Colomban quelques écrits

San columba di iona c 1 Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères

« C'est ma paix que je vous donne »

Moïse a écrit dans la Loi : « Dieu fit l'homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26)... À nous donc de refléter pour notre Dieu, pour notre Père, l'image de sa sainteté... Ne soyons pas les peintres d'une image étrangère... Et pour que nous n'introduisions pas en nous l'image de l'orgueil, laissons le Christ peindre en nous son image. Il l'a peinte lorsqu'il a dit : « Je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix ». 

Mais à quoi nous sert-il de savoir que cette paix est bonne, si nous ne veillons pas sur elle ? Ce qui est très bon est habituellement très fragile ; et les biens précieux réclament de plus grands soins et une garde plus vigilante. Très fragile est la paix qui peut être perdue par une parole légère ou une petite blessure faite à un frère. Or, rien ne plaît davantage aux hommes que de parler hors de propos et de s'occuper de ce qui ne les regarde pas, de proférer de vains discours et de critiquer les absents. Dès lors, que ceux qui ne peuvent pas dire : « Le Seigneur m'a donné la langue d'un disciple pour que je sache réconforter par la parole celui qui est abattu » (Is 50,4), que ceux-là se taisent ou, s'ils disent un mot, que ce soit un mot de paix... « La plénitude de la loi, c'est l'amour » (Rm 13,8). Que daigne nous l'inspirer notre bon Seigneur et Sauveur Jésus Christ, l'auteur de la paix et le Dieu de l'amour.

Instruction 11, 1-4 ; PL 80, 250-252 (trad. Orval) 

separ ecrit biblio « Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive »

Frères bien-aimés, prêtez l'oreille à mes paroles, comme à quelque chose que vous avez besoin d'entendre ; et si votre âme a soif de la source divine dont je désire maintenant vous parler, attisez cette soif et ne l'éteignez pas. Buvez, mais ne soyez pas rassasiés. Car la source vivante nous appelle et la fontaine de vie nous dit : Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive . Boire quoi ? Comprenez-le. Que le prophète vous le dise, que la source elle-même vous le déclare : Ils m'ont abandonné, moi, la source de vie, dit le Seigneur . Le Seigneur lui-même. Jésus Christ, notre Dieu, est donc la source de vie, et c'est pourquoi il nous invite pour que nous le buvions. Le boit, celui qui l'aime ; le boit, celui qui se rassasie de la Parole de Dieu, qui l'aime et la désire assez vivement ; le boit, celui qui brûle d'amour pour la sagesse.

Voyez d'où jaillit cette source : elle vient du lieu d'où est descendu le Pain; car le Pain et la source sont un : le Fils unique, notre Dieu, Jésus Christ le Seigneur, dont nous devons toujours avoir soif. Même si nous le mangeons et le dévorons par notre amour, notre désir nous donne encore soif de lui. Comme l'eau d'une source, buvons-le sans cesse avec un immense amour, buvons-le avec toute notre avidité, et délectons-nous de sa douce saveur. Car le Seigneur est doux et il est bon. Que nous le mangions ou que nous le buvions, nous aurons toujours faim et soif de lui, car il nous est une nourriture et une boisson à jamais inépuisables. Lorsqu'on le mange, il n'est pas consommé ; lorsqu'on le boit, il ne disparaît pas ; car notre Pain est éternel, et perpétuelle notre source, notre douce source. D'où ce mot du prophète : Vous qui avez soif; allez à la source . Il est en effet la fontaine des assoiffés et non celle des satisfaits. Les assoiffés, qu'ailleurs il déclare bienheureux, il les invite: ceux qui n'en ont jamais assez de boire, mais qui ont d'autant plus soif qu'ils ont bu.

Frères, la source de la sagesse, la Parole de Dieu dans les cieux , désirons-la, cherchons-la, aimons-la sans cesse : en elles sont cachés , comme dit l'Apôtre, tous les trésors de la sagesse et de la science ; et elle invite ceux qui ont soif à venir y puiser. Si tu as soif, bois à la source de vie ; si tu as faim, mange le Pain de vie. Heureux ceux qui ont faim de ce Pain et soif de cette source ! Ils mangent et boivent sans cesse, et ils désirent encore boire et manger. Que c'est bon, ce qu'on peut manger ou boire toujours sans perdre ni soif ni appétit, ce que l'on peut continuellement goûter sans cesser de le désirer ! Le roi prophète le dit: Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur .

LE CHRIST, SOURCE DE VIE, PAR SAINT COLOMBAN

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« Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement »

    Frères bien-aimés, si votre âme a soif de la source divine dont je vais vous parler, attisez cette soif et ne l'éteignez pas. Buvez, mais ne soyez pas rassasiés. Car la source vivante nous appelle et la fontaine de vie nous dit : « Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive » (Jn 7,37)...

    Voyez d'où jaillit cette source : elle vient du lieu d'où est descendu le Pain, car le Pain et la source sont un — le Fils unique, notre Dieu, Jésus Christ le Seigneur, dont nous devons toujours avoir soif. Même si nous le mangeons et le dévorons par notre amour, notre désir nous donne encore soif de lui. Comme l'eau d'une source, buvons-le sans cesse avec un immense amour, buvons-le avec toute notre avidité, et délectons-nous de sa douce saveur. Car le Seigneur est doux et il est bon. Que nous le mangions ou que nous le buvions, nous aurons toujours faim et soif de lui, car il est pour nous une nourriture et une boisson absolument inépuisables... En effet il est la fontaine des assoiffés et non celle des satisfaits. Les assoiffés, qu'ailleurs il déclare bienheureux (Mt 5,6), il les invite : ceux qui n'en ont jamais assez de boire, mais qui ont d'autant plus soif qu'ils ont bu.

Frères, « la source de la sagesse, la Parole de Dieu dans les hauteurs » (Si 1,5), désirons-la, cherchons-la, aimons-la ; en elle sont cachés, comme dit l'apôtre Paul, « tous les trésors de la sagesse et de la science » (Col 2,3)... Si tu as soif, bois à la source de vie ; si tu as faim, mange le Pain de vie. Heureux ceux qui ont faim de ce Pain et soif de cette source !... Que c'est bon, ce que l'on peut continuellement goûter sans cesser de le désirer ! Le roi prophète David le dit : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 33,9).

Instruction 13, 1-2 ; PL 80, 254 (trad. Orval ; cf bréviaire 21e merc.)

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« Ton Dieu sera ta lumière éternelle » 

Qu'ils sont donc heureux, qu'ils sont dignes d'envie, les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera vigilants . Une vigilance bienheureuse qui les tient éveillés pour la rencontre de Dieu, le Créateur de l'univers, dont la majesté remplit toutes choses et les dépasse toutes. 

Et pour moi qui suis son serviteur, malgré mon indignité, Dieu veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Qu'il fasse brûler en moi le feu de l'amour divin ; que la flamme de son amour monte plus haut que les étoiles ; que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à son infinie tendresse. 

Ah ! s'il m'était donné de pouvoir tenir à longueur de nuit ma lampe allumée et ardente dans le temple du Seigneur ! Si elle pouvait éclairer tous ceux qui pénètrent dans la maison de mon Dieu ! Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain. 

O Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. 

Veuille donc, Jésus, je t'en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu'ainsi, à cette clarté, m'apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense. Qu'à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce, je t'en prie, puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d'amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n'avoir d'amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre continuelle pensée. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour jusqu'au plus intime de nous-mêmes, qu'il nous possède tout entiers et que ta charité pénètre toutes nos facultés, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui est éternel. Alors les grandes eaux du ciel, de la terre et de la mer ne pourront éteindre en nous une si grande charité, selon cette parole du Cantique des cantiques : Les grandes eaux n'ont pu éteindre l'amour. 

Qu'en nous se réalise, en partie tout au moins, ce progrès de l'amour par ta grâce, Seigneur Jésus Christ, à qui est la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

INSTRUCTION SPIRITUELLE 

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« Un des soldats...lui perça le côté, et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau »

      Frères, suivons notre appel : nous sommes appelés par la Vie à la source de la vie ; cette source est non seulement source « de l'eau vive » (Jn 4,10), mais de la vie éternelle, source de lumière et de clarté. D'elle en effet viennent toutes choses : sagesse, vie et lumière éternelle... Seigneur, tu es toi-même cette source qui est toujours et toujours à désirer, et à laquelle il nous est toujours permis et toujours nécessaire de puiser. « Donne-nous toujours, Seigneur Jésus, cette eau », pour qu'en nous aussi elle devienne source d'eau qui « jaillit pour la vie éternelle » (Jn 4,15.14). C'est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ? Mais toi, Roi de gloire, tu sais donner de grandes choses, et tu les as promises. Rien de plus grand que toi, et c'est toi-même que tu nous donnes, c'est toi qui t'es donné pour nous.

      C'est pourquoi c'est toi que nous demandons..., car nous ne désirons rien recevoir d'autre que toi. Tu es notre tout : notre vie, notre lumière et notre salut, notre nourriture et notre boisson, notre Dieu. Inspire nos cœurs, je t'en prie, ô notre Jésus ; par le souffle de ton Esprit, blesse nos âmes de ton amour, afin que chacun de nous puisse dire en vérité : « Montre-moi celui que mon cœur aime » (Ct 3,3), car j'ai été blessé de ton amour.

      Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur. Heureuse l'âme que l'amour blesse de la sorte -- celle qui recherche la source, celle qui boit et qui pourtant ne cesse d'avoir toujours soif tout en buvant, ni de toujours puiser par son désir, ni de toujours boire dans sa soif. C'est ainsi que toujours elle cherche en aimant, car elle trouve la guérison dans sa blessure. 

Instructions spirituelles, n°13, 2-3 (trad. bréviaire 21ème jeu. rev.)

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« Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14)

      Qu'ils sont heureux, qu'ils sont dignes d'envie, « les serviteurs que le maître, à son retour, trouvera vigilants » (Lc 12,37). Vigilance bienheureuse qui les tient éveillés pour la rencontre de Dieu, le Créateur de l'univers, dont la majesté emplit toutes choses et les dépasse toutes.

      Et pour moi qui suis son serviteur, malgré mon indignité, Dieu veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Qu'il fasse brûler en moi le feu de l'amour divin ; que la flamme de son amour monte plus haut que les étoiles ; que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à sa tendresse infinie. Ah, s'il m'était donné de pouvoir tenir à longueur de nuit ma lampe allumée et ardente dans le temple du Seigneur ! Si elle pouvait éclairer tous ceux qui pénètrent dans la maison de mon Dieu ! (cf Mt 5,15) Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit feu, et lumière pour mon prochain

Instructions spirituelles, n° 12, 2 (trad. bréviaire 28ème mar.)

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Soif de Dieu

"Si votre âme a soif de la source divine dont je désire maintenant vous parler, attisez cette soif et ne l'éteignez pas. Buvez, mais ne soyez pas rassasiés. Car la source vivante nous appelle et la fontaine de vie nous dit : Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive."

(Colomban : Instructions spirituelles, 13, 1).

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Serviteurs vigilants

"Qu'ils sont donc heureux, qu'ils sont dignes d'envie, les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera vigilants. Vigilance bienheureuse qui les tient éveillés pour la rencontre de Dieu, le Créateur de l'univers, dont la majesté emplit toutes choses et les dépasse toutes.
Et pour moi qui suis son serviteur, malgré mon indignité, Dieu veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Qu'il fasse brûler en moi le feu de l'amour divin ; que la flamme de son amour monte plus haut que les étoiles ; que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à son infinie tendresse."

(Instruction spirituelle, 12, 2)

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« Ils ont vraiment reconnu que je suis venu d’auprès de toi, et ils ont cru »

      Qui pourra suivre le Très-Haut jusqu'en son être inexprimable et incompréhensible ? Qui scrutera les profondeurs de Dieu ?… Qui donc est Dieu ? Père, Fils et Esprit Saint, Dieu est un. Ne te demande rien de plus au sujet de Dieu. Que ceux qui veulent savoir le fond des choses concernant Dieu commencent par considérer l'ordre naturel. Comprendre la Trinité est en effet justement comparé à la profondeur de la mer, dont la Sagesse de Dieu a dit : « Le fond des profondeurs, qui peut l'atteindre ? » (Eccl 7,24)... Comme le fond des mers est invisible aux regards des hommes, ainsi la divine Trinité demeure insaisissable à la compréhension humaine. C'est pourquoi, si quelqu'un veut comprendre ce qu'il doit croire, qu'il ne s'imagine pas pouvoir le faire davantage par des raisonnements que par la foi, car la sagesse divine que tu recherches ainsi se retirera plus loin encore.

      Recherche donc cette connaissance suprême non en discutant mais en menant une vie parfaite, non par la langue mais par la foi qui jaillit d'un coeur simple et n'est pas le résultat de conjectures savantes. Car si tu cherches l'ineffable par des raisonnements, il s'éloignera davantage de toi ; si tu cherches par la foi, la Sagesse se tiendra là où elle demeure : à ta porte (Pr 1,21) ; et là où elle se tient, elle peut être vue, ne serait-ce qu'en partie. En toute vérité, elle est atteinte dès l'instant où l'on croit à ce qui est invisible tout en acceptant de ne pas le comprendre. Puisque Dieu est invisible, nous devons croire en lui ; et cependant Dieu peut être vu en quelque manière par le coeur pur (Mt 5,8). 

Instruction 1, 2-4 ; PL 80, 231 (trad. Orval rev.)

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Qui scrutera les profondeurs de Dieu ? 

Dieu est partout, tout entier, immense. Partout il est proche, selon le témoignage qu'il donne de lui-même : Je suis , dit-il, un Dieu proche, et non un Dieu lointain . Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous : nous l'avons parmi nous si nous en sommes dignes. Il habite en nous comme l'âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n'a pas tués. ~ À cette condition, il habite vraiment en nous, lui qui a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux . S'il nous fait la grâce d'habiter en nous, nous sommes véritablement vivifiés par lui, comme ses membres vivants. En lui , dit l'Apôtre, nous avons la vie, le mouvement et l'être .

Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu'en son être inexprimable et incompréhensible ? Qui scrutera les profondeurs de Dieu ? Qui risquera de traiter de l'origine éternelle de l'univers ? Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, lui que personne n'a jamais vu , tel qu'il est ? Que nul n'ait donc la présomption de sonder l'impénétrable profondeur de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement, mais avec force, que Dieu est et qu'il sera tel qu'il a été, car Dieu est immuable.

Qui donc est Dieu ? Père, Fils et Esprit Saint, Dieu est un. Ne te demande rien de plus au sujet de Dieu. Que ceux qui veulent savoir le fond des choses concernant Dieu commencent par considérer l'ordre naturel. Le savoir concernant la Trinité est en effet justement comparé à la profondeur de la mer, dont la Sagesse a dit : Ce qui est profond, qui peut l'atteindre ? Comme le fond des mers est invisible aux regards des hommes, ainsi la divine Trinité demeure insaisissable à la compréhension humaine. C'est pourquoi, si quelqu'un veut comprendre ce qu'il doit croire, qu'il ne s'imagine pas pouvoir le faire davantage par des raisonnements que par la foi ; car la sagesse divine ainsi recherchée se retirera plus loin encore.

Recherche donc la suprême connaissance non en discutant, mais en menant une vie parfaite, non par la langue mais par la foi qui jaillit d'un cœur simple et n'est pas le résultat des conjectures d'une docte impiété. Si tu cherches l'ineffable par des raisonnements, il s'éloignera davantage de toi ; si c'est par la foi, la sagesse se tiendra où elle demeure : à ta porte ; et où elle se tient, elle peut être vue, ne fût-ce qu'en partie. En toute vérité, elle est atteinte dès l'instant où l'on croit à l'invisible, sans pour autant le comprendre. Puisque Dieu est invisible, nous devons croire en lui ; et cependant Dieu peut être vu en quelque manière par le cœur pur. 

INSTRUCTION DE SAINT COLOMBAN SUR LA FOI

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« De qui est cette effigie ? »

Moïse a écrit dans la Loi : « Dieu fit l'homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26). Considérez, je vous prie, l'importance de cette parole. Dieu, le tout-puissant, l'invisible, l'incompréhensible, l'inestimable, en façonnant l'homme avec de la glaise, l'a ennobli de l'image de sa propre grandeur. Quoi de commun entre l'homme et Dieu, entre la glaise et l'esprit ? Car « Dieu est esprit » (Jn 4,24). C'est donc une grande marque d'estime pour l'homme, que Dieu l'ait gratifié de l'image de son éternité et de la ressemblance de sa propre vie. La grandeur de l'homme, c'est sa ressemblance avec Dieu, pourvu qu'il la garde... Tant que l'âme fait bon usage des vertus semées en elle, elle sera semblable à Dieu. Toutes les vertus que Dieu a mises en nous lors de notre création, il nous a enseigné que nous devions les lui rendre. Il nous demande d'abord d'aimer Dieu de tout notre coeur (Dt 6,5) car « lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4,10), dès le commencement, avant même que nous ayons existé. Aimer Dieu, c'est donc renouveler en nous son image. Or, aime Dieu celui qui garde ses commandements... A nous donc de refléter pour notre Dieu, pour notre Père, l'image inviolée de sa sainteté, car il est saint et il a dit : « Soyez saints comme je suis saint » (Lv 11,45) ; avec amour, car il est amour, et Jean a dit : « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) ; avec tendresse et en vérité, car Dieu est bon et vrai. Ne soyons pas les peintres d'une image étrangère... Et pour que nous n'introduisions pas en nous l'image de l'orgueil, laissons le Christ peindre en nous son image.

Instruction 11, 1-4 : PL 80, 250-252 (trad. Orval) 

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« Seigneur, donne-nous ce pain-là, toujours »

Le prophète dit : « Vous qui avez soif, allez à la fontaine » (Is 55,1). C'est la fontaine de ceux qui ont soif, non de ceux qui sont abreuvés. Elle appelle ceux qui ont faim et soif, qu'ailleurs elle dit bienheureux (Mt 5,6), eux dont la soif n'est jamais étanchée, et qui ont d'autant plus soif qu'ils se sont déjà abreuvés à la fontaine. Nous devons donc désirer, frères, la fontaine de la sagesse, le Verbe de Dieu dans les hauteurs, nous devons la chercher, nous devons l'aimer. En elle sont cachés, comme le dit l'apôtre Paul, « tous les trésors de la sagesse et de la science » (Col 2,3) et elle invite tous ceux qui ont soif à s'abreuver.        Si tu as soif, va boire à la fontaine de vie. Si tu as faim, mange le pain de vie. Bienheureux ceux qui ont faim de ce pain et soif de cette fontaine. Buvant et mangeant sans fin, ils désirent encore boire et manger ; douce est cette nourriture et douce cette boisson. Nous mangeons et nous buvons, mais nous avons encore faim et nous avons encore soif ; notre désir est comblé et nous ne cessons de désirer. C'est pourquoi David, le roi prophète, s'écrie : « Goûtez et voyez comme est doux le Seigneur » (Ps 33,9). C’est pourquoi, frères, suivons notre appel. La Vie, la fontaine d'eau vive, la fontaine de la vie éternelle, la fontaine de lumière et la source de clarté nous invite elle-même à venir et à boire (Jn 7,37). Là nous trouvons la sagesse et la vie, la lumière éternelle. Là, buvons l'eau vive, jaillissant pour la vie éternelle (Jn 4,14).

Instruction spirituelle, 12,3 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 311)

San columba di iona c 1

Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères

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« Hérode cherchait à le voir »

Dieu est partout, tout entier, immense. Partout il est proche, selon le témoignage qu'il donne de lui-même :: « :Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain :» (Jr 23,23). Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous :; nous l'avons parmi nous. Il habite en nous comme l'âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n'a pas tués... « :En lui, dit l'apôtre Paul, nous avons la vie, le mouvement et l'être :» (Ac 17,28).

Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu'en son être inexprimable et incompréhensible :? Qui scrutera les profondeurs de Dieu :? Qui risquera de traiter de l'origine éternelle de l'univers :? Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, « :lui que personne n'a jamais vu :» tel qu'il est :? (1Tm 6,16) Que nul n'ait donc la présomption de sonder l'impénétrable profondeur de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement, mais avec force, que Dieu est tel qu'il a été et qu'il sera car il n'y a pas de changements en lui.

Instruction 1,2-4 ; PL 80, 231-232 (trad. Orval)

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« Sur la mer fut ton chemin, ton sentier sur les eaux innombrables. Et tes traces nul ne les connut » (Ps 76,20)

Dieu est partout, tout entier, sans limites. Partout il est proche, selon le témoignage qu'il donne de lui-même : « Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain » (Jr 23,23). Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous ; nous l'avons parmi nous. Il habite en nous comme l'âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n'a pas tués (cf 1Co 6,15)… À cette condition, il habite vraiment en nous, lui qui a dit : « J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux » (Lv 26,11s; 2Co 6,16). S'il nous fait la grâce d'habiter en nous, nous sommes véritablement vivifiés par lui, comme ses membres vivants. « En lui, dit l'apôtre Paul, nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Ac 17,28). 

Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu'en son être inexprimable et incompréhensible ? Qui scrutera les profondeurs de Dieu ? Qui tentera de rechercher l'origine éternelle de l'univers ? Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, « lui que personne n'a jamais vu » (Jn 1,18) tel qu'il est ? Que personne n'ait donc la présomption de sonder la profondeur impénétrable de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement mais avec force que Dieu est et qu'il sera toujours tel qu'il a été, car Dieu est sans changement.

Instructions spirituelles 1, La foi, 3-5 (trad. Orval rev. ; cf bréviaire 7e vendr.) 

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« L'eau vive qui jaillit pour la vie éternelle »

Frères, suivons notre vocation : à la source de la vie nous sommes appelés par la vie cette source est non seulement source de l'eau vive, mais de la vie éternelle, source de lumière et de clarté. D'elle en effet viennent toutes choses: sagesse, vie et lumière éternelle. L'auteur de la vie est la source de la vie, le créateur de la lumière est la source de la clarté. Aussi, sans regard pour les réalités visibles, cherchons par-delà le monde présent, au plus haut des cieux, la source de l'eau vive, comme des poissons intelligents et bien perspicaces. Là nous pourrons boire l'eau vive qui jaillit pour la vie éternelle .

Veuille me faire parvenir jusqu'à cette source, Dieu de miséricorde, Seigneur de bonté, et que là je puisse boire, moi aussi, avec ceux qui ont soif de toi, au courant vivant de la source vive de l'eau vive. Qu'alors, comblé de bonheur par cette grande fraîcheur, je me surpasse et demeure toujours près d'elle, en disant : « Qu'elle est bonne, la source de l'eau vive; elle ne manque jamais de l'eau qui jaillit pour la vie éternelle ! »

O Seigneur, tu es, toi, cette source qui est toujours et toujours à désirer, et à laquelle il nous est toujours permis et toujours nécessaire de puiser. Donne-nous toujours, Seigneur Jésus, cette eau, pour qu'en nous aussi elle devienne source d'eau qui jaillit pour la vie éternelle . C'est vrai : je te demande beaucoup, qui le nierait ? Mais toi, Roi de gloire, tu sais donner de grandes choses, et tu les as promises. Rien de plus grand que toi, et c'est toi-même que tu nous donnes ; c'est toi qui t'es donné pour nous.

Aussi est-ce toi que nous demandons, afin de connaître ce que nous aimons, car nous ne désirons rien recevoir d'autre que toi. Tu es notre tout : notre vie, notre lumière et notre salut, notre nourriture et notre boisson, notre Dieu. Inspire nos cœurs, je t'en prie, ô notre Jésus, par le souffle de ton Esprit, blesse nos âmes de ton amour, afin que chacun de nous puisse dire en vérité : Montre-moi celui que mon cœur aime , car j'ai été blessé de ton amour.

Je souhaite que ces blessures soient en moi, Seigneur. Heureuse l'âme que l'amour blesse de la sorte : celle qui recherche la source, celle qui boit et qui pourtant ne cesse d'avoir toujours soif tout en buvant, ni de toujours puiser par son désir, ni de toujours boire dans sa soif. C'est ainsi que toujours elle cherche en aimant, car elle trouve la guérison dans sa blessure. De cette blessure salutaire, que Jésus Christ, notre Dieu et notre Seigneur, bon médecin de notre salut, veuille nous blesser jusqu'au fond de l'âme. À lui, comme au Père et à l'Esprit Saint, appartient l'unité pour les siècles des siècles. Amen.

LE CHRIST, SOURCE DE VIE, PAR SAINT COLOMBAN

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« Sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée »

 Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur plein de douceur ; fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de toi, lumière éternelle, une lumière indéfectible. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde. Veuille donc, Jésus, je t’en prie, allumer ma lampe à ta propre lumière, et qu’ainsi, à cette clarté, m’apparaisse le Saint des saints où toi, Prêtre éternel des temps éternels, tu fais ton entrée sous les portiques de ce temple immense (He 9,11s). Qu’à ta lumière je ne cesse de te voir, de tendre vers toi mon regard et mon désir. Alors, dans mon cœur, je ne verrai que toi seul, et en ta présence ma lampe sera toujours allumée et ardente. 

Fais-nous la grâce..., puisque nous frappons à ta porte, de te manifester à nous, Sauveur plein d’amour. Te comprenant mieux, puissions-nous n’avoir d’amour que pour toi, toi seul. Sois, nuit et jour, notre seul désir, notre seule méditation, notre pensée continuelle. Daigne répandre en nous assez de ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Remplis-nous de ton amour…, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui es éternel. Alors les grandes eaux du ciel, de la terre et de la mer ne pourront éteindre en nous une si grande charité, selon cette parole du Cantique des cantiques : « Les grandes eaux n’ont pas pu éteindre l’amour » (8,7). Qu’en nous se réalise, en partie tout au moins, ce progrès de l’amour par ta grâce, Seigneur Jésus. 

12e Instruction spirituelle, 2-3 (trad. bréviaire 28e mar.)

 

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Date de dernière mise à jour : 2018-09-26