, veut son propre règne, non pas celui de Dieu, et s'érige en premier adversaire du Créateur, en opposant à la Providence, en antagoniste de la sagesse aimante de Dieu. De la rébellion et du péché de Satan, comme aussi de ceux de l'homme, nous devons tirer une conclusion et accueillir la sage expérience de l'Écriture qui affirme : « L'orgueil est la cause de la ruine » (Tb 4,13). 

Audience générale du 23/07/1986 (trad. DC n° 1924 p. 798)

separ ecrit biblio« Son amour miséricordieux s’étend d’âge en âge »

      « Je chanterai sans fin les miséricordes du Seigneur » (Ps 88,2). Dans ce chant pascal de l'Église, résonnent dans la plénitude de leur contenu prophétique les paroles prononcées par Marie durant sa visite à Élisabeth : « Sa miséricorde s'étend de génération en génération. » Dès l'instant de l'Incarnation, ces paroles ouvrent une nouvelle perspective de l'histoire du salut. Après la résurrection du Christ, cette perspective devient historique et acquiert un sens eschatologique. Depuis ce moment de nouvelles générations dans l'immense famille humaine se succèdent en nombre croissant, et se succèdent aussi de nouvelles générations du peuple de Dieu, marquées du signe de la croix et de la résurrection…, le mystère pascal du Christ, révélation absolue de cette miséricorde que Marie proclamait sur le seuil de la maison de sa cousine… 

      Mère du crucifié…, Marie est celle qui connaît le plus profondément le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l'appelons Mater misericordiae, Mère de la miséricorde…, capable de découvrir, d'abord à travers les événements complexes d'Israël puis à travers ceux qui concernent tout homme et toute l'humanité, cette miséricorde à laquelle tous participent « d’âge en âge », selon le dessein éternel de la très sainte Trinité… 

      Mère du Crucifié et du Ressuscité…, ayant expérimenté la miséricorde d'une manière exceptionnelle, elle « mérite » dans la même mesure cette miséricorde tout au long de son existence terrestre, et particulièrement au pied de la croix de son Fils… Ensuite, par sa participation cachée mais en même temps incomparable à la tâche messianique de son Fils, elle a été appelée d'une manière spéciale à rendre proche des hommes cet amour qu'il était venu révéler : amour qui se manifeste le plus concrètement envers ceux qui souffrent, les pauvres, les prisonniers, les aveugles, les opprimés et les pécheurs, ainsi que le dit le Christ (Lc 4,18; 7,22).

Encyclique « Dives in Misericordia » §9 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana) 

separ ecrit biblio« Seigneur, montre-nous le Père »

      L'Église partage l'inquiétude de tant d'hommes contemporains ; d'autre part, elle doit aussi se préoccuper du déclin de nombreuses valeurs fondamentales, qui constituent un bien incontestable non seulement de la morale chrétienne, mais simplement de la morale humaine, de la culture morale… En relation avec cette image de notre génération, qui ne peut que susciter une profonde inquiétude, nous reviennent à l'esprit les paroles qui ont résonné dans le Magnificat de Marie pour célébrer l'incarnation du Fils de Dieu et qui chantent la « miséricorde...d’âge en âge » (Lc 1,50)… L'Église doit rendre témoignage à la miséricorde de Dieu révélée dans le Christ en toute sa mission de Messie… 

      Des théologiens affirment que la miséricorde est le plus grand des attributs de Dieu, la plus grande de ses perfections ; la Bible, la Tradition et toute la vie de foi du peuple de Dieu en fournissent des témoignages inépuisables. Il ne s'agit pas ici de la perfection de l’essence inscrutable de Dieu dans le mystère même de sa divinité, mais de la perfection et de l'attribut grâce auxquels l'homme, dans la vérité intérieure de son existence, entre en relation le plus intimement et le plus souvent avec le Dieu vivant. Conformément aux paroles que le Christ a adressées à Philippe,  « voir le Père » — voir le Père par la foi — trouve dans la rencontre avec sa miséricorde un degré de simplicité et de vérité intérieure semblable à celui que nous trouvons dans la parabole de l'enfant prodigue (Lc 15,11s). 

      « Celui qui m'a vu a vu le Père. » L'Église professe la miséricorde de Dieu, l'Église en vit, dans sa vaste expérience de foi, et aussi dans son enseignement, en contemplant constamment le Christ, en se concentrant en lui, sur sa vie et son Évangile, sur sa croix et sa résurrection, sur son mystère tout entier. Tout ce qui forme notre regard sur le Christ dans la foi vive et dans l'enseignement de l'Église nous conduit à « voir le Père » dans la sainteté de sa miséricorde.

Encyclique « Dives in Misericordia » § 12-13 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana) 

separ ecrit biblioLe bon pasteur

             « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Lorsque Jésus prononçait ces paroles, les apôtres ne savaient pas qu'il parlait de lui-même. Même Jean, l'apôtre bien-aimé, ne le savait pas. Il l'a compris au Calvaire, au pied de la croix, en le voyant offrir silencieusement sa vie pour ses brebis. Quand pour lui et pour les autres apôtres le temps est venu d'assumer cette même mission, alors ils se sont souvenus de ses paroles. Ils se sont rendus compte qu'ils seraient en mesure de mener la mission jusqu'à son achèvement seulement parce que Jésus avait assuré que ce serait lui-même qui agirait en eux. Pierre, en particulier, en a été bien conscient, lui le « témoin de la Passion du Christ » qui exhortait en ces termes les anciens de l'Église : « Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié » (1P 5,1-2). 

            Au cours des siècles, les successeurs des apôtres, conduits par l'Esprit Saint, ont continué à rassembler le troupeau du Christ et à le mener vers le Royaume des Cieux, conscients qu'ils ne pouvaient assumer une telle responsabilité que « par le Christ, avec le Christ et en le Christ ». 

            Cette même conscience a été la mienne quand le Seigneur m'a appelé à exercer la mission de Pierre dans cette ville bien-aimée de Rome et au service du monde entier. Dès le début de mon pontificat, mes pensées, mes prières et mes actions ont été animées par un unique désir : témoigner que le Christ, le Bon Pasteur, est présent et à l'œuvre dans l'Église. Il est à la recherche continuelle de la brebis perdue, il la ramène au bercail, il panse ses blessures ; il veille sur la brebis faible et malade, et il protège celle qui est robuste (Ez 34,16). Voilà pourquoi, dès le premier jour, je n'ai jamais cessé d'exhorter : « N'ayez pas peur d'accueillir le Christ et d'accepter sa puissance ! » Je le redis aujourd'hui avec force : « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! Laissez-vous conduire par lui. Ayez confiance en son amour ! »

Homélie  du 16/10/2003, pour le 25ème anniversaire de son pontificat (trad. DC 2301, p. 953 ; cf Libreria Editrice Vaticana) 

 

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 
 

« C'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne »

           La prière pour la paix n'est pas un élément qui « vient après » l'engagement en faveur de la paix. Au contraire, elle est au cœur de l'effort pour l'édification d'une paix dans l'ordre, la justice et la liberté. Prier pour la paix veut dire ouvrir le cœur humain à l'irruption de la puissance rénovatrice de Dieu. Par la force vivifiante de sa grâce, Dieu peut créer des ouvertures vers la paix là où il semble qu'il n'y ait qu'obstacles et repli sur soi... Prier pour la paix signifie prier pour la justice... 

           Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon : voilà ce que je veux annoncer aux croyants et aux non-croyants, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, qui ont à cœur le bien de la famille humaine et son avenir. Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon : voilà ce que je veux rappeler à ceux qui ont entre leurs mains le sort des communautés humaines, afin qu'ils se laissent toujours guider, dans les choix graves et difficiles qu'ils doivent faire, par la lumière du bien véritable de l'homme, dans la perspective du bien commun. Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon : je ne me lasserai pas de répéter cet avertissement à ceux qui, pour un motif ou un autre, nourrissent en eux la haine, des désirs de vengeance, des instincts destructeurs. 

           (...) Que s'élève du cœur de tout croyant une prière plus intense pour toutes les victimes du terrorisme, pour leurs familles tragiquement frappées, et pour tous les peuples qui continuent à être meurtris et bouleversés par le terrorisme et la guerre. Que ne soient pas exclus du rayon de lumière de notre prière ceux-là mêmes qui offensent gravement Dieu et l'homme par ces actes impitoyables : qu'il leur soit accordé de rentrer en eux-mêmes et de se rendre compte du mal qu'ils accomplissent ; qu'ils soient ainsi poussés à renoncer à toute volonté de violence et à demander pardon. En ces temps tumultueux, que la famille humaine puisse trouver la paix véritable et durable, cette paix qui peut naître seulement de la rencontre entre la justice et la miséricorde.

Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, § 14-15 (trad. © Libreria Editrice Vaticana) 

separ ecrit biblio

« Il est écrit dans votre Loi : ' J'ai dit : Vous êtes des dieux ' »

« Dieu dit : faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance » (Gn 1,26). Comme si le Créateur entrait en lui-même ; comme si, en créant, non seulement il appelait du néant à l'existence en disant : « Qu'il soit ! », mais, d'une façon particulière, il tirait l'homme du mystère de son propre être. Cela est compréhensible parce qu'il ne s'agit pas seulement de l'être, mais de l'image. L'image doit refléter ; elle doit reproduire, en un certain sens, la substance de son prototype... Il est évident que cette ressemblance ne doit pas être entendue comme un « portrait », mais comme le fait pour un être vivant d'avoir une vie semblable à celle de Dieu...

    En définissant l'homme comme « image de Dieu », le livre de la Genèse met en évidence ce par quoi l'homme est homme, ce par quoi il est un être distinct de toutes les autres créatures du monde visible. La science, on le sait, a fait et continue de faire, dans différents domaines, de nombreuses tentatives pour montrer les liens de l'homme avec le monde naturel, pour montrer sa dépendance de ce monde, afin de l'insérer dans l'histoire de l'évolution des différentes espèces.

    Tout en respectant ces recherches, nous ne pouvons pas nous limiter à elles. Si nous analysons l'homme au plus profond de son être, nous voyons qu'il se différencie du monde de la nature plus qu'il ne lui ressemble. C'est également dans ce sens que procèdent l'anthropologie et la philosophie lorsqu'elles cherchent à analyser et à comprendre l'intelligence, la liberté, la conscience et la spiritualité de l'homme. Le livre de la Genèse semble aller au-devant de toutes ces expériences de la science et, en disant de l'homme qu'il est « image de Dieu », il fait comprendre que la réponse au mystère de son humanité ne doit pas être cherchée dans sa ressemblance avec le monde de la nature. L'homme ressemble plus à Dieu qu'à la nature. C'est en ce sens que le psaume dit : « Vous êtes des dieux ! » (Ps 82,6), paroles que Jésus reprendra.

Audience générale 6/12/78 (trad. DC 1755, p.7)

separ ecrit biblio

« Abandonnant tout, l'homme se leva et se mit à le suivre »

      Écouter le Christ et l'adorer conduit à faire des choix courageux, à prendre des décisions parfois héroïques. Jésus est exigeant car il veut notre bonheur authentique. Il appelle certains à tout quitter pour le suivre dans la vie sacerdotale ou consacrée. Que ceux qui entendent cette invitation n'aient pas peur de lui répondre « oui » et qu'ils se mettent généreusement à sa suite. Mais, en dehors des vocations particulières de consécration, il y a la vocation propre de tout baptisé : elle aussi est une vocation à ce « haut degré » de la vie chrétienne ordinaire qui s'exprime dans la sainteté (cf. Novo millenio ineunte, Au début du nouveau millénaire, 31).

      Tant de nos contemporains ne connaissent pas encore l'amour de Dieu ou cherchent à remplir leur cœur de succédanés insignifiants. Il est donc urgent d'être des témoins de l'amour contemplé dans le Christ... l'Église a besoin de témoins authentiques pour la nouvelle évangélisation : des hommes et des femmes dont la vie a été transformée par la rencontre avec Jésus, des hommes et des femmes capables de communiquer cette expérience aux autres. L'Eglise a besoin de saints. Nous sommes tous appelés à la sainteté et seuls les saints peuvent rénover l'humanité.

Message aux jeunes en vue de la 20ème JMJ (6/8/04)

separ ecrit biblio« Revenez à moi de tout votre cœur » (Jl 2,12)

  Ce temps fort de l'année liturgique est caractérisé par le message biblique qui peut se résumer en un mot… : « Convertissez-vous »… La cérémonie suggestive des cendres élève notre esprit vers la réalité éternelle qui ne passe jamais, vers Dieu qui est le principe et la fin, l'alpha et l'oméga de notre existence (Ap 21,6). La conversion, en effet, n'est rien d'autre qu'un retour à Dieu, en évaluant les réalités terrestres à la lumière indéfectible de sa vérité. C'est une évaluation qui nous entraîne à avoir toujours plus clairement conscience du fait que nous ne sommes que de passage au milieu des vicissitudes laborieuses de cette terre, et qui nous pousse et nous encourage à accomplir tous les efforts possibles pour que le Royaume de Dieu soit inauguré en nous-mêmes, et pour que sa justice triomphe.

Le terme « pénitence » est également synonyme de « conversion ». Le Carême nous invite à mettre en pratique l'esprit de pénitence, non pas dans sa signification négative de tristesse et de frustration, mais dans celle d'élévation de l'esprit, de libération du mal, de détachement du péché et de toutes les influences qui peuvent entraver notre marche vers la plénitude de la vie. Pénitence comme remède, comme réparation, comme changement de mentalité qui dispose à la foi et à la grâce, mais qui suppose volonté, effort et persévérance. Pénitence comme expression d'un libre et généreux engagement à la suite du Christ. 

Audience générale du 16/02/1983 (trad. OR 17/02/1983 ; DC 1848, p. 297)

separ ecrit biblioJour de la Mère, jour de la paix

      Aujourd'hui, l'Église vénère particulièrement la maternité de Marie, qui est comme l'ultime message de l'octave de Noël. Une naissance parle toujours de la mère, de celle qui donne la vie, qui donne un homme au monde. Le premier jour de la nouvelle année est le jour de la Mère : nous la voyons, telle qu'elle est représentée dans tant de tableaux et de sculptures, avec l'enfant dans ses bras, l'enfant à son sein... Il n'est pas d'image plus connue et qui évoque avec plus de simplicité le mystère de la naissance du Seigneur que celle de la Vierge à l'enfant. N'est-elle pas la source de notre particulière confiance ?... 

      Mais il est aussi une autre image de la Mère portant son fils dans ses bras, c'est la Pietà qui est dans cette basilique. Marie porte Jésus qui a été descendu de la croix... ; après la mort, il revient entre les bras qui, à Bethléem, l'ont offert comme Sauveur du monde. 

      Je voudrais donc aujourd'hui unir notre prière pour la paix à cette double image..., à cette maternité que l'Église vénère d'une façon particulière en l'octave de Noël. C'est pourquoi je dis : « Mère, qui sais ce que signifie porter dans ses bras le corps de son enfant mort, de celui auquel on a donné la vie, épargne à toutes les mères de cette terre la mort de leurs enfants, les tourments, l'esclavage, les destructions de la guerre, les persécutions, les camps de concentration, les prisons. Conserve-leur la joie de faire naître un homme, de développer la vie en lui. Au nom de cette vie, au nom de la naissance du Seigneur, implore avec nous la paix, la justice dans le monde. Mère de la paix, dans toute la beauté et la majesté de ta maternité, que l'Église vénère et que le monde admire, sois avec nous à chaque instant. Fais que cette année nouvelle soit une année de paix, en vertu de la naissance et de la mort de ton Fils. » Amen !

Homélie du 1er janvier 1979 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana) 

separ ecrit biblio« Réjouis-toi, comblée de grâce »

            La joie est une composante fondamentale du temps sacré qui commence. L'Avent est un temps de vigilance, de prière, de conversion, en plus d'une attente fervente et joyeuse. Le motif est clair : « Le Seigneur est proche » (Ph 4,5). 

            La première parole adressée à Marie dans le Nouveau Testament est une invitation joyeuse : « Exulte, réjouis-toi ! » (Lc 1,28 grec). Une telle salutation est liée à la venue du Sauveur. À Marie la première est annoncée une joie qui par la suite sera proclamée à tout le peuple (Lc 2,10) ; elle y participe d'une manière et dans une mesure extraordinaire. En elle la joie de l'ancien Israël se concentre et trouve sa plénitude ; en elle le bonheur des temps messianiques éclate irrévocablement. La joie de la Vierge Marie est en particulier celle du « petit reste » d'Israël (Is 10,20s), des pauvres qui attendent le salut de Dieu et qui font l'expérience de sa fidélité. 

            Pour participer à cette fête nous aussi il est nécessaire d'attendre avec humilité et d'accueillir le Sauveur avec confiance. « Tous les fidèles, qui par la liturgie vivent l'esprit de l'Avent, en considérant l'amour inexprimable avec lequel la Vierge Mère attendait le Fils, seront amenés à la prendre comme modèle et à se préparer pour aller à la rencontre du Seigneur qui vient, ' vigilants dans la prière et remplis d'allégresse ' » (Paul VI, Marialis cultus 4 ; Missel romain).

Allocution 27/11/1983 

separ ecrit biblio« Tenez-vous donc prêts, vous aussi »

      « Veillez, parce que vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. » Ces paroles me font penser au dernier appel qui viendra au moment que le Seigneur voudra. Je désire y répondre, et je désire que tout ce qui fait ma vie sur terre me prépare à ce moment. Je ne sais pas quand il arrivera, mais comme toute chose, ce moment-là également je le remets entre les mains de la Mère de mon Maître : Totus Tuus. Dans ces mêmes mains maternelles je laisse toute chose et tous ceux à qui m'ont associé ma vie et ma vocation. En ses mains je laisse par-dessus tout l'Église, et aussi ma nation et toute l'humanité. Je remercie chacun. À chacun je demande pardon. Je demande aussi de prier pour que la miséricorde de Dieu se montre plus grande que ma faiblesse et que mon indignité (06/03/1979)... 

      Chacun doit toujours compter avec la possibilité de la mort. Et il doit être prêt à se présenter devant le Seigneur et Juge, qui est en même temps Rédempteur et Père. Alors moi aussi je prends cela continuellement en considération, confiant ce moment décisif à la Mère du Christ et de l'Église, à la Mère de mon espérance... 

      Je désire encore une fois me confier totalement à la volonté du Seigneur. C'est lui qui décidera quand et comment doit se terminer ma vie terrestre et mon ministère pastoral. Dans ma vie et dans ma mort, Totus Tuus, par l'Immaculée. Acceptant dès aujourd'hui cette mort, j'espère que le Christ me donnera la grâce pour l'ultime passage, c'est-à-dire ma Pâque. J'espère aussi qu'il la rendra utile à cette cause suprême que j'essaie de servir : le salut des hommes, la sauvegarde de la famille humaine, et, en elle, de toutes les nations et de tous les peuples (parmi ceux-ci, je me tourne de façon particulière vers ma patrie terrestre) ; utile aux personnes qu'il m'a spécialement confiées, à la vie de l'Église, à la gloire de Dieu même (01/03/1980).

Testament (trad. DC 2336  © copyright Libreria Editrice Vaticana) 

separ ecrit biblioSaints Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves, apôtres de l'unité

      La grande mission de ces deux frères s'est terminé avec la mort de Méthode en l'an 885 ; son frère Constantin-Cyrille était mort seize ans auparavant, ici à Rome. A ces deux grands apôtres, le Pasteur éternel a confié l'oeuvre de l'Evangile parmi les Slaves. Ils sont devenus les premiers évangélisateurs des peuples qui habitent la partie orientale et la partie méridionale de l'Europe. Ils sont devenus les pères de leur foi et de leur culture...

      Vers la moitié du IXe siècle et au cours de la période qui a suivi immédiatement, approchait le moment de la maturité politique et culturelle du grand ensemble des peuples slaves, celui de leur entrée comme protagonistes dans la convivialité internationale, dans le système qui prenait la succession de l'ancien Empire romain. C'était aussi cependant le moment où la civilisation ancienne se rompait et se fragmentait, où les tensions entre l'Orient et l'Occident se transformaient en divisions et, bientôt, en séparations. Les Slaves sont entrés sur la scène du monde en s'insérant entre ces deux parties et, par la suite, ont fait par eux-mêmes l'expérience des effets tragiques du schisme ; eux aussi ont été divisés comme le monde européen était alors divisé.

      C'est pourquoi nous devons admirer d'autant plus la clairvoyance spirituelle des deux saints frères qui ont décidé courageusement de construire un pont idéal là même où le monde de leur époque creusait au contraire des fossés de séparation et de déchirement. « Cyrille et Méthode, ai-je écrit dans la lettre apostolique du 31 décembre 1980 par laquelle je les proclamais patrons célestes de toute l'Europe, accomplirent leur service missionnaire en union tant avec l'Eglise de Constantinople par laquelle ils avaient été envoyés qu'avec le Siège romain de Pierre dont ils reçurent appui et soutien, manifestant ainsi l'unité de l'Eglise qui, à l'époque où ils vécurent et où ils déployèrent leur activité, n'était pas frappée du malheur de la division entre l'Orient et l'Occident, malgré les graves tensions qui, en ce temps, marquèrent les relations entre Rome et Constantinople. »

Homélie du 14/2/85 (trad. DC 1893, p. 367 copyright © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioSainte Catherine de Sienne : une vie mystique et une vie d’action

      Quand Catherine voit le jour en 1347, la situation en Italie et en Europe est devenue très difficile. Déjà s’annonçait la peste noire, qui devait semer la dévastation ; la société était troublée par la Guerre de Cent Ans et des invasions de mercenaires ; les papes avaient dû quitter Rome pour Avignon ; le schisme d’Occident allait se prolonger jusqu’en 1417. Fille d'un teinturier, Catherine prend très rapidement conscience des besoins du monde qui l'entoure. Attirée par la forme de vie apostolique des dominicains, elle demande à être agrégée au tiers ordre (on appelait ces pieuses femmes les « Mantellate »). Celles-ci n'étaient pas des religieuses à proprement parler et ne vivaient pas la vie commune, mais elles portaient la robe blanche et le manteau noir des frères prêcheurs…

      Catherine était entourée d’une foule bigarrée de disciples, de toute classe sociale et de toute origine. Elle les attirait par la pureté de sa foi et par la liberté de son acceptation de la parole de Dieu, sans adoucissement ni compromis... Elle atteignit le sommet de son progrès intérieur par les noces spirituelles…; on aurait donc pu penser que sa vie s'écoulerait dans la solitude et dans la contemplation. Mais Dieu, au contraire, l'avait attachée à lui pour qu'elle lui soit unie dans l’oeuvre de son Royaume… Le dessein du Christ était de la lier étroitement à lui par « l'amour du prochain », c'est-à-dire aussi bien par la douceur des liens de l'âme que par les travaux extérieurs ; ce fut ce que l'on a appelé «  la mystique sociale »...

      Après s'être appliquée à la conversion de pécheurs individuels, elle passa à la réconciliation de personnes ou de familles opposées par de mauvaises querelles, puis à la pacification des villes ou des Etats... L'impulsion intérieure du Maître divin lui ouvrit pour ainsi dire une humanité de surcroît. C'est ainsi que cette humble fille d'artisan, illettrée, pratiquement sans études et sans culture, eut l'intelligence des besoins de son temps au point de dépasser les limites de sa cité et d'atteindre une dimension mondiale par son action.

Lettre apostolique pour le 6e centenaire de la mort de Ste Catherine de Sienne (trad. DC n°1793 du 5/10/1980, p. 851 © Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioSavoir juger les signes des temps

      Dans un contexte de pluralisme culturel et religieux plus marqué, tel qu'il est prévisible dans la société du nouveau millénaire, le dialogue interreligieux est important pour assurer les conditions de la paix et éloigner le spectre épouvantable des guerres de religion qui ont ensanglanté tant de périodes de l'histoire humaine. Le nom du Dieu unique doit devenir toujours plus ce qu'il est, un nom de paix et un impératif de paix.

      Mais ce dialogue ne peut pas être fondé sur l'indifférentisme religieux, et nous avons le devoir, nous chrétiens, de le développer en offrant le témoignage plénier de l'espérance qui est en nous (1P 3,15)... Mais notre devoir missionnaire d'annoncer le Christ ne nous empêche pas d'entrer dans le dialogue avec un coeur profondément ouvert à l'écoute. Nous savons en effet que, face au mystère de la grâce infiniment riche de dimensions et d'implications pour la vie et l'histoire de l'homme, l'Eglise elle-même ne finira jamais d'approfondir sa recherche, en s'appuyant sur l'assistance du Paraclet, l'Esprit de vérité (Jn 14,17), qui doit précisément la conduire à la « plénitude de la vérité » (Jn 16,13).

      Ce principe est à la base non seulement de l'inépuisable approfondissement théologique de la vérité chrétienne, mais aussi du dialogue chrétien avec les philosophies, les cultures, les religions. Souvent, l'Esprit de Dieu, qui « souffle où il veut » (Jn 3,8), suscite dans l'expérience humaine universelle, en dépit des nombreuses contradictions de cette dernière, des signes de sa présence, qui aident les disciples mêmes du Christ à comprendre plus profondément le message dont ils sont porteurs. N'est-ce pas dans cette attitude d'ouverture humble et confiante que le Concile Vatican II s'est attaché à « lire les signes des temps » ? (Gaudium et spes, §4) Tout en se livrant soigneusement à un discernement attentif pour recueillir les « signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu » (§11), l'Église reconnaît que, non seulement elle a donné, mais qu'elle a aussi « reçu de l'histoire et de l'évolution du genre humain » (§44). Le Concile a aussi invité à adopter à l'égard des autres religions cette attitude d'ouverture et en même temps de discernement attentif. 

Lettre apostolique Novo millenio ineunte, 6/01/2001, § 55-56 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblioUne philosophe découvre la vérité

      L'amour du Christ a été le feu qui a embrasé la vie de Thérèse Bénédicte de la Croix. Avant même de s'en rendre compte, elle en a été totalement consumée. Au début, son idéal a été la liberté. Pendant longtemps, Edith Stein a vécu l'expérience de la recherche. Son esprit ne se lassait pas de chercher et son coeur d'espérer. Elle a parcouru le chemin difficile de la philosophie avec une ardeur passionnée et, à la fin, elle a été récompensée : elle a conquis la vérité, ou plutôt, elle a été conquise. En effet, elle a découvert que la vérité portait un nom : Jésus Christ. À partir de ce moment, le Verbe incarné a été tout pour elle. Considérant cette période de sa vie d'un point de vue de carmélite, elle écrivait à une bénédictine : « Consciemment ou inconsciemment, qui cherche la vérité cherche Dieu ».

      Bien qu'elle ait été élevée dans la religion juive de sa mère, Edith Stein, à quatorze ans, « avait librement décidé d'abandonner la prière ». Elle ne voulait compter que sur elle-même, soucieuse d'affirmer sa propre liberté dans ses choix de vie. À la fin d'un long chemin, il lui a été donné de parvenir à une constatation surprenante : seul celui qui se lie à l'amour du Christ devient vraiment libre. L'expérience de cette femme, qui a affronté les défis d'un siècle tourmenté comme le nôtre, représente un exemple pour nous : le monde moderne invite à franchir la porte attrayante de la permissivité, ignorant la porte étroite du discernement et du renoncement. C’est pourquoi je m’adresse spécialement à vous, jeunes chrétiens…: méfiez-vous, gardez-vous de concevoir votre vie comme une porte ouverte à tous les choix ! Écoutez la voix de votre coeur ! Ne soyez pas superficiels, mais allez au fond des choses. Et lorsque le moment sera venu, ayez le courage de vous décider. Le Seigneur attend que vous placiez votre liberté entre ses mains miséricordieuses. 

Homélie pour la canonisation de Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), 11/10/98 (trad. DC n° 2192, p. 955 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

separ ecrit biblio« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers »

Père saint, source intarissable de l'existence et de l'amour,
qui montres dans l'homme vivant la splendeur de ta gloire,
et qui déposes dans son coeur la semence de ton appel,
fais que personne, par notre négligence, n’ignore ou ne perde ce don,
mais que tous puissent marcher avec grande générosité
vers la réalisation de ton Amour.

Seigneur Jésus, qui durant ton pèlerinage sur les routes de la Palestine,
as choisi et appelé les apôtres
et leur as confié la tâche de prêcher l’Evangile,
de paître les fidèles, de célébrer le culte divin,
fais que, aujourd'hui aussi, ton Eglise ne manque pas
de prêtres saints qui portent à tous
les fruits de ta mort et de ta résurrection.

Esprit Saint, toi qui sanctifies l'Eglise
avec la constante effusion de tes dons,
mets dans le coeur des appelé(e)s à la vie consacrée
une intime et forte passion pour le Règne,
afin qu'avec un « oui » généreux et inconditionné
ils mettent leur existence au service de l'Evangile.

Vierge très Sainte, toi qui sans hésiter
t'es offerte toi-même au Tout-Puissant
pour la réalisation de son dessein de salut,
suscite la confiance dans le coeur des jeunes
afin qu'il y ait toujours des pasteurs zélés,
qui guident le peuple chrétien sur la voie de la vie,
et des âmes consacrées capables de témoigner
par la chasteté, la pauvreté et l'obéissance,
de la présence libératrice de ton Fils ressuscité.
Amen.

vocations, 6 mai 2001 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

Jean paul iiSaint Jean-Paul II (1920-2005), pape 

« Elle est étroite la porte, il est resserré le chemin qui conduit à la vie »

Je suis venu vous encourager dans la voie de l'Évangile, une voie étroite certes, mais la voie royale, sûre, éprouvée par des générations de chrétiens, enseignée par les saints... C'est la voie sur laquelle, tout comme vous, vos frères dans l'Église universelle s'efforcent de cheminer. Cette voie ne passe pas par la résignation, par les renoncements ou par les abandons. Elle ne se résout pas à l'affadissement du sens moral, et elle souhaiterait que la loi civile elle-même aide à élever l'homme. Elle ne cherche pas à s'enterrer, à demeurer inaperçue, mais elle requiert au contraire l'audace joyeuse des apôtres. Elle bannit donc la pusillanimité, tout en se montrant parfaitement respectueuse à l'égard de ceux qui ne partagent pas le même idéal...

« Reconnais, ô chrétien, ta dignité ! » disait le grand pape St Léon. Et moi, son indigne successeur, je vous dis à vous, mes frères et mes sœurs : Reconnaissez votre dignité ! Soyez fiers de votre foi, du don de l'Esprit que le Père vous a fait. Je viens parmi vous comme un pauvre, avec la seule richesse de la foi, pèlerin de l'Évangile. Donnez à l'Église et au monde l'exemple de votre fidélité sans faille et de votre zèle missionnaire. Ma visite chez vous veut être...un appel à un élan nouveau devant les tâches nombreuses qui s'offrent à vous.

Discours à Paris le 30 mai 1980 (DC 1788 du 15/6/80)

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Les exigences du Christ et la joie du cœur

Chers jeunes, vous m'avez fait savoir que vous considérez souvent l'Église comme une institution qui ne fait que promulguer des règlements et des lois... Et vous en concluez qu'il y a un profond hiatus entre la joie qui émane de la parole du Christ et le sens d'oppression que suscite en vous la rigidité de l'Église... Mais l'Évangile nous présente un Christ très exigeant qui invite à une radicale conversion du cœur, au détachement des biens de la terre, au pardon des offenses, à l'amour envers l'ennemi, à la patiente acceptation des persécutions et même au sacrifice de sa propre vie par amour du prochain. En ce qui concerne le domaine particulier de la sexualité, on connaît la ferme position qu'il a prise en défense de l'indissolubilité du mariage et à la condamnation prononcée même à l'égard du simple adultère commis dans le cœur. Et pourrait-on ne pas être impressionné face au précepte de « s'arracher l'œil » ou de « se tailler la main » si ces membres sont une occasion de « scandale » ? ...

La licence morale ne rend pas les hommes heureux. De même la société de consommation n'apporte pas la joie du cœur. L'être humain ne se réalise que dans la mesure où il sait accepter les exigences qui proviennent de sa dignité d'être créé « à l'image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1,27). C'est pourquoi, si aujourd'hui l'Église dit des choses qui ne plaisent pas, c'est qu'elle se sent obligée de le faire. Elle le fait par devoir de loyauté...

Ne serait-ce donc pas vrai que le message évangélique est un message de joie ? Au contraire, c'est absolument vrai ! Et comment est-ce possible ? La réponse se trouve dans un mot, un seul mot, un mot bref, mais au contenu vaste comme la mer. Et ce mot est : amour. La rigueur du précepte et la joie du cœur peuvent parfaitement se concilier. Qui aime ne craint pas le sacrifice. Et même, il cherche dans le sacrifice la preuve plus convaincante de l'authenticité de son amour.

Discours aux jeunes du Pays-Bas, 14 mai 1985 (trad. ORf 21)

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Saints Cyrille et Méthode, apôtres des slaves

La doctrine doit être présentée d'une manière qui la rende compréhensible à ceux auxquels Dieu lui-même la destine. Dans l'encyclique « Slavorum apostoli » j'ai rappelé que, pour ce motif même, Cyrille et Méthode se sont employés à traduire les notions de la Bible et les concepts de la théologie grecque dans le contexte d'une pensée et d'expériences historiques très différentes.

Ils voulaient que l'unique parole de Dieu soit « rendue ainsi accessible selon les moyens d'expression propres à chaque civilisation ». Ils ont compris donc qu'ils ne pouvaient pas « imposer aux peuples à qui ils devaient prêcher ni la supériorité indiscutable de la langue grecque et de la culture byzantine, ni les usages et les comportements de la société plus avancée dans laquelle ils avaient été formés ». Ils mettaient en pratique « la parfaite communion dans l'amour [qui] préserve l'Église de toute forme de particularisme et d'exclusivisme ethnique ou de préjugé racial, comme de toute arrogance nationaliste ».

Encyclique « Ut unum sint », 19 (trad. copyright © Libreria Editrice Vaticana)

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« Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre »

Chers frères et sœurs, parce qu'elle était juive, Edith Stein fut déportée avec sa sœur Rosa et de nombreux autres juifs des Pays-Bas dans le camp de concentration d'Auschwitz, où elle trouva la mort avec eux dans les chambres à gaz. Nous évoquons aujourd'hui la mémoire de chacun d'eux, avec un profond respect. Quelques jours avant sa déportation, à la possibilité qui lui était offerte de sauver sa vie, elle avait répondu : « Ne le faites pas ! Pourquoi devrait-on faire pour moi une exception ? Il est tout à fait juste de ne pas tirer avantage de mon baptême. Si je ne peux pas partager le sort de mes frères et sœurs, dans un certain sens ma vie est détruite ».

Quand nous célébrerons désormais chaque année la mémoire de la nouvelle sainte, nous devrons nous souvenir de la Shoah, ce programme barbare d'anéantissement d'un peuple qui coûta la vie à des millions de frères et de sœurs juifs. « Que le Seigneur fasse pour eux rayonner son visage et leur apporte la paix » (Nb 6,25-26). Pour l'amour de Dieu et des hommes, j'élève une fois encore une imploration chargée d'inquiétude : que jamais plus ne se répète une telle action criminelle contre aucun groupe ethnique, aucun peuple, aucune race, en aucun lieu de la terre ! C'est un cri que j'adresse à tous les hommes et femmes de bonne volonté ; à tous ceux qui croient en un Dieu éternel et juste ; à tous ceux qui se sentent unis au Christ, Verbe de Dieu incarné. Nous devons tous être solidaires : c'est la dignité humaine qui est en jeu. Il n'existe qu'une seule famille humaine.

Homélie pour la canonisation de Ste Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein), 11/10/98 (trad. DC 2192, p.954)

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L'exemple de Saint Benoît : « Ora et labora ; prie et travaille »

Saint Benoît a su interpréter avec perspicacité et de manière certaine les signes des temps de son époque, quand il a écrit sa règle dans laquelle l'union de la prière et du travail devenait pour ceux qui l'acceptaient le principe de l'aspiration à l'éternité : « Ora et labora, prie et travaille »... En lisant les signes des temps, Benoît a vu qu'il était nécessaire de réaliser le programme radical de la sainteté évangélique...dans une forme ordinaire, dans les dimensions de la vie quotidienne de tous les hommes. Il était nécessaire que « l'héroïque » devienne normal, quotidien, et que le normal et le quotidien deviennent héroïques. De cette manière, père des moines, législateur de la vie monastique en Occident, il est devenu également le pionnier d'une nouvelle civilisation. Partout où le travail humain conditionnait le développement de la culture, de l'économie, de la vie sociale, il lui ajoutait le programme bénédictin de l'évangélisation qui unissait le travail à la prière et la prière au travail... 

En notre époque saint Benoît est le patron de l'Europe. Il l'est non seulement en considération de ses mérites particuliers envers ce continent, envers son histoire et sa civilisation. Il l'est aussi en considération de la nouvelle actualité de sa figure à l'égard de l'Europe contemporaine. On peut détacher le travail de la prière et en faire l'unique dimension de l'existence humaine. L'époque d'aujourd'hui porte en elle cette tendance... On a l'impression d'une priorité de l'économie sur la morale, d'une priorité du matériel sur le spirituel. D'une part, l'orientation presque exclusive vers la consommation des biens matériels enlève à la vie humaine son sens le plus profond. D'autre part, dans de nombreux cas, le travail est devenu une contrainte aliénante pour l'homme...et presque malgré lui, il se détache de la prière, enlevant à la vie humaine sa dimension transcendante... 

On ne peut pas vivre pour l'avenir sans comprendre que le sens de la vie est plus grand que ce qui n'est que matériel et passager, que ce sens est au-dessus de ce monde-ci. Si la société et les hommes de notre continent ont perdu l'intérêt pour ce sens, ils doivent le retrouver... Si mon prédécesseur Paul VI a appelé saint Benoît de Nursie le patron de l'Europe, c'est parce qu'il pouvait aider à ce sujet l'Église et les nations d'Europe.

Discours à Nursie, Italie 23/3/80 (trad. DC n° 1784 20/04/80) 

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« Que votre paix vienne sur cette maison »

      Depuis le 11 septembre 2001, dans le monde entier l'humanité a pris conscience, avec une intensité nouvelle, de la vulnérabilité de chacun et elle a commencé à envisager l'avenir avec un sentiment jusqu'alors inconnu de peur profonde. Face à ce sentiment, l'Église désire témoigner de son espérance, fondée sur la conviction que le mal, le « mysterium iniquitatis », le mystère de l'impiété (2Th 2,7), n'a pas le dernier mot dans les vicissitudes humaines. L'histoire du salut, racontée dans la sainte Écriture, projette une lumière intense sur toute l'histoire du monde, montrant que celle-ci est toujours accompagnée par la sollicitude miséricordieuse et providentielle de Dieu, qui connaît les chemins permettant d'atteindre les cœurs les plus endurcis et de tirer de bons fruits même d'une terre aride et inféconde.

      Telle est l'espérance qui soutient l'Église... : avec la grâce de Dieu, le monde, où le pouvoir du mal semble une fois encore l'emporter, sera réellement transformé en un monde où les aspirations les plus nobles du cœur humain pourront être satisfaites, un monde où prévaudra la vraie paix.

      Ce qui est récemment advenu, avec les sanglants épisodes rappelés ci-dessus, m'a poussé à reprendre une réflexion qui bien souvent jaillit du plus profond de mon cœur au souvenir d'événements historiques qui ont marqué ma vie, spécialement au cours de mes jeunes années. Les souffrances indicibles des peuples et des individus, et parmi eux beaucoup de mes amis et de personnes que je connaissais, causées par les totalitarismes nazi et communiste, ont toujours suscité en moi des interrogations et ont stimulé ma prière. Bien des fois, je me suis attardé à réfléchir à la question : quel est le chemin qui conduit au plein rétablissement de l'ordre moral et social qui est violé de manière aussi barbare ? La conviction à laquelle je suis parvenu en réfléchissant et en me référant à la révélation biblique est qu'on ne rétablit pleinement l'ordre brisé qu'en harmonisant entre eux la justice et le pardon. Les piliers de la véritable paix sont la justice et cette forme particulière de l'amour qu'est le pardon.

Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, §1-2 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

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Dans le secret du cœur

Le carême marque le moment où il nous faut rentrer en nous-mêmes. C'est un temps d'intimité particulière avec Dieu dans le secret du cœur et de la conscience. C'est dans cette intimité intérieure avec Dieu que s'accomplit l'œuvre essentielle du carême : le travail de conversion.

Et dans ce secret intérieur, dans cette intimité avec Dieu dans la pleine vérité du cœur et de la conscience, résonnent des mots comme ceux du psaume de la liturgie d'aujourd'hui, l'une des confessions les plus profondes que l'homme ait jamais faite devant Dieu : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, / dans ta grande miséricorde, efface mes torts. / Lave-moi tout entier de ma faute, / et de mon péché, purifie-moi. / Oui, je reconnais mes torts, / j'ai toujours mon péché devant moi, / Contre toi, et toi seul, j'ai péché, / ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait » (Ps 50,1-6).

Ce sont des mots qui purifient, des mots qui transforment. Ils transforment l'homme de l'intérieur. Récitons-les souvent pendant le carême. Et surtout, essayons de renouveler cet esprit qui les anime, ce souffle intérieur qui a justement donné à ces mots une force de conversion. Car le carême est essentiellement une invitation à la conversion. Les œuvres de piété dont parle l'Évangile d'aujourd'hui ouvrent la route à cette conversion. Exerçons-les autant qu'il est possible. Mais en premier lieu, cherchons à rencontrer Dieu intérieurement dans toute notre vie, dans tout ce dont elle est faite, pour arriver à cette conversion en profondeur dont est plein le psaume pénitentiel de la liturgie d'aujourd'hui. 

Homélie du Mercredi des cendres 16/02/1983

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La Sainte Famille et nos familles

      Cette année, mon message de Noël s'adresse surtout aux familles. Au terme de l'année qui leur est particulièrement consacrée, notre pensée revient au mystère de la Sainte Famille... Jésus prie le Père des cieux pour que tous soient un. Cette prière est venue sur ses lèvres la veille de sa Passion ; mais il la porte déjà en lui depuis sa naissance : « Père, fais ' qu'ils soient un comme nous sommes un ' » (Jn 17,11). À ce moment-là, ne priait-il pas aussi pour l'unité des familles humaines ?

      Il est vrai qu'il priait d'abord pour l'unité de l'Église ; mais la famille, soutenue par un sacrement spécifique, est une cellule vitale de l'Église et elle est même, selon l'enseignement des Pères, une petite Église domestique. Jésus a donc prié depuis sa venue dans le monde pour que ceux qui croient en lui expriment leur communion à partir de l'unité profonde de leurs familles, une unité qui faisait d'ailleurs partie « depuis le commencement » (Mt 19,4) du dessein de Dieu pour l'amour conjugal qui est à l'origine de la famille... Lui qui a fait le « don désintéressé de lui-même » en venant dans ce monde, il a prié pour que tous les hommes, en fondant une famille, fassent pour son bien le don réciproque et désintéressé d'eux-mêmes : maris et femmes, parents et enfants, et toutes les générations qui composent la famille, chacun apportant son propre don particulier.

       Famille, Sainte Famille — famille si étroitement unie au mystère que nous contemplons au jour de la naissance du Seigneur, guide par ton exemple les familles de toute la terre !... Fils de Dieu, venu parmi nous dans la chaleur d'une famille, accorde à toutes les familles de grandir dans l'amour et de contribuer au bien de toute l'humanité... Apprends-leur à renoncer pour cela à l'égoïsme, au mensonge, à la recherche effrénée du profit personnel. Aide-les à développer les ressources immenses du cœur et de l'intelligence, qui croissent quand c'est toi qui les inspires.

Message de Noël, 25 décembre 1994 (trad. Osservatore Romano)

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« Faites-les fructifier » : travail humain et Règne de Dieu

En créant l'humanité, l'homme et la femme, Dieu leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). C'est là pour ainsi dire le premier commandement de Dieu, attaché à l'ordre même de la création. Ainsi le travail humain répond à la volonté de Dieu. Quand nous disons : « Que ta volonté soit faite », rapprochons aussi ces paroles du travail qui remplit toutes les journées de notre vie. Nous nous rendons compte que nous nous accordons à cette volonté du Créateur lorsque notre travail et les relations humaines qu'il entraîne sont imprégnés des valeurs d'initiative, de courage, de confiance, de solidarité, qui sont autant de reflets de la ressemblance divine en nous...

Le Créateur a investi l'homme du pouvoir de dominer la terre ; il lui demande ainsi de maîtriser par son propre travail le domaine qu'il lui confie, de mettre en œuvre toutes ses capacités afin de parvenir à l'heureux développement de sa propre personnalité et de la communauté entière. Par son travail, l'homme obéit à Dieu et répond à sa confiance. Cela n'est pas étranger à la demande du Notre Père : « Que ton Règne vienne ». L'homme agit pour que le plan de Dieu se réalise, conscient d'avoir été fait à la ressemblance de Dieu et donc d'avoir reçu de lui sa force, son intelligence, ses aptitudes à réaliser une communauté de vie par l'amour désintéressé qu'il porte à ses frères. Tout ce qui est positif et bon dans la vie de l'homme s'épanouit et rejoint son véritable but dans le Règne de Dieu. Vous avez bien choisi ce mot d'ordre : « Règne de Dieu, vie de l'homme », car la cause de Dieu et la cause de l'homme sont liées l'une à l'autre ; le monde progresse vers le Règne de Dieu grâce aux dons de Dieu qui permettent le dynamisme de l'homme. Autrement dit, prier pour que vienne le Règne de Dieu, c'est tendre de tout son être vers la réalité qui est la fin ultime du travail humain.

Homélie devant des travailleurs luxembourgeois, mai 1985 (trad. DC 1898, p. 656)

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« Ils ne font plus deux ; ils ne font qu'un ».

« Ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer ». Cette expression « contient la grandeur essentielle du mariage et en même temps l'intensité morale de la famille ». Nous souhaitons aujourd'hui une telle grandeur et une telle dignité pour tous les époux du monde ; nous souhaitons une telle intensité sacramentelle et une telle intégrité morale pour toutes les familles. Et nous le demandons pour le bien de l'homme ! Pour le bien de chaque homme. L'homme n'a pas d'autre voie vers l'humanité sinon à travers la famille. Et la famille doit être située aux bases mêmes de tout effort afin que notre monde humain devienne toujours plus humain. Personne ne peut échapper à cette sollicitude : aucune société, aucun peuple, aucun système ; ni l'État, ni l'Église, ni même l'individu.

L'amour, qui unit homme et femme en tant qu'époux et parents, est en même temps don et commandement... L'amour est don : « L'amour est de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1Jn 4,7). Et en même temps l'amour est un commandement, le plus grand commandement...: « Tu aimeras » (Mt 22,37-39). Obéir au commandement de l'amour veut dire réaliser toutes les obligations de la famille chrétienne. En fin de compte, toutes se réduisent à celle-ci : la fidélité et l'honnêteté conjugale, la paternité responsable et l'éducation. La « petite église » — l'Église domestique — indique la famille vivant dans l'esprit du commandement de l'amour : sa vérité intérieure, son effort quotidien, sa beauté spirituelle et sa force... Si Dieu est aimé au-dessus de tout autre chose, alors l'homme aime et est aimé avec toute la plénitude de l'amour qui lui est accessible. Si l'on détruit cette structure inséparable, dont parle le commandement du Christ, alors l'amour de l'homme se détachera de sa racine la plus profonde, perdra sa racine de plénitude et de vérité, qui lui sont essentielles. Nous implorons en faveur de toutes les familles chrétiennes, de toutes les familles du monde, pour que soit concédée cette plénitude et vérité de l'amour, tel que l'évoque le commandement du Christ.

Homélie du 12 octobre 1980

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« Au commencement, le Créateur les fit homme et femme »

Selon son dessein dès l'origine, Dieu a créé l'homme et la femme à son image. L'Écriture dit : « À l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (Gn 1,27). Il est donc important de comprendre, dans le livre de la Genèse, cette grande vérité : l'image de lui-même que Dieu a placée dans l'homme passe aussi à travers la complémentarité des sexes. L'homme et la femme, qui s'unissent dans le mariage, reflètent l'image de Dieu et sont en quelque sorte la révélation de son amour. Non seulement de l'amour que Dieu nourrit pour l'être humain, mais aussi de la mystérieuse communion qui caractérise la vie intime des trois Personnes divines.

En outre, on peut considérer comme image de Dieu l'engendrement lui-même, qui fait de la famille un sanctuaire de la vie. L'apôtre Paul dit que « toute parenté tire son nom de Dieu » (Ep 3,14-15). C'est lui qui est la source ultime de la vie. On peut donc affirmer que la généalogie de toute personne plonge ses racines dans l'éternel. En engendrant un enfant, les parents agissent comme collaborateurs de Dieu. Mission vraiment sublime ! Par conséquent, il n'est pas étonnant que Jésus ait voulu élever le mariage à la dignité de sacrement, et que saint Paul en parle comme d'un « grand mystère », le mettant en relation avec l'union du Christ et son Église (Ep 5,32).

Angélus du 06/02/1994 (trad. ORf)

    separ ecrit biblio La vie éternelle

1. «Pour nous, notre cité — enseigne l'Apôtre Paul — se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu'il a de pouvoir même soumettre toutes choses» (Ph 3, 20-21).

De même que l'Esprit Saint a transfiguré le corps de Jésus-Christ lorsque le Père l'a ressuscité des morts, ce même Esprit revêtira nos corps de la gloire du Christ. Saint Paul écrit: «Et si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous» (Rm 8, 11).

2. La foi chrétienne dans la résurrection de la chair s'est heurtée, dès les débuts, à des incompréhensions et des oppositions. Saint Paul lui-même les souligne au moment d'annoncer l'Evangile devant l'Aréopage d'Athènes: «A ces mots de résurrection des morts — rapportent les Actes des Apôtres — les uns se moquaient, les autres disaient: “Nous t'entendrons là-dessus une autre fois”» (Ac 17, 32).

Cette difficulté se présente également à nouveau à notre époque. D'une part, en effet, même lorsque l'on croit à une forme quelconque de vie après la mort, l'on réagit avec scepticisme à la vérité de foi qui illumine cette interrogation suprême de l'existence à la lumière de la résurrection de Jésus-Christ. Par ailleurs, d'aucuns ressentent la fascination d'une croyance comme celle de la réincarnation, qui est enracinée dans l'humus religieux de certaines cultures orientales (cf. Tertio millennio adveniente, n. 9).

La révélation chrétienne ne se contente pas d'un vague sentiment de survie, tout en reconnaissant l'intuition d'immortalité qui est exprimée dans la doctrine de certains grands penseurs en quête de Dieu. En outre, nous pouvons admettre que l'idée d'une réincaranation soit suscitée par le profond désir d'immortalité et par la perception de l'existence humaine comme une «épreuve» en vue d'un but ultime, ainsi que de la nécessité d'une purification totale pour parvenir à la communion avec Dieu. Toutefois, la réincarnation ne garantit pas l'identité unique et singulière de chaque créature humaine, en tant qu'objet de l'amour personnel de Dieu, ni l'intégrité de l'être humain en tant qu'«esprit incarné».

3. Le témoignage du Nouveau Testament souligne tout dabord le réalisme de la résurrection, également corporelle, de Jésus-Christ. Les Apôtres attestent explicitement, en se référant à l'expérience qu'ils ont vécue lors des apparitions du Seigneur ressuscité, que «Dieu l'a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se manifester [...] aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts» (Ac 10, 40-41). Le quatrième Evangile souligne lui aussi ce réalisme, lorsqu'il nous rapporte, par exemple, l'épisode de l'Apôtre Thomas qui est invité par Jésus à mettre le doigt dans les plaies des clous et la main dans le côté transpercé du Seigneur (cf. Jn 20, 24-29). Il en va de même lors de l'apparition sur la rive du lac de Tibériade, lorsque Jésus ressuscité «prend le pain et le leur donne; et de même le poisson» (Jn 21, 13).

Ce réalisme des apparitions témoigne que Jésus est ressuscité avec son corps et que ce corps vit auprès du Père. Il s'agit toutefois d'un corps glorieux, qui n'est plus sujet aux lois de l'espace et du temps, transfiguré dans la gloire du Père. Dans le Christ ressuscité se manifeste ce stade eschatologique auquel sont appelés à parvenir un jour tous ceux qui accueillent sa rédemption, précédés par la Sainte Vierge qui «ayant fini le cours de sa vie terrestre, fut élevée à la gloire des cieux, corps et âme» (Pie XII, Const. apost. Munificentissimus Deus, 1 nov. 1950, DS 3903; cf. Lumen gentium, n. 59).

4. En se référant au récit de la création raconté par le livre de la Genèse et en interprétant la résurrection de Jésus comme la «nouvelle création», l'Apôtre Paul peut donc affirmer: «Le premier homme, Adam, a été fait âme vivante; le dernier Adam, esprit vivifiant» (1 Co 15, 45). En effet, la réalité glorifiée du Christ à travers l'effusion de l'Esprit Saint est communiquée de façon mystérieuse, mais réelle, également à tous ceux qui croient en Lui.

Ainsi, dans le Christ, «tous ressusciteront avec les corps dont ils sont à présent revêtus» (Concile de Latran IV: DS 801), mais notre corps sera transfiguré en corps glorieux (cf. Ph 3, 21), en «corps spirituel» (1 Co 15, 44). Paul, dans la première Epître aux Corinthiens, répond à ceux qui lui demandent: «Comment les morts ressuscitent-ils? Avec quel corps reviennent-ils?», en se servant de l'image du grain qui meurt pour s'ouvrir à une vie nouvelle: «Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie s'il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, mais un simple grain, soit de blé, soit de quelque autre plante [...] Ainsi en va-t-il de la résurrection des morts: on est semé dans la corruption, on ressuscite dans l'incorruptibilité; on est semé dans l'ignominie, on ressuscite dans la gloire; on est semé dans la faiblesse, on ressuscite dans la force; on est semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel [...]. Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, que cet être mortel revête l'immortalité» (1 Co15, 36-37. 42-44.53).

Bien sûr — explique le Catéchisme de l'Eglise catholique — le «comment» cela se produira «dépasse notre imagination et notre entendement; il n'est accessible que dans la foi. Mais notre participation à l'Eucharistie nous donne déjà un avant-goût de la transfiguration de notre corps par le Christ» (n. 1000).

A travers l'Eucharistie, Jésus nous donne, sous les espèces du pain et du vin, sa chair vivifiée par l'Esprit Saint et qui vivifie notre chair, afin de nous faire participer de tout notre être, esprit et corps, à sa résurrection et à sa condition de gloire. Irénée de Lyon enseigne à ce propos: «De même que le pain, qui est le fruit de la terre, n'est plus un pain commun après que la bénédiction divine ait été invoquée sur lui, mais l'Eucharistie composée de deux réalités, l'une terrestre, l'autre céleste, ain-si, nos corps qui reçoivent l'Eucharistie ne sont plus corruptibles, du moment qu'ils portent en eux le germe de la résurrection» (Adversus haereses, 4, 18, 4-5).

5. Tout ce que nous avons dit jusqu'à présent, en résumant l'enseignement de l'Ecriture Sainte et de la Tradition de l'Eglise, nous explique pour quoi «le crédo chrétien... atteint son sommet dans la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et de la vie éternelle» (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 988). En s'incarnant, le Verbe de Dieu a assumé la chair humaine (cf. Jn1, 14), la faisant participer, à travers sa mort et sa résurrection, à sa gloire de Fils unique du Père. A travers les dons de l'Esprit et de la chair du Christ glorifiée dans l'Eucharistie, Dieu le Père communique à tout l'être humain et, d'une certaine façon, à tout le cosmos l'aspiration à ce destin. Comme le dit saint Paul: «Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu; [...] c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption, pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu» (Rm 8, 19-21).

JEAN-PAUL II AUDIENCE GÉNÉRALE Mercredi 4 Novembre 1998

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Date de dernière mise à jour : 2018-04-08