Mélanie Calvat extraits de correspondance

Melanie calvat Voyante de la Sallette 

Melanie extrait de correspondancesMelanie extraits de correspondances

Avec l’aimable autorisation de Mr CLAUDE TURCOTTE

 

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Lettres de Sœur Marie de la Croix ( Mélanie de la Salette)  .

J.-M.-J.

« Castellamare, le 2 avril 1872. »

Monsieur, Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Je réponds à votre bonne lettre et je vous remercie de la photographie que vous avez eu la charité de m'envoyer. Que la divine Vierge vous conserve jusqu'à la fin dans la foi de notre sainte religion, et protège, d'une manière particulière, vos trois chers enfants. La vie est courte et pleine de pièges ; nous devons plus que jamais nous attacher à la Sainte Eglise, au Pape infaillible, fuir les libres penseurs, prier et beaucoup prier.

Qui peut connaître les secrets du Très-Haut?... Qui peut savoir si Dieu, toujours bon, toujours plein de miséricorde, ne se laisserait pas fléchir pour pardonner encore une fois la ville de Paris. Il est si bon, notre bon Dieu ! La France est bien coupable et Paris, foyer de tous les vices; trône des détrôneurs du divin Maître, est menacé et bien menacé. J'ai écrit plusieurs fois à un de mes frères, qui est à Paris, pour lui dire de quitter au plus tôt cette ville. Quoique je sache fort bien, que je sache trop quel est l'endroit de la France qui n'aura pas à souffrir dans la tourmente générale que Dieu prépare, nous sommes tous coupables !... Pauvre France, pauvre Italie !... Prions, prions, prions sans cesse.

Agréez l'hommage du profond respect avec lequel je suis, Monsieur, votre très-humble et très-respectueuse » MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus. »

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la Croix. Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

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J. M. J.

Castellamare di Stabia, 15 avril 1875.

Monsieur l'abbé,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs. Je viens de recevoir votre bonne lettre ainsi que votre offrande, je vous en suis bien reconnaissante, bien sûre que la Très Sainte Vierge vous le rendra au centuple en cette vie et en l'autre. Quoique je sois très-indigne, je prierai pour vous, Monsieur l'abbé, et pour les personnes qui vous sont chères.

Je suis heureuse d'apprendre le sacre de Sa Grandeur Monseigneur le Coq; nous avons un très grand besoin de bons évêques ; les temps sont si mauvais ! Les premiers pasteurs doivent en tout, donner le bon exemple; si les pasteurs, si les chefs sont bons, le peuple aussi sera bon.

La France est malade, parce qu'elle s'est éloignée de la vraie vie : l'amour de Dieu, l'ardeur de la foi. Oui, nous nous sommes éloignés de notre fin principale ; c'est fâcheux, c'est malheureux ; c'est bien triste ; et la France ne se relèvera que quand elle se sera humiliée devant le Seigneur, et quand elle retournera à lui sincèrement. Nous sommes tous coupables ; qui plus, qui moins, et nous devons tous mettre la main sur notre conscience, et reconnaître nos torts et nos infidélités envers le bon Dieu.

J'ai reçu en son temps votre lettre, et comme vous m'annonciez, je crois, deux livres, j'attendais toujours, qu'ils vinssent pour vous en accuser réception ; ils ne sont pas encore arrivés. Il est probable qu'ils se seront perdus ou qu'on les aura retenus dans quelque bureau de poste. Dieu l'a permis ainsi, qu'il en soit béni; je vous en remercie la même chose. Je vous prie, Monsieur l'abbé, de vouloir prier pour moi, j'en ai un vrai besoin.

Priez aussi pour le clergé de ce diocèse, afin qu'il soit exemplaire; sans le bon exemple des prêtres, on ne peut rien espérer de la part du peuple, qui aime à voir le ministre des autels dévot, fervent, humble, charitable et surtout bien détaché des choses de la terre; si non, ses sermons et ses exhortations ne font aucun effet....

Agréez l'hommage du plus profond respect, avec lequel je suis, Monsieur l'abbé, votre très-humble et indigne servante Marie de la Croix, victime de Jésus.

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la Croix. Vive Notre Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

 

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J. M. J.

Castellemare, le 16 août 1875.

Mon très-révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs. Je vous remercie infiniment de l'offrande que vous avez eu la grande charité de m'envoyer ; je n'ai pu vous répondre alors, parce que j'étais sur mon départ pour la France, et à mon retour je trouve votre dernière lettre.

La partie du secret qui est dans le livre qu'a écrit le bon M. Girard, lequel n'est plus sur la terre, est toute vraie ; seulement il a rencontré beaucoup de contradictions, parce qu’aujourd’hui on ne veut pas savoir la vérité, et que chacun veut agir au gré de ses caprices, loin de ses propres devoirs ; mais il viendra un temps où les yeux des endormis s'ouvriront, mais il sera trop tard pour eux. Les prêtres, en certains lieux, s'éloignent de leurs devoirs, et on ne voit plus en eux les traces des exemples de Jésus-Christ ; on ne peut que rarement dire : Ce prêtre fait ce que Jésus-Christ faisait étant sur la terre; ce prêtre est toujours au pied des autels; ce prêtre console les affligés, soulage les malheureux, visite les malades, les pauvres et les orphelins ; ce prêtre est mortifié, il est humble et pauvre ; ce prêtre est la vive image de Jésus-Christ, etc. Les apôtres vraiment saints sont rares, et s'il y en avait davantage, nous ne serions pas tombés si bas ; on ne veut pas le reconnaître ; on se fait illusion, on sait que tout va mal, on se contente de dire : Quand viendra le triomphe de l'Eglise, quand changera le gouvernement, nous ferons ceci, cela, etc.; on regarde loin de soi, mais on a peur de se regarder soi-même et de réformer ce qu'il y a de mal en soi. Eh ! N’est-ce pas navrant d'entendre dire aux personnes du monde : Les prêtres nous font perdre la foi, les prêtres courent après l'argent, les honneurs et les plaisirs, les prêtres sont pleins d'orgueil d'eux-mêmes ; ils sont dédaigneux envers les pauvres ; les prêtres ne se soucient pas des âmes ; les prêtres se hâtent de vite dire leur messe et puis on ne les voit plus dans les églises ; les prêtres ont moins de piété que nous, qu'est-ce donc que la religion qu'ils nous prêchent ? Etc. Et cependant les prêtres sont les Anges de la terre ; ce sont eux qui doivent nous montrer le chemin du Paradis ; quel compte ils devront rendre à Dieu, s'ils ne sont pas tels que leur vocation le demande ! On ne veut pas entendre parler de châtiments, de fléaux ; et cependant on n'est pas innocent ? N'est-ce pas parce que ces personnes-là sentent au fond de leur conscience des choses qu'elles ne veulent pas avouer ou qu'elles n'ont pas le courage de déraciner ? Et pour cela elles s'irritent contre la Salette, qui leur fait connaître leurs plaies ; pauvres âmes, elles sont dignes de compassion ! Prions, prions pour elles, et prions pour l'Europe entière.

Mais quoique la plus indigne, je prierai pour vous, mon très-révérend Père, et pour vos deux protégées. Le bon Dieu vous récompensera largement de tout ce que vous avez fait et vous faites pour elles, quoiqu'il y en ait une qui ne reconnaisse pas tous vos bienfaits.

Je vous prie de prier pour moi, et de vouloir bien me bénir. Agréez l'hommage du profond respect avec lequel je suis, mon très révérend Père, votre très reconnaissante servante, MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus.

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la croix. Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

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J.-M.-J.

Castellamare di Stabia, 21 décembre 1875.

« Mon Très-Révérend Père,

» Que Jésus soit aimé de tous les cœurs. J'ai reçu en son temps la brochure : La Résurrection de Berguille ; je vous en remercie beaucoup. Je vous suis aussi très-reconnaissante pour l'offrande que vous avez eu la charité de m'envoyer; que la Très-Sainte-Vierge vous en récompense au centuple et vous protège en tout temps.

» Je croyais déjà vous avoir dit dans une de mes lettres, que la partie du secret que je remis moi-même à M. l'abbé Bliard, et qui est dans le livre que fit M. Girard, de Grenoble, est bien ce que je reçus de la part de la Très-Sainte Vierge; le 19 septembre 1846. Quant aux personnes qui veulent savoir si cette partie du secret que j'ai donnée à M. Bliard, est la même que celle que j'écrivis au Saint-Père et qui fut portée par MM. Gérin et Rousselot ; ces personnes, dis-je, ne doivent pas s'en mettre en peine ; elles doivent, avec amour et reconnaissance, profiter des avis de notre bonne Mère : c'est une ruse de notre amour propre que de vouloir chercher à nous distraire de nos devoirs , pour connaître ce que nous ne devons pas savoir. Ce fut avec peine que je livrai cette partie du secret à M. Bliard, parce que, comme je le lui disais, les esprits n'étaient pas disposés à recevoir ces plaintes de notre Divine Mère. Il est bien vrai que ce n'était pas à moi, ignorante comme je le suis, de faire cette réflexion; mais je craignais d'être indirectement la cause du mépris que l'on pouvait faire d'une chose toute divine et toute salutaire. Sans doute, si l'on s'arrête à l'instrument, on ne trouvera rien de si méprisable, d'aussi misérable, d'aussi indigne, d'aussi ignorant ; mais la sagesse, la science, l'esprit de foi, doivent faire fermer les yeux sur le porte-voix, pour ne voir que le vrai moyen de salut qui nous vient du ciel par notre miséricordieuse Mère Marie. Voyant que nous nous précipitons dans les abîmes, elle nous rappelle à nos devoirs, nous montre notre oubli de Dieu et la voie qui doit nous faire sortir de l'assoupissement diabolique où nous sommes, et nous faire éviter les fléaux les plus terribles. Une des punitions du bon Dieu, c'est que nous sommes endormis dans une grande indifférence sur la vertu. Nous craignons de dire la vérité, nous craignons de déplaire aux hommes, et nous ne nous mettons pas en peine de déplaire au Seigneur. Nous sommes ambitieux, nous courons après les honneurs et le bien-être, et nous laissons là le soin des âmes que Dieu cependant nous a confiées et desquelles il nous demandera compte.

L'esprit de pénitence nous répugne, et nous trouvons mille prétextes pour nous en abstenir, malgré que nous sachions que nous devons nous mortifier pour nous et pour ceux qui ont les yeux sur nous. Nous aimons la vanité, les richesses, malgré que nous sachions que notre divin Maître a été pauvre, a enseigné la pauvreté et loué les pauvres en esprit. Les temples saints sont déserts. Notre divin Sauveur Jésus Christ, prisonnier d'amour, voudrait avoir auprès de lui tous ses ministres pour lui tenir compagnie. A très bon droit, ce serait aux prêtres à visiter leur Divin modèle souvent. Le prêtre a épousé l'Eglise ; la gloire de Dieu doit être toute son ambition et toute sa vie. Le prêtre est appelé à être la lumière des fidèles, leur modèle et leur père. Il n'en est pas toujours ainsi, car notre céleste et bonne Mère ne serait pas venue pleurer et parler comme elle a parlé. Si on méprise l'apparition de la Très-Sainte Vierge sur la montagne de la  Salette, ce n'est pas tout à fait qu'on ne croie pas à l'apparition, mais c'est que les enseignements de la Très-Sainte Vierge piquent l'amour-propre ; la vérité est trop cuisante, et pour ne pas dire : Nous voulons marcher avec le courant, il nous en coûte de changer de genre de vie, nous ne sommes pas les seuls, nous verrons plus tard ; nous ne sommes plus aux jours d'autrefois; les temps sont changés, etc., etc., on se borne à penser qu'on n'est pas obligé de croire à la Salette. Hélas !... les personnes qui parlent ainsi, croient-elles au moins en Dieu? Savent-elles que Dieu ne change pas, et que si les temps changent, c'est nous qui changeons, et que par conséquent nous faisons changer la société. La vie n'est qu'une durée que Dieu nous donne pour observer sa foi, pour le louer et le glorifier, en accomplissant les devoirs de notre état, en imitant Jésus-Christ et en faisant toutes les bonnes œuvres possibles.

Les Apôtres ne pensaient pas comme nous; ils étaient remplis d'amour pour le Seigneur, et le Saint-Esprit les éclairait de sa lumière. Ils parlaient partout sans peur, parce que leur plus grande crainte était de se perdre, en ne remplissant pas les devoirs sacrés de leur sublime vocation, qui était d'imiter les vertus de notre divin Maître et de le faire connaître partout en prêchant par leurs exemples et par leurs paroles. La douce Vierge de la Salette n'est pas venue enseigner une nouvelle foi ni un nouvel Evangile; non, certes ; qu'on y réfléchisse bien, et l'on verra que cette tendre Mère de miséricorde est venue confirmer, par ses paroles et par ses larmes, la foi de Dieu, de l'Eglise, de l'Evangile, en nous disant que de grands châtiments nous étaient réservés, si nous ne nous convertissions pas. De plus, elle a mis le doigt juste sur les grandes plaies qui offensent beaucoup la Majesté de Dieu en ses enfants ; et par la simplicité de ses vêtements, quoique célestes, elle a condamné notre grande vanité ; ses larmes ont marqué, la nécessité de pleurer nos péchés, d'en faire pénitence, et puis, de prendre la voie du ciel en nous élevant au-dessus de toutes les choses terrestres, sans nous arrêter à un arbre, comme fit Judas, le traître, mais de nous confier en la miséricorde de Dieu qui est toujours prête à nous pardonner si nous allons à Lui avec un cœur vraiment contrit et humilié. Nous avons pour médiatrice Marie, prions-la ; allons avec confiance à elle ; elle nous aime et veut nous sauver ; prions, expions et louons son amour.

» Daignez, mon Très-Révérend Père, prier pour moi et moi, quoique je sois bien indigne, je prierai pour vous.

Agréez l'hommage du profond respect avec lequel je suis, mon Très-Révérend Père, votre très reconnaissante et indigne servante, MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus.

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la croix. Vive Notre-Dame de la Salette.

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

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J. M. J.

Castellamare, le 12 juin 1879.

Mon très révérend Père,

» Que Jésus soit aimé de tous les cœurs. J'ai eu hier le bonheur de recevoir votre si édifiante lettre, dont je vous remercie beaucoup, ainsi que des détails que vous avez eu la complaisance de me donner au sujet de Berguille ; je vous remercie aussi des prières et des deux images de Notre-Dame des Anges qui ont été bénites par la Sainte Vierge : je les conserverai avec bonheur ; je vous remercie enfin des bonnes prières que vous voulez bien faire pour moi et surtout au saint sacrifice de la Messe ; c'est une bien grande charité que vous me faites, car j'ai bien besoin de l'aide de Dieu, me sentant comme je le suis, bien misérable, bien indigne et sans aucune vertu.

Je vous suis bien reconnaissante, mon très révérend Père, pour la nouvelle offrande que vous avez eu la très grande charité et bonté de m'envoyer ; que la Très Sainte Vierge vous en récompense, sur la terre et dans le ciel par un surcroît de gloire.

Je suis restée cinq mois à Rome, pour écrire par l'ordre du Saint Père Léon XIII, la règle que me donna la Très Sainte Vierge, le 19 septembre 1846, et tout ce qui regarde le nouvel Ordre des Apôtres des derniers temps. Maintenant mes écrits sont soumis à l'examen et je n'ai plus à m'en occuper ; il faut prier et beaucoup prier, afin que le vieux serpent n'ait pas à chanter victoire, comme il a chanté victoire pendant 26 ans, lorsque je présentais la Règle à Grenoble et qu'elle fut rejetée. Prions, prions, prions.

Nous vivons dans un temps bien pervers, et nous n'avons d'espoir qu'en Dieu, dans sa divine miséricorde.

Après nous avoir envoyé sa Mère pour nous avertir des maux qui viendront foudre sur les hommes, s'ils n'observaient pas ses commandements, il ne cesse depuis de poursuivre les hommes par des châtiments qu'il envoie alternativement, et malgré cela, on continue d'offenser Dieu, de travailler, le dimanche, de blasphémer. L'indifférence pour ne pas dire la haine pour Dieu et pour tout ce qui regarde la religion, règne partout parmi les hommes ; c'est effrayant d'entendre les faux raisonnements de personnes qui se disent sensées ; nous sommes dans un véritable aveuglement qui est un premier châtiment de Dieu. On ne veut plus entendre parler de pénitence, et cependant il n'y aurait que la pénitence humble et sincère, l'expiation et un vrai repentir qui pourraient nous relever, nous éclairer et nous obtenir miséricorde.

Je crois que le Seigneur ne tardera pas à envoyer de grands fléaux, puisqu'on ne tient pas compte des châtiments avant coureurs. Il faut beaucoup prier, car les calamités seront terribles et épouvantables ; qui pourra résister à tant de maux réunis ! Ayons confiance en la Vierge Marie ; elle sauvera ses fidèles serviteurs ; aimons-là, prions-la, elle sera avec nous.

Quoique je sois très-indigne, je prierai beaucoup pour vous, mon très révérend Père, pour vos proches, selon vos intentions et pour toutes les personnes que vous m'avez nommées et recommandées.

Agréez l'hommage du plus profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être, mon très révérend Père, votre très humble, très reconnaissante et indigne servante,

MARIE DE LA CROIX née Mélanie Calvat, bergère de la Salette.

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la Croix. Vive Notre-Dame de la Salette!

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

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J. M. J.

Castellamare, 5 mars 1880.

Mon Très-Révérend et Très-Cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Je ne puis vous écrire une longue lettre ; ma mauvaise santé ne me le permet pas, et c'est à peine si je puis tenir la plume. Dieu soit béni de tous et toujours!

Je regrette vivement de n'avoir plus aucun opuscule (1) ; en peu de temps tous ont été expédiés en France et en Italie....

 (1) La brochure du Secret.

En France, on fait une guerre acharnée contre ce petit livre. La vérité pique. Et cependant, cela ne vient pas de moi : Je ne suis que le faible et bien indigne canal des plaintes de notre Tendre Mère.

Je prie, je prierai pour vous, mon Très Cher Père ; la reconnaissance m'en fait un devoir. Prions aussi pour notre pauvre France, afin qu'elle ouvre les yeux avant d'être frappée. Veuillez prier pour moi et me bénir.

Agréez l'hommage du plus profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Mon Très-Révérend et Très-Cher Père, Votre Très-Humble et Très-Reconnaissante indigne Servante. MARIE DE LA CROIX, Victime de Jésus.

Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J. M. J.

Castellamare di Stabia le 9 Mai 1880.

Mon Très-Révérend et Très-Cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs!

Je suis désolée de n'avoir pas pu lire votre bonne lettre si pleine de bons sentiments, de foi et d'amour pour notre divine Mère Marie. Depuis environ trois ans, ma vue baisse considérablement, à ce point que je ne puis reconnaître les personnes que j'ai connues; que je ne sais pas si un livre est écrit ou non; par la grâce de Dieu, je puis marcher seule. En écrivant, c'est plutôt par la longue habitude que je le fais ; mais avec de très fortes lunettes, et parfois j'en mets deux, l'une sur l'autre. Dieu soit béni de tout ! C’est Dieu qui donne la vue, c'est Lui qui l'ôte quand il lui plaît. Si je n'étais pas dans un pays étranger, j'aurais pu trouver une personne de confiance pour me faire lire bien des lettres que souvent je ne parviens pas à pouvoir lire ; mais ici, dans mon exil, je suis vraiment exilée de toutes les manières. Que Dieu en soit béni et glorifié!

Je suis très-reconnaissante aux personnes qui daignent s'intéresser à moi : elles auront un droit tout particulier à mes pauvres prières. Oui : dites-leur bien de ma part que je ne les oublie pas devant le bon Dieu, et que je prierai particulièrement selon leurs intentions, et pour leurs familles ; de plus : je prierai la Très-Sainte Vierge de les garder, de les protéger d'une manière spéciale, pendant la persécution, pendant la terrible tempête des fléaux destructeurs, qui certainement arriveront, parce que l'on ne se convertit pas et que la foi est presque morte.

Vous me pardonnerez, mon Très-Révérend Père, si je ne réponds à tout ce que vous me dites dans votre bonne lettre, n'ayant pas pu la lire entièrement. Vous avez répandu la brochure : que la Vierge Marie vous en récompense sur la terre et dans le ciel. Malheureusement, il y a encore bien des incrédules, et parmi ces incrédules, il y en a de bonne foi et de mauvaise foi. Quant aux personnes de mauvaise foi, leur sentence est dans l'Ecriture : « Les impies ne deviendront que plus impies ! » C'est l'impénitence finale!... Pour ne pas quitter le vice, ils préfèrent ne pas croire-.

D'autres personnes disent que le secret est exagéré ; que le mal n'est pas à ce point. En ce cas il faudrait croire que la Très Sainte Vierge s'est trompée. La Sainte Vierge, peut-elle se tromper ? Non. Ouvrons les yeux, regardons autour de nous; Où est la foi?... Où est la piété? Où est la Sainte Crainte de Dieu ? Où est l'amour de la prière, de la pénitence, de l'expiation, de la réparation ? Où est l'obéissance à la Loi de Dieu et de l'Eglise ? On travaille le Dimanche! On blasphème ! Où est l'amour de la famille, le respect dû aux parents? Où est la charité ? On ne voit qu'injustice, fraude, jalousie, envie. On est plein de vanité, d'orgueil... On est égoïste... On cherche les plaisirs ! On est léger, indifférent pour Dieu et pour son culte ! Et ceci n'est encore rien !

Le mal est si grand ! Et à de grands maux, il faut de grands et terribles châtiments, pour faire ouvrir les yeux, pour réveiller les endormis, et pour faire renaître la foi vive !.....

Les opuscules qui avaient été imprimés à Lecce sont presque tous terminés. Si le bon Dieu inspirait à quelques bonnes âmes de pouvoir le faire imprimer de nouveau, avec la permission d'un évêque selon le cœur de Jésus, ce serait bien à désirer ; pour moi, je donne toute permission possible de le faire faire, mais toujours que ce soit avec la permission et autorisation d'un évêque, afin que le bon Dieu bénisse cet ouvrage et que les avertissements de Marie soient reçus avec respect et amour.

Il serait bien à désirer que la France entière fît la pénitence que firent les Ninivites, pour ne pas voir tomber comme la foudre les fléaux sur elle ! Beaucoup de personnes désirent voir le triomphe de l'Eglise ... Elles ne s'imaginent pas quels seront les terribles fléaux qui dévasteront la terre d’Europe. On croit, en général, à une guerre, à une persécution contre le clergé... à une peste ! À une famine ! À des tremblements de terre ! Etc., etc. Je veux bien croire qu'en premier lieu cela arrivera. Mais après cela, qui pourra fuir, qui pourra se cacher aux regards de Dieu Lui-même, pour échapper à sa juste colère ?

Les hommes fatigués d'avoir répandu le sang, Dieu interpellera alors les impies et les exterminera... O mon Dieu, je voudrais mourir mille et mille fois, afin que ces châtiments n'arrivassent pas ! Mais hélas ! Qui suis-je, moi, néant, vile poussière...

Il me semble que les évènements devraient arriver vers 1881. Puissé-je me tromper ! Et puisse le Divin Maître exaucer mes prières et ne point détruire l'ouvrage de ses mains ! Mais nous attirer à Lui par la force de sa Toute-puissance et de sa grande Miséricorde !

Unissons-nous, prions, réparons, expions et faisons pénitence ! Prenons la Vierge Marie à la tête de notre armée, et marchons avec Elle sans respect humain. Ne travaillons plus le dimanche ! Avertissons ceux que nous voyons travailler, acheter et vendre ! Avertissons ceux qui blasphèment ! Assistons à l'office de la paroisse ; prêchons à temps et à contretemps; si Marie, la Belle Vierge, est avec nous, nous serons plus forts que Dieu, parce que Dieu ne résiste pas à sa Mère ! Prions, agissons et ne nous décourageons pas. Souffrons les persécutions, les humiliations avec amour ; il nous suffit que Dieu soit glorifié et le peuple sera sauvé.

Les chefs, les conducteurs du peuple de Dieu, cela s'entend : cardinaux, archevêques, évêques, prêtres.

Palma est à Oria, et cette ville est très-éloignée d'ici ; en chemin de fer il faut à peu près deux journées pour arriver. J'y suis allée deux fois. Dans ce moment-ci, elle est retirée seule dans une petite maison qu'on lui a achetée ou louée. Elle continue à faire la communion d'une manière extraordinaire. Elle dit que ce sont les anges qui la lui portent. J'ai vu l'hostie. Je ne connais pas Marie-Julie ni d'autres personnes semblables.

Prions ! Prions!., immolons-nous pour Jésus et notre pauvre aveugle France... qui renie son Dieu, sa loi et sa foi ! Prions ! Faisons pénitence !

Je vous prie de vouloir prier pour moi et de me bénir. Agréez l'hommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Mon Très-Révérend et Très-Cher Père, Votre très-humble et très-reconnaissante indigne servante. MARIE DE LA CROIX, Victime de Jésus, née MÉLANIE CALVAT, Bergère de la Salette.

L'œil de Dieu veille sur moi, Mon salut est dans la croix, Vive Notre-Dame de la Salette.

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J.-M.-J.

Castellamare, le 26 Août 1880.

Mon très-Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Je n'ai pas pu répondre plus tôt à votre bonne lettre, le divin Maître daignant me favoriser par des souffrances qui ne me permettent pas de pouvoir écrire ; qu'il en soit béni et glorifié !

Aujourd'hui, étant un peu moins souffrante, je vais répondre brièvement aux questions que vous avez eu la bonté de me faire.

Oui, mon Très-Révérend et bien cher Père, je désirerais que le secret tout entier fût nouvellement imprimé. Et il serait à désirer que la petite brochure toute entière, sans y rien retrancher ni changer, fût réimprimée, pour la gloire de Dieu et pour le bien des âmes de bonne volonté.

L'opinion de quelques membres du clergé, ni la fureur de l'enfer, il me semble, ne doivent pas être un obstacle à cela ; et la divine Marie n'a pas parlé pour ne rien dire, ni pour que ses sages avertissements soient ensevelis.

Il me semble que nous devrions agir énergiquement, tout en ayant une très-grande compassion pour les incroyants ; parmi ces non-croyants, il y a ceux qui sont dans l'ignorance, au sujet de ce grand fait de l'Apparition de la Très-Sainte Vierge et de la grande miséricorde de Dieu pour les hommes, et qui voulant raisonner à la manière humaine, n'approfondissent pas la Très-grande miséricorde de Dieu ni son amour envers nous, pour nos âmes, rachetées au prix du sang de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Les non-croyants de mauvaise volonté, ô Dieu ! Il n'y a qu'à prier pour eux. Il faudrait la vision qu'eut saint Paul sur le chemin de Damas, pour leur faire fermer les yeux aux choses de la terre, et pour concentrer leurs âmes en Dieu seul. Prions ! Prions pour ces âmes. J'ai pour elles une très-grande compassion.

Les excuses que certaines personnes donnent pour ne pas croire au secret, ne sont que des accusations contre elles-mêmes ; pour ne pas changer de vie, il est plus facile de dire que l'on ne croit pas au secret, ou bien qu'il est exagéré , que le mal n'est pas si grand ; que la Très-Sainte Vierge n'a pas pu se plaindre du sel de la terre, etc., etc. Ces raisonnements-là, on devrait me les laisser faire à moi, ignorante comme je le suis! Mais c'est, il me semble, très-humiliant dans la bouche des personnes tant soit peu doctes, sinon pieuses! Que nous dit l'Ecriture sainte, l'Ancien et le Nouveau Testament? Comment parle-t-elle du prêtre?... Qui a demandé le crucifiement de Notre doux Sauveur ? Les hérésies, par qui ont-elles commencé?...... En 93, qui sont les premières personnes qui adhérèrent à faire disparaître la monarchie, etc., etc. ?... Qui sont les personnes qui allaient contre l'infaillibilité du pape?-. Et aujourd'hui, qui sont les personnes qui se récrient contre le secret de la Vierge Marie ?... Le sel de la terre !... Ah ! Du moins, nous, qui avons le bonheur de croire aux sages et aux vrais avertissements de Notre bonne Mère, ne soyons pas des chiens muets ; faisons connaître Jésus-Christ, prions, expions et réparons ! Pour nous et pour notre malheureuse France !

Après que M. Nicolas aura imprimé son livre, il me semble qu'il sera plus facile aux évêques de donner la permission pour faire réimprimer le petit opuscule, tel qu'il a été imprimé à Lecce. Je prie la Très-Sainte Vierge de vous faire trouver un évêque selon le cœur de Jésus-Christ, un évêque qui n'ait qu'un œil, c'est-à-dire une seule intention : la pure gloire de Dieu. Mais pourquoi avoir tant peur des disgrâces des hommes, et en avoir si peu des disgrâces de Dieu, qui peut nous priver éternellement de son paradis ? Aimons donc un peu plus le bon Dieu, et beaucoup moins l'amitié et l'honneur des hommes et de la terre.

La Vierge Marie, dans son Apparition sur la montagne de la Salette, nous a donné une planche de salut, si nous voulons nous en servir ; si, comme au temps de Noé, nous n'attendons pas le déluge des maux dont elle nous a menacés pour nous convertir, car alors, il ne sera plus temps !...

Selon moi, il ne faudrait pas de feuille volante, pas de secret partagé ; ne pas être plus prudents que Notre douce Mère Marie.

Le Saint-Père Léon XIII a le secret tout entier et ne m'a pas dit de ne pas le dire, ni de ne pas le publier. Or, c'est la Très Sainte Vierge, qui par sa divine Miséricorde, a daigné me dire que je le pouvais publier. Je l'ai dit, et je le dirai tant que l'Eglise, ma Mère, ne me défendra pas de le dire.

Selon ce que j'ai lu dans la petite brochure du livre : Lettre de Mgr Zola, le bon et pieux M. Peladan serait appelé à travailler pour la gloire de Marie, N.-D. dé la Salette ; j'en remercie le Ciel tout entier et ce zélé Monsieur aussi. Que le bon Dieu en soit béni et glorifié, et que cet ami de Jésus s'attende aussi à recevoir des croix de toutes les dimensions. N.-D. de la Salette, c'est notre Dame des Sept-Douleurs ; mais les croix sont légères à qui aime Jésus-Christ et Notre tendre et douce Mère ; courage et confiance !

J'ai toujours ma chère compagne avec moi, je la recommande à vos bonnes prières. Quoique mes prières soient bien faibles, je me fais un devoir de prier pour vous et pour toutes les personnes que vous m'avez recommandées. Je vous prie de me bénir.

MARIE DE LA CROIX, née MÉLANIE CALVAT.

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J. M. J.

Castellamare, le 20 septembre 1880,

Mon très-cher et très-Révérend Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

Je réponds un peu tard à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser. J'aurais désiré vous répondre plus tôt, mais je ne m'appartiens pas. C'est notre divin Maître qui dispose de moi comme il lui plaît : j'étais trop souffrante ces jours passés pour vous écrire. Que la volonté de Dieu se fasse toujours et sur tout !

Le livre de monsieur Nicolas, de Marseille, vient de paraître ; j'espère qu'il éclairera les hommes incroyants par ignorance. Les autres, nous n'en parlons pas... La vérité niée rend les impies plus impies ! — Prions ! Prions, pour ces pauvres aveugles qui ont des yeux et ne voient pas, qui ont des oreilles et n'entendent pas.

Je crois vous avoir déjà dit, mon Très-Révérend Père, qu'en 1860, j'avais écrit une bonne partie de mon secret, et que cette partie ayant été lue par plusieurs personnes : Grands-Vicaires, Jésuites, etc., on me conseilla de renfermer ces papiers et de ne plus en parler.

Etant en Italie, j'avais pour confesseur Mgr Pétagna, d'heureuse mémoire, et qui avait été aussi mon confesseur pendant les 6 ans qu'il avait passés à Marseille (en exil). N'étant plus en aucune manière sous la direction des Français, Gallicans, peureux et Bonapartistes, je pus alors obéir à la Très Sainte-Vierge, en faisant connaître tout le secret et tout ce que je pouvais dire sur l'Ordre des apôtres des derniers temps.

J'avais écrit les règles du nouvel ordre voulu par la Très Sainte-Vierge, et je les avais envoyées à Rome. Environ un mois après, Mgr l'Evêque de Grenoble, avec un des Pères, dits missionnaires de Notre-Dame de la Salette, se rendirent à Rome, pour faire approuver les règles que Mgr Fava avait faites pour les dits missionnaires, et demander le couronnement d'une statue de Notre-Dame de la Salette, et pour obtenir le titre de basilique au sanctuaire élevé sur la Sainte-Montagne, par les offrandes du monde entier.

Rome, je le suppose, voyant deux règles contradictoires ; et voulant s'éclairer, le pape Léon XIII écrivit à Mgr Petagna, mon évêque, disant que j'étais appelée tout de suite à Rome. Je partis ; il y eut un Congrès pour traiter cette affaire. La charité ne me permet pas de confier au papier ce qui s'y passa, ni comment Grenoble voulait changer les règles de notre tendre Mère. J'eus ordre du Pape de rester à Rome ; je revins à Castellamare par le même ordre du Saint-Père.

Le Saint-Père n'a pas lu les règles en ma présence ; mais il a dû les avoir lues auparavant ; et il les a lues, puisqu'il avait décidé et ordonné que j'allasse sur la Montagne, et que les pères comme les religieuses dussent embrasser ces règles en tous leurs points.

J'avais écrit les règles et tout le secret, du vivant de Monseigneur, lequel aurait mis son approbation dans mon petit livre, si le Seigneur ne l'avait pas appelé à lui, pendant que j'étais à Rome.

Quant à l'opportunité, si le bon Dieu avait voulu que le secret en entier se publiât plus tôt, il aurait su trouver l'heure et le jour. Et l'heure et le jour sont venus, quand mes supérieurs ont été convaincus qu'il était temps de publier le secret et d'obéir aux ordres de la Vierge Marie. Jonas criait, dans son esprit prophétique: « Encore quarante jours et Ninive sera détruite, si l'on ne fait pénitence !... » Ici, le bon Dieu m'a fait crier un peu plus de temps, parce qu'il ne s'agissait pas seulement de la destruction d'une ville, mais de tout son peuple. Trouve-t-on que c'est trop tôt ou trop tard ? Est-ce que c'est Dieu qui doit obéir aux hommes, ou les hommes qui doivent obéir à Dieu ?

Les non-croyants au secret ne se sont pas contentés de garder leur incrédulité pour eux ; ils ont écrit à Rome, comme si la France entière fût grandement scandalisée de ma petite brochure ! Je pense bien que tous les Français ne sont pas aveugles à ce point... Or, pourquoi les personnes éclairées par la foi et par le fait n'ont-elles pas aussi écrit à Rome, pour témoigner leur croyance et leur reconnaissance en l'Auguste Vierge Marie ; pour ses grandes miséricordes envers les hommes, en venant sur cette terre pleine et infectée de nos péchés nous appeler à la pénitence et à nos devoirs. Etant à Rome, j'entendis dire ces paroles : « La Salette est bien contredite, bien persécutée !... Nous avons un grand nombre de lettres à ce sujet, mais pas une pour la défendre ! Le secret n'est que trop vrai, et nous en voyons, tous les jours, la réalisation sous nos yeux.

Quoique bien indigne, je prie notre divine Mère, je la prie et la prierai toujours pour vous, mon très Révérend Père, pour tous les membres de votre famille, et pour les personnes qui se recommandent à mes pauvres prières. Je vous prie de vouloir me bénir; priez pour moi, j'ai bien besoin du secours de la grâce divine et de la protection spéciale de notre tendre Mère.

Je recommande aussi à vos bonnes prières ma pauvre vieille mère, qui a été dangereusement malade ces jours passés ; elle a 75 ans; elle a demandé de me voir une dernière fois. Le bon Dieu me donnera-t-il cette consolation ? Les hommes ne s'opposeront-ils pas à me laisser remplir ce devoir filial ? Quoi qu'il en soit, je ferai la volonté de Dieu, me soumettant à tout.

Agréez l'hommage du plus profond respect avec lequel je suis, Mon très-cher et Très-Révérend Père, Votre très-humble et très-reconnaissante indigne servante. MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus.

Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J.-M.-J.

Castellamare, le 13 octobre 1880.

Mon très-Révérend et très-cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les cœurs !

La guerre qui se fait contre le secret est l'œuvre du diable, pour empêcher que les bonnes âmes profitent des divins avertissements de notre auguste Mère. Mais cela ne doit pas nous décourager.

Rome ne sait que ce qu'on lui dit, et elle voit les choses de la manière qu'on les lui fait voir. L'évêque de  (chose étrange !...) a été le premier à se rendre à Rome cette année, au Carême, pour dénoncer ma petite brochure, et dire que le secret faisait partout un mal irréparable. A son exemple d'autres ont écrit dans ce même sens.

La lettre du cardinal Catérini ne condamne pas du tout le secret, mais son inopportunité. Cependant les sages avertissements de notre miséricordieuse Mère Marie auront été publiés comme à la veille du jour où les religieux devaient être chassés, en attendant que les évêques et prêtres le soient aussi, comme le dit très-bien le secret, que l'on rejette !... Les ténèbres obscurcissent les intelligences !... Ne voyons-nous pas s'accomplir à la lettre ces paroles du secret.

Le secret, inopportun pour les laïques, excite la curiosité de tout le monde. Et de tous côtés, je reçois des lettres pour me demander ma petite brochure, que je n'ai plus !... En vérité nous sommes plongés dans les ténèbres !... Et c'est un châtiment de Dieu !... Et en arrêtant la diffusion du secret, n'assume-t-on pas une grande, très grande responsabilité devant Dieu ?... On répondra devant lui de tout le message de la Vierge Marie. Je ne voudrais pas être à la place de ces personnes-là, au terrible jugement du Seigneur.

Dieu soit béni en tout ! Il ne faut pas nous décourager, mais prier et agir énergiquement. La Sainte Vierge est avec nous. — Pour tout ce que l'on dit contre moi, je ne le calcule pas, c'est peu en comparaison de ce que je mérite pour mes péchés. Dieu soit toujours béni de tous ! Je vous prie, mon très Révérend Père, de prier pour moi, et de vouloir me bénir.

Agréez l'hommage du plus profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être, Mon très-Révérend et très-cher Père, votre très-reconnaissante, humble et indigne servante,

MARIE DE LA CROIX, née MÉLANIE CALVAT.

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J.-M.-J.

Castellamare, le 2 novembre 1880,

Mon très-révérend et très-cher Père,

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs !

Je vous remercie beaucoup de votre si bonne lettre, ainsi que des deux autres que vous avez eu la bonté de m'envoyer ; celle du si digne M. de B... et celle de M. Amédée Nicolas, l'intrépide défenseur de Notre-Dame de la Salette. Dieu soit béni de tous !

J'éprouve une très-grande compassion pour les personnes qui sont malheureusement assez aveugles pour ne pas vouloir croire aux vérités révélées dans le secret, et surtout pour celles qui le méprisent... Je ne cesse, malgré ma très grande indignité, de prier beaucoup pour elles, afin qu'elles soient plus humbles et reviennent à de meilleurs sentiments, tandis qu'il en est encore temps, selon ces paroles du PS. XCIV : « Aujourd'hui, si vous entendez ma voix, n'endurcissez pas vos cœurs. »

Prions! Prions beaucoup pour ces pauvres opposants. Si nous avions les intentions qu'ils ont, nous aurions fait pire qu'eux; surtout si nous n'avions pas été fidèles à la grâce et assidus à la prière. Tenons-nous bien humbles, paraissons bien petits à nos propres yeux, et prions la douce Vierge Marie de nous tenir la main sur nos têtes et son amour dans nos cœurs. Pardonnons de bon cœur à ceux qui nous font tant souffrir, parce qu'ils veulent raisonner à la manière humaine et sans Dieu, et qu'ils ressemblent aux enfants qui courent après leur ombre, laissant derrière eux le soleil.

Après l'expulsion des religieux viendra l'expulsion du clergé séculier. Alors, nous verrons ce que feront nos pauvres raisonneurs ! On connaît l'homme, de fait, par ses œuvres.

Ne pas croire à l'Apparition de Notre-Dame de la Salette, ne serait pas un grand mal ; ce n'est pas un article de foi ; mais c'est bien agir contre le Saint Evangile, en donnant du scandale, en parlant contre une vérité qu'ils ne veulent point admettre, en montrant au public qu'il y a des divisions parmi nous. Et c'est une grande tentation pour les âmes simple de ne croire ni à la Salette, ni à toutes les vérités qui sont de foi.

Dieu soit béni de tous ! Dieu, espérons-le, saura tirer le bien du mal.

Je vous suis bien reconnaissante, mon très-révérend Père, des prières, messes, que vous avez la charité d'offrir pour la grande cause de notre divine Mère et pour moi, qui ai tant besoin de l'aide de Dieu. —Par la grâce du Seigneur, ma pauvre vieille Mère est hors de danger. On m'écrit qu'elle va mieux. Que le bon Dieu en soit béni ! — Je prie tous les jours pour vous, pour votre paroisse et pour toutes les personnes qui vous sont chères, mortes et vivantes.

Ma photographie, qui fut faite il y a environ quatre ou cinq ans, est très-mal réussie, et je ne l'ai pas donnée aux personnes qui me l'ont demandée. S'il plaît à Dieu, dans quelque occasion, je la ferai faire à un autre endroit, et alors, je vous l'enverrai. — Je vous prie de vouloir me bénir.

Agréez l'hommage du plus profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être, mon très-révérend et très-cher Père, votre très-humble et très-reconnaissante indigne servante,

Soeur MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus, née MÉLANIE CALVAT.

L'oeil de Dieu veille sur moi, Mon salut est dans la croix. Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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J.-M.-J.

Castellamare, ce 23 novembre 1880.

Que Jésus soit aimé de tous les coeurs !

Je suis bien fâché de ces petits mal entendus dont vous m'entretenez ; si nous nous laissions un peu plus de côté, ne visant uniquement qu'au même but, à la même fin, sous l'influence de l'Esprit-Saint, nous passerions sur beaucoup de petites choses qui nous arrêtent beaucoup dans le chemin de la vertu, et qui mettent des entraves à la plus grande gloire de. Dieu et au bien des âmes. L'amour propre nous trompe souvent, si nous n'avons pas la sainte crainte de Dieu

Ceux qui par vocation sont appelés dans la vie sociale à procurer la gloire de Dieu et à combattre les ennemis de l'Eglise, devraient être pétris des vertus de Notre-Seigneur Jésus-Christ, afin que leurs ennemis ne leur disent pas : « Levez » premièrement la poutre que vous avez dans l'œil, etc. »

Je ne sais pour ainsi dire rien de Rome ; seulement, j'ai su que les opposants au secret continuent d'écrire à la congrégation du Saint-Office contre moi ; c'est bien trop d'honneur que l'on me fait ; je n'aurais jamais cru que des personnages prissent la peine de s'occuper d'un petit rien comme moi, et qu'elles voulussent par cela m'enrichir à leur dépens. Que le bon Dieu les pardonne et les éclaire !

Tout ce qui arrive contre le secret, contre la religion, sert à faire réaliser le secret, et selon moi, en mettant les passions et l'amour-propre à part, il faut être aveugle pour ne pas voir et ne pas croire. Si les révolutions et les persécutions sont toujours des châtiments pour nos péchés, il faut donc que les péchés existent parmi nous, et que les pécheurs soient en plus grand nombre que les innocents . Les personnes qui osent dire que la Très-Sainte-Vierge a exagéré, peuvent aussi dire aujourd'hui que le bon Dieu est injuste de livrer la France innocente entre les mains de la révolution et de la persécution contre les religieux. L'orgueil qui domine en nous fait que nous n'entendons pas, que nous ne voyons pas et que notre intelligence ne comprend pas. — On a osé dire que j'appartiens à la franc-maçonnerie. En vérité je ne suis pas franc-maçonne, dans le sens qu'ils entendent, puisque par une grâce toute gratuite, le Pape me permet d'avoir chez moi la messe et la communion tous les matins ; cependant, en un autre sens, oui je suis franc-maçonne, puisque je reçois tout franc et que les attaques m'aident beaucoup en l'œuvre de ma sanctification, en me taillant, martelant à leur gré ; et moi ne faisant autre chose que me résigner et conformer à la volonté toujours aimable, toujours adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Malgré ma grande indignité, je prie le bon Dieu pour vous, et selon toutes vos intentions ; veuillez prier pour moi. Agréez l'hommage du plus profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,

Votre très-reconnaissante et humble indigne servante, MARIE DE LA CROIX.

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1881

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Feu notre ami M. Girard, dont le public catholique a connu le zèle pour les intérêts religieux de la Terre-Sainte, et qui était si pieux envers la sainte montagne de la Salette, a fait connaître à un certain nombre de fidèles la lettre suivante de sœur Mélanie. Nous la reproduisons comme propre à émouvoir les cœurs et à les porter à la prière, la grande arme de notre salut commun, au sein des incertitudes et des sombres appréhensions du moment.

« Ma bien chère Mère,

» Que Jésus soit aimé de tous les cœurs ! — Il y a bien longtemps que je n'ai pas eu l'avantage de recevoir de vos nouvelles; je ne cesse de prier le bon Dieu pour vous, pour mes chers frères et pour mes bonnes sœurs. Que le Dieu des miséricordes veille sur vous ; qu'il vous protège et étende la main sur vos têtes, dans le moment épouvantable qui va éclater sur la France coupable. La mesure des crimes est pleine : pauvre France ! Pauvre Italie ! Je désire, chère mère, que vous écriviez encore à mon frère Auguste, qui est à Paris, pour lui dire de sortir de cette ville, ville coupable, siège de tous les vices... Elle doit périr. Hâtez-vous de lui écrire, je vous en supplie, autrement vous aurez à pleurer; cette ville est condamnée ; elle doit disparaître de la terre. Que mon frère sorte, et sorte le plus tôt possible; il n'y à pas de temps à perdre... Prions beaucoup, chère mère, prions; les fléaux les plus terribles, et tels qu'il ne s'en est jamais vu de semblables, vont fondre sur la France. Attachez-vous bien à la Sainte-Vierge, à notre sainte Religion, à N. S. P. le Pape, vicaire infaillible de J.-C. sur la terre. Si vous n'avez pas le scapulaire du Mont-Carmel, faite-vous le mettre, ainsi qu'à tous mes frères ; mais ne perdez pas de temps. Les fléaux viendront à la course et comme des voleurs. Confessez-vous et faites la Sainte Communion. Soyez tous prêts à mourir, si le bon Dieu le veut ; mais ne perdez pas le ciel où nous devons tous nous revoir, pour ne jamais plus nous séparer. Priez, priez, et quand le sang coulera de tous côtés, tout à coup un autre fléau épouvantable apparaîtra et excédera le premier. Je tremble en voyant tant de maux, je ne peux plus y penser sans épouvante.

» Procurez-vous deux ou trois cierges que vous ferez bénir ; procurez-vous aussi de l'eau bénite, et quand vous entendrez des bruits dans les airs et que la nuit se fera, fermez bien vos portes et vos fenêtres, et faites des prières continuelles jusqu'à ce que nous reconnaissions que Dieu seul est digne d'être adoré et servi. Priez pour notre Saint-Père le Pape, priez pour les prêtres ; soyez unis entre vous, aimez-vous les uns les autres, faites des prières continuelles : Prions, prions ; ne vous affligez pas pour moi, je suis entre les mains de Dieu. Le sang coulera en Italie comme en France ; on persécutera l'Eglise ; on fera mourir les catholiques ; les méchants s'enivreront du sang des chrétiens. Mon Dieu ! Mon Dieu ! Quel tableau effrayant !... Nous l'avons mérité, mais qui ne sècherait pas de frayeur? Prions, prions, pleurons, et laissons rire ceux qui ne riront pas alors ; laissons les incrédules se moquer de tout. Un jour, ils croiront, parce qu'ils verront, mais trop tard; ils devront, malgré eux, boire jusqu'à la lie le calice des vengeances du Seigneur des seigneurs. Prions beaucoup la Très-Sainte Vierge ; nous avons un grand besoin de son assistance et de son aide ; prions-la avec confiance. Vous feriez bien, ma chère Mère, de faire venir ma sœur Julie à Corps ainsi que son mari.

Les habitants de mon cher pays devraient beaucoup prier, pour Notre Saint-Père le Pape, pour les pauvres prêtres. Oh ! Mon Dieu, pourquoi ne s'est-on pas converti ?

Agréez l'hommage du profond respect avec lequel je suis, ma chère et bien-aimée mère, votre très-respectueuse et attachée fille, MARIE DE LA CROIX, victime de Jésus.

L'œil de Dieu veille sur moi. Mon salut est dans la croix. Vive Notre-Dame de la Salette !

Extrait du livre du Père Adrien Peladan  "dernier mot des prophéties" paru en 1880

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Date de dernière mise à jour : 2018-04-17