Gertrude d'Helfta quelques écrits

GertrudehelftaSainte Gertrude d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine 
 

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« Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre »

Mon Dieu, mon très doux Soir, lorsque pour moi sera venu le soir de cette vie, fais-moi m'endormir doucement en toi, et expérimenter cet heureux repos que tu as préparé à ceux qui te sont chers. Que le regard si paisible et gracieux de ton amour ordonne et dispose avec bonté les préparatifs de mes noces. Par la richesse de ta bonté, couvre...la pauvreté de ma vie indigne ; que mon âme habite dans les délices de ta charité avec une confiance profonde. Ô amour, sois alors pour moi un soir si beau, que mon âme dise avec joie et allégresse à mon corps un doux adieu et que mon esprit, retournant au Seigneur qui l'a donné, repose en paix sous ton ombre. Alors tu me diras clairement...: « Voici venir l'Époux : sors maintenant et unis-toi à lui plus intimement, afin qu'il te réjouisse par la gloire de son visage »... Quand, quand est-ce que tu te montreras à moi, afin que je te voie et que je puise avec délices à cette source vive que tu es, mon Dieu ? (Is 12,3) Alors je boirai, je m'enivrerai dans l'abondance de la douceur de cette source vive, qui sourd des délices de la face de celui que mon âme désire (Ps 41,3). Ô douce face, quand me combleras-tu de toi ? Alors j'entrerai dans le sanctuaire admirable, jusqu'à la vue de Dieu (Ps 41,5) ; je ne suis qu'à l'entrée, et mon cœur gémit de la longueur de mon exil. Quand me combleras-tu de joie par ta douce face ? (Ps 15,11) Alors je contemplerai et embrasserai le véritable Époux de mon âme, mon Jésus... Là je connaîtrai comme je suis connue (1Co 13,12), j'aimerai comme je suis aimée ; ainsi je te verrai, mon Dieu, tel que tu es (1Jn 3,2), en ta vision, ta jouissance et ta possession bienheureuse à jamais.

Les Exercices, n°5 ; SC 127 (trad. SC p. 175 rev.)

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« On observait Jésus...pour l'accuser »

A l'heure de la prière, mets-toi en présence de la paix et de l'amour... : ô paix de Dieu qui surpasses tout sentiment (Ph 4,7), plaisante et agréable, douce et préférable à tout, partout où tu pénètres règne une sécurité imperturbable. Toi seule as le pouvoir de mettre un frein à la colère du souverain ; tu ornes le trône du roi par la clémence ; tu illumines le royaume de la gloire par la pitié et la miséricorde. De grâce, prends en main ma cause, à moi le coupable et l'indigent... Voici que déjà le créancier se tient à la porte...  il n'est pas prudent pour moi de lui parler, puisque je n'ai pas de quoi payer ma dette. Très doux Jésus, ma paix, combien de temps garderas-tu le silence ?... De  grâce, maintenant du moins parle pour moi, disant ce mot charitable : « Moi, je la rachèterai ». Toi, tu es assurément le refuge de tous les pauvres. Tu ne passes auprès de personne sans lui donner le salut. Toi, jamais tu n'as laissé partir celui qui s'était réfugié près de toi, sans qu'il soit réconcilié... De grâce, mon amour, mon Jésus, à cette heure de la journée tu as été flagellé pour moi, couronné d'épines, abreuvé pitoyablement de souffrances. Tu es mon vrai roi, hors de toi je ne connais personne. Tu t'es fait l'opprobre des hommes, abject et repoussant comme un lépreux (Is 53,3) jusqu'à ce que la Judée refuse de te reconnaître comme son roi (Jn 19,14-15). Par ta grâce, que moi au moins je te reconnaisse comme mon roi ! Mon Dieu, donne-moi cet innocent, si tendrement aimé, mon Jésus, qui pour moi « a payé » si pleinement « ce qu'il n'avait pas dérobé » (Ps 68,5) ; donne-le moi pour être l'appui de mon âme. Que je le reçoive dans mon cœur ; que par l'amertume de ses douleurs et de sa Passion il réconforte mon esprit... Et toi, paix de Dieu, sois le cher lien qui m'enchaîne pour jamais à Jésus. Sois le soutien de ma force..., afin que je ne fasse « qu'un seul cœur et une seule âme » avec Jésus (Ac 4,32)... Par toi, je demeurerai attachée pour jamais à mon Jésus.

Les Exercices, n° 7, Tierce ; SC 127 (trad. SC p. 269 rev.)

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« Naître de l’eau et de l’Esprit » 

     Pour l’immersion dans les fonts baptismaux : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Jésus, fontaine de vie, à ta source même fais-moi boire la coupe d’eau vive, afin que t’ayant goûté éternellement je n’aie plus d’autre soif que toi ! Immerge-moi tout entière au plus profond de ta miséricorde. Baptise-moi et rends-moi sans tache dans ta mort précieuse… Dans l’eau de ton très saint côté lave toutes les taches dont j’ai pu souiller l’innocence baptismale. Remplis-moi de ton esprit et possède-moi tout entière, en pureté de corps et d’âme (cf Jn 4,10; 19,34)… 

Pour la robe blanche, dis : Jésus, soleil de justice (Ml 3,20), fais que je sois revêtue de toi-même, afin de pouvoir vivre selon toi. Fais que, sous ta conduite, je garde blanche, sainte et immaculée la robe de l’innocence baptismale, et que je la présente sans tache devant ton tribunal, afin de l’avoir pour la vie éternelle. 

      En recevant le cierge, tu demanderas l’illumination intérieure : Jésus, lumière qui ne s’éteint jamais, allume en moi la lampe ardente de ta charité, sans qu’elle puisse s’éteindre, et enseigne-moi à garder mon baptême de façon irréprochable afin que, appelée à venir à tes noces, toute prête, je mérite d’entrer dans les délices de la vie éternelle, pour te voir, toi, la vraie lumière, et la douce face de ta divinité (cf Mt 25,1s)… 

      Seigneur Dieu, mon Créateur et mon Réparateur, renouvelle aujourd’hui ton Esprit Saint en mon cœur… Fais-moi grande par la foi, joyeuse par l’espérance, patiente dans la tribulation, prenant mes délices à ta louange, remplie de la ferveur de l’Esprit, fidèlement attachée à ton service, Seigneur Dieu, mon vrai Roi, et jusqu’au dernier jour de ma vie, persévérant avec toi dans la vigilance. Ainsi, ce que maintenant je crois et espère, alors mes yeux le contempleront dans la réalité ; je te verrai tel que tu es, je te verrai face à face (1Jn 3,2; 1Co 13,12). Là, cher Jésus, tu me rassasieras de toi-même ; là, dans la jouissance de ton doux visage, tu seras mon repos éternel. Amen.

 Les Exercices, n° 1, Pour recouvrer l’innocence baptismale ; SC 127 (trad. SC p. 69s rev.) 

separ ecrit biblio« Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? » 

      « Dieu, mon Dieu, je te cherche dès l’aurore » (Ps 62,2 Vulg)… Ô lumière très sereine de mon âme, matin resplendissant, deviens enfin en moi lever du jour ; brille sur moi avec tant de clarté que « dans ta lumière je contemple la lumière » (Ps 35,10). Que par toi ma nuit soit changée en jour. Mon matin très aimé, que par amour de ton amour je tienne pour rien et vanité tout ce qui n’est pas toi.  Visite-moi dès le point du jour, pour me transformer soudain en toi tout entière… Détruis ce qui est de moi ; fais que je passe totalement en toi de sorte que jamais plus je ne puisse me retrouver en moi pour ce temps limité, mais que je demeure étroitement unie à toi pour l’éternité… 

      Quand serai-je rassasiée par une beauté si grande et si éclatante ? Toi Jésus, magnifique Étoile du matin (Ap 22,16), resplendissante de la clarté divine, quand serai-je illuminée par ta présence ? Splendeur si digne d’amour, quand me rassasieras-tu de toi ? Oh, si seulement ici-bas je pouvais percevoir tant soit peu les rayons délicats de ta beauté…, avoir au moins un avant-goût de ta douceur, et te savourer par avance, toi qui es mon héritage de choix (cf Ps 15,5)… Tu es le miroir resplendissant de la sainte Trinité qu’il est permis de contempler de l’œil d’un cœur pur (Mt 5,8) : là-haut face à face, ici-bas dans un reflet seulement.

Les Exercices, n° 5 ; SC 127 (trad. cf SC p. 159 rev.)

separ ecrit biblio« Le Christ Jésus a été envoyé par Dieu pour être notre sagesse, notre justice, notre justification, notre rédemption » (1Co 1,30) 

      Ô Sagesse admirable de Dieu, combien puissante, combien éclatante est ta voix ! Tu appelles à toi sans aucune exception tous ceux qui te désirent ; tu fais des humbles ta demeure ; tu chéris ceux qui te chérissent (Pr 8,17) ; tu juges la cause du pauvre ; avec bonté, tu as pitié de tous. « Tu ne hais rien de ce que tu as créé » ; « tu ne considères pas les péchés des hommes » et tu attends miséricordieusement qu’ils viennent à la pénitence (Sg 11,23-24)… Toi qui renouvelles toutes choses, de grâce, renouvelle-moi et sanctifie-moi en toi, afin que tu puisses t’établir en mon âme… Fais que, dès le matin, je veille pour toi, afin de te trouver en vérité (Is 26,9; Sg 6,12-14) ; viens au-devant de moi, afin qu’en vérité je te désire avec ardeur. 

      Avec quelle prudence tu procèdes dans tes desseins ! Avec quelle providence tu disposes tout, quand, en vue de sauver l’homme, tu as inspiré au Roi de gloire (Ps 23,8; 1Co 2,8)…la pensée de la paix, l’accomplissement de la charité : cachant sa majesté, tu as imposé à ses épaules le moment favorable de l’amour, afin qu’il « porte sur le bois de la croix les péchés du peuple » (1P 2,24). Oh oui, Sagesse éclatante de Dieu, la malice du diable n’a pu entraver aucune de tes œuvres magnifiques…; l'ampleur du mal que nous avons fait n’a pas pu prévaloir contre la multitude de tes miséricordes, contre l’immensité de ton amour, contre la plénitude de ta bonté. Bien plus, ton empressement souverain l’a emporté sur tous les obstacles, disposant toutes choses avec douceur, et « atteignant avec force d’un bout du monde à l’autre » (Sg 8,1). 

Les Exercices, n°8 Sexte ; SC 127 (trad. SC p. 273 rev.)

separ ecrit biblio« Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu… : il vient lui-même et va vous sauver » (Is 35,4) 

Voix de l’âme s’offrant à Dieu : « Je suis une orpheline sans mère, je suis indigente et pauvre. Hors de Jésus, je n’ai nulle consolation ; lui seul peut satisfaire la soif de mon âme. Il est l’ami préféré et unique de mon cœur, lui ‘ le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ’ (Ap 19,16)… Mon corps et mon âme sont en sa main ; qu’il fasse de moi tout ce qui plaira à sa bonté. Qui me donnera de devenir un être selon son cœur, afin qu’en moi il trouve ce qu’il désire, selon l’excellence de son bon plaisir ? Cela seul serait capable de me réjouir et me consoler. 

« De grâce, Jésus, unique aimé de mon cœur…, aimé au-dessus de tout ce qui a jamais été aimé : le désir de mon cœur languit et soupire après toi, toi le jour printanier plein de vie et de fleurs. Fais venir ce jour où je deviendrai si étroitement unie à toi que, alors, toi le Soleil véritable, tu feras naître les fleurs et les fruits de mon progrès spirituel. ‘ Je t’attends avec une grande attente ’ (Ps 39,2)… De grâce, ami, mon ami, accomplis effectivement ton désir et le mien. » 

Voix du Christ : « Dans mon Esprit Saint je te prendrai pour épouse ; je t’attacherai à moi par une union inséparable. Tu te mettras à ma table et je t’envelopperai de la tendresse de mon amour. Je te vêtirai de la noblesse pourpre de mon précieux sang ; je te couronnerai de l’or pur de ma mort. Par moi-même je comblerai ton désir, et ainsi je te rendrai heureuse pour l’éternité. » 

Les Exercices, n°3 ; SC 127 (trad. SC p. 97 rev.)

 separ ecrit biblio « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau »

      Toi qui as fait pour moi de si grandes et si belles choses que tu m'as obligée à ton service pour toujours, que te rendrai-je pour tant de bienfaits ? Quelles louanges et quelles actions de grâces pourrais-je t'offrir, même si je m'y dépensais mille fois ? Que suis-je moi, pauvre créature, en comparaison de toi, toi ma rédemption abondante ? Donc, mon âme que tu as rachetée, je te l'offrirai tout entière, je te ferai hommage de l'amour de mon coeur. Oui, transporte ma vie en toi, emporte-moi tout entière en toi et, m'enfermant en toi, fais que je ne sois qu'une même chose avec toi.

      Ô Amour, ton ardeur divine m'a ouvert le coeur très doux de mon Jésus. Ô coeur source de douceur, coeur débordant de bonté, coeur surabondant de charité, coeur d’où coule goutte à goutte la bienveillance, coeur plein de miséricorde..., coeur très cher, je te prie d'absorber mon coeur tout entier en toi. Perle très chère de mon coeur, invite-moi à tes festins qui donnent la vie ; verse pour moi les vins de ta consolation…afin que la ruine de mon esprit soit remplie de ta charité divine, et que l'abondance de ton amour supplée à la pauvreté et à la misère de mon âme.

      Ô coeur aimé par-dessus tout…, aie pitié de moi. Je t’en supplie, que la douceur de ta charité rende le courage à mon coeur. De grâce, que les entrailles de ta miséricorde s’émeuvent en ma faveur, car hélas, mes démérites sont nombreux, mes mérites sont nuls. Mon Jésus, que le mérite de ta mort précieuse, qui seul a eu le pouvoir d’acquitter la dette universelle, me remette tout ce que j’ai fait de mal…; qu’il m’attire à toi si puissamment que, transformée totalement par la force de ton amour divin, je trouve grâce à tes yeux… Et donne-moi, ô cher Jésus, de t’aimer, toi seul en toutes choses et par-dessus toutes choses, de m’attacher à toi avec ferveur, d’espérer en toi, et de ne mettre à mon espérance aucune limite.

Les Exercices, 7 (trad. SC 127, p. 285 rev.)

separ ecrit biblio« Alors tu verras, tu seras radieuse » (Is 60,5)

      Quelle sera ma joie, mon Dieu, quelle sera mon allégresse, quelle sera ma jubilation, lorsque tu me dévoileras la beauté de ta divinité et que mon âme te verra face à face ?... Alors, toi mon âme, « tu verras et tu seras dans l'abondance, ton cœur sera dans l'émerveillement et se dilatera, lorsque tu recevras la multitude des richesses », des délices, et la magnificence de la gloire « de cette mer » immense de la Trinité digne à jamais d'adoration ; lorsque « viendra à toi la puissance des nations » que « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » (Is 60,5; 1Tm 6,15), par la force de son bras, a repris pour lui de la main de l'ennemi ; lorsque l'inondation de la miséricorde et de la charité divine te couvrira...

      Alors la coupe de la vision te sera présentée et tu t'enivreras (Ps 22,5 Vulg) -– c'est la coupe enivrante et sublime de la gloire du visage divin. Tu boiras « au torrent des délices » (Ps 35,9) de Dieu quand la source même de la lumière te comblera éternellement de sa plénitude. Alors tu verras les cieux tout remplis de la gloire du Dieu qui les habite, et cet Astre virginal qui, après Dieu, illumine tout le ciel de sa très pure lumière [Marie], et les œuvres admirables des doigts de Dieu [les saints: Gn 2,7] et « ces étoiles du matin » qui toujours se tiennent devant la face de Dieu avec tant de joie et qui le servent [les anges: Jb 38,7; Tb 12,15].

      Dieu de mon cœur et mon héritage de choix (Ps 72,26), hélas, combien de temps encore mon âme sera-t-elle frustrée de la présence de ton très doux visage ?... De grâce, fais-moi vite parvenir à toi, Dieu « source de vie » (Ps 36,10), afin qu'en toi je puise la vie éternelle pour toujours. Bien vite « fais luire sur moi ta face » (Ps 30,17) afin que dans la joie je te voie face à face. Vite, oh, vite, montre-toi toi-même à moi, afin que je me réjouisse de toi, dans le bonheur, éternellement. 

Les Exercices, n°6 ; SC 127 (trad. SC p. 239 rev.)

separ ecrit biblio« David lui-même le nomme Seigneur »

      Qui est semblable à toi, mon Seigneur Jésus Christ, mon doux amour, très haut et immense, et qui regarde les choses les plus humbles ? Qui est semblable à toi parmi les puissants, Seigneur, toi qui choisis les choses les plus faibles dans le monde ? Qui est tel que toi, qui as formé le ciel et la terre..., et qui veux trouver tes délices avec les enfants des hommes ? Quelle est ta grandeur, ô Roi des rois et Seigneur des seigneurs ? Toi qui commandes aux astres et qui approches ton cœur de l'homme ? Qui es-tu, toi qui tiens dans ta droite les richesses et la gloire ?... Ô amour, jusqu'où inclines-tu ta majesté ? Amour, où conduis-tu la source de la sagesse ? Assurément jusqu'à l'abîme de la misère...

      « Venez, venez, venez » : je viens, je viens, je viens à toi, Jésus très aimant, toi que j'ai aimé, que j'ai recherché, que j'ai désiré. A cause de ta douceur, de ta compassion et de ta charité, t'aimant de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force, je me rends à ton appel.

(Références bibliques : Ps 112,6; Ex 15,11; 1Co 1,27;  Pr 8,31; 1Tm 6,15; Jb 7,17; Pr 3,16; 18,4; Lc 10,27) 

Les Exercices, n°3 ; SC 129 (trad. SC p. 99 rev.)

separ ecrit biblio« Maître, que je voie »

En toi, ô Dieu vivant, mon cœur et ma chair ont tressailli, et mon âme s'est réjouie en toi, mon vrai salut. Quand mes yeux te verront-ils, Dieu des dieux, mon Dieu ? Dieu de mon cœur, quand me réjouiras-tu de la vue de la douceur de ton visage ? Quand combleras-tu le désir de mon âme par la manifestation de ta gloire ?

Mon Dieu, tu es mon héritage choisi entre tous, ma force et ma gloire ! Quand entrerai-je en ta puissance pour voir ta force et ta gloire ? Quand donc au lieu de l'esprit de tristesse me revêtiras-tu du manteau de la louange, pour qu'unie aux anges, tous mes membres t'offrent un sacrifice d'acclamation ? Dieu de ma vie, quand entrerai-je dans le tabernacle de ta gloire, afin de te chanter en présence de tous les saints, et de proclamer d'âme et de cœur que tes miséricordes pour moi ont été magnifiques ? Quand est-ce que le filet de cette mort se brisera, pour que mon âme puisse te voir sans intermédiaire ?...

Qui se rassasiera à la vue de ta clarté ? Comment l'œil pourra-t-il suffire à voir et l'oreille à entendre, dans l'admiration de la gloire de ton visage ?

(Références bibliques : Ps 83,3; Ps 70,16; Lc 1,47; Is 61,10; Ps 26,6; Gn 19,19) 

Les Exercices, n°6 ; SC 127 (trad. SC p. 223 rev.)

separ ecrit biblio« Il convoqua ses serviteurs »         

     O Vérité chérie, ô juste Équité de Dieu, comment comparaîtrai-je devant ta face, portant mon iniquité..., le fardeau de ma trop grande négligence ? Le trésor de la foi chrétienne et de la vie spirituelle, hélas, je ne l'ai pas donné au trésor des banquiers de la charité, où tu aurais pu le retirer ensuite, selon ta volonté, accru des intérêts de toute la perfection. Le talent à moi confié, mon temps, non seulement je l'ai dépensé en vain, mais je l'ai même laissé fuir, gâté et perdu totalement. Où irai-je ? De quel côté me tournerai-je ? « Où fuirai-je loin de ta face ? » (Ps 138,7)

      O Vérité, tu as pour assesseurs inséparables la justice et l'équité... Malheur à moi, si je comparais devant ton tribunal sans avoir d'avocat qui réponde pour moi. O Charité, toi, arrive à ma décharge. Toi, réponds pour moi. Toi, sollicite mon pardon. Toi, plaide ma cause afin que, grâce à toi, je vive.

      Je sais ce que je ferai : « Je prendrai la coupe du salut » (Ps 115,13). Je placerai le calice de Jésus sur le plateau vide de la Vérité. Ainsi, je suppléerai à tout ce qui me manque. Ainsi je couvrirai tous mes péchés. Par ce calice je relèverai toutes mes ruines. Par ce calice je suppléerai, dignement et au-delà, à tout ce qu'il y a en moi d'imparfait...

      O chère Vérité, venir à toi sans mon Jésus me serait intolérable ; mais avec mon Jésus, comparaître devant toi sera pour moi chose bien agréable et aimable. O Vérité, siège maintenant sur ton tribunal... « Je ne crains aucun mal. » (Ps 22,4)

Les Exercices, 7, Prime (trad. SC 127, p. 265 rev.)

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2016-07-19