Grégoire d'Agrigente quelques écrits

GregoireagrigenteSaint Grégoire d'Agrigente

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« La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres »

      La lumière du soleil, vue par les yeux de notre corps, annonce le soleil spirituel, le « Soleil de justice » (Ml 3,20). C'est vraiment le soleil le plus doux qui se soit levé pour ceux qui, en ce temps-là, ont eu le bonheur d'être ses disciples, et de le regarder de leurs yeux pendant qu'il partageait la vie des hommes comme s'il était un homme ordinaire. Et pourtant, il était aussi par nature Dieu véritable ; c'est pourquoi il était en mesure de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux et entendre les sourds ; il a purifié les lépreux et, d'un seul mot, rappelé les morts à la vie.

      Et maintenant encore, il n'y a vraiment rien de plus doux que de fixer sur lui les yeux de notre esprit pour contempler et se représenter son inexprimable et divine beauté ; il n'y a rien de plus doux que d'être illuminés et embellis par cette participation et cette communion à la lumière, d'avoir le coeur adouci, l'âme sanctifiée, et d'être remplis d'une allégresse divine tous les jours de la vie présente... En vérité, ce Soleil de justice est, pour ceux qui le regardent, le pourvoyeur de la joie, selon cette prophétie de David : « Les justes sont en fête devant la face de Dieu, ils débordent d'allégresse ! » Et encore : « Criez au Seigneur votre joie, hommes justes ; hommes droits, à vous la louange ! » (Ps 67,4; 33,1) 

Commentaire sur l'Ecclésiaste, 10, 2 (trad. bréviaire)

separ ecrit biblio« Aujourd'hui nous avons vu des choses extraordinaires ! »

      Douce est la lumière, et il est bon de contempler le soleil avec nos yeux de chair...; c'est pourquoi Moïse disait déjà : « Et Dieu vit la lumière, et il dit qu'elle était bonne » (Gn 1,4)...

      Qu'il nous est bon de penser à la grande, véritable et indéfectible lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9), c'est-à-dire le Christ, le Sauveur du monde et son libérateur. Après s'être dévoilé aux regards des prophètes, il s'est fait homme et il a pénétré jusqu'aux dernières profondeurs de la condition humaine. C'est de lui que parle le prophète David : « Chantez à Dieu un psaume pour son nom, préparez un passage pour celui qui monte à l'occident ; son nom est Seigneur, exultez en sa présence » (Ps 67,5 Vulg). Et encore Isaïe, de sa grande voix : « Peuples assis dans les ténèbres, regardez cette lumière. Pour vous qui habitez au pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendira » (cf 9,1)...

            Ainsi donc, la lumière du soleil vue par nos yeux de chair annonce le Soleil spirituel de justice (Ml 3,20), le plus doux qui se soit levé pour ceux qui ont eu le bonheur d'être instruits par lui et de le regarder avec leurs yeux de chair, pendant qu'il séjournait parmi les hommes comme un homme ordinaire. Et pourtant il n'était pas seulement un homme ordinaire, puisqu'il était né vrai Dieu, capable de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux, de faire entendre les sourds, de purifier les lépreux et de ramener d'un mot les morts à la vie (Lc 7,22). 

Sur l'Écclésiaste, livre 10, 2 ; PG 98, 1138 (trad. Orval)

separ ecrit biblioJoie et lumière. 

La lumière est douce , dit l'Ecclésiaste, et c'est bien bon de contempler le soleil visible avec les yeux de notre corps. ~ Car si la lumière disparaissait, le monde n'aurait plus d'aspect, et la vie serait sans vie. Et c'est pourquoi Moïse, le contemplateur de Dieu, a dit jadis : Dieu vit que la lumière était bonne. ~ Mais nous devons penser ~ à la grande, véritable et éternelle lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde , c'est-à-dire le Christ, le Sauveur du monde et son Rédempteur. Après s'être fait voir aux prophètes, il s'est fait homme et il est allé jusqu'aux extrémités de la condition humaine, ce qui fait dire au prophète David : Chantez à Dieu un psaume pour son nom, frayez la route à celui qui monte au couchant : son nom est « le Seigneur », bondissez de joie devant sa face. ~

L'Ecclésiaste a donc dit que la lumière était douce : il a prédit qu'il serait bon pour nous de voir de nos yeux le soleil de gloire, c'est-à-dire celui qui a dit, au temps de sa divine incarnation : Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. Et encore : Voici le jugement : la lumière est venue dans le monde. ~

Ainsi donc, cette lumière du soleil, vue par les yeux de notre corps, annonçait le soleil spirituel, le Soleil de justice . C'est vraiment le soleil le plus doux qui se soit levé pour ceux qui, en ce temps-là, ont eu le bonheur d'être ses disciples, et de le regarder de leurs yeux pendant qu'il partageait la vie des hommes, comme s'il était un homme ordinaire. Et pourtant, il était aussi par nature Dieu véritable ; c'est pourquoi il était en mesure de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux et entendre les sourds ; il a purifié les lépreux et, d'un seul mot, rappelé les morts à la vie.

Et maintenant encore, il n'y a vraiment rien de plus doux que de fixer sur lui les yeux de notre esprit pour contempler et se représenter son inexprimable et divine beauté ; il n'y a rien de plus doux que d'être illuminés et embellis par cette participation et cette communion à la lumière, d'avoir le cœur adouci, l'âme sanctifiée, et d'être remplis d'une allégresse divine tous les jours de la vie présente.

C'est ce que le Sage Ecclésiaste nous laisse entendre, lorsqu'il dit : Si l'homme vit de nombreuses années, qu'il se réjouisse en elles toutes . En vérité, ce soleil de justice est, pour ceux qui le regardent, le pourvoyeur de la joie selon cette prophétie de David : Les justes sont en fête devant la face de Dieu, ils débordent d'allégresse ! Et encore : Criez au Seigneur votre joie, hommes justes : hommes droits, à vous la louange !

COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE D'AGRIGENTE SUR L'ECCLÉSIASTE

separ ecrit biblio« Tu as mis la joie dans notre cœur »

Va, mange ton pain dans la joie et bois de bon cœur ton vin, car déjà Dieu a agréé ta conduite. Que tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque pas sur ta tête.

Si nous voulons expliquer cette parole dans son sens immédiat et naturel, nous dirons que c'est une exhortation judicieuse, par laquelle l'Ecclésiaste nous invite à délaisser et à mépriser les ornières tortueuses et perverses des hommes mauvais et ennemis de la vérité. Si nous vivons avec droiture, si nous sommes attachés à la doctrine d'une foi pure envers Dieu, nous mangerons notre pain dans la joie et nous boirons notre vin de bon cœur. Alors nous ne tomberons pas dans des doctrines mauvaises ni dans une conduite perverse. Au contraire, nous aurons toujours des pensées droites et, de tout notre pouvoir, nous accorderons notre miséricorde et nos bienfaits aux malheureux et aux pauvres. Car, évidemment, Dieu se complaît en ceux qui ont de tels soucis et qui agissent de la sorte. ~

Mais l'interprétation spirituelle nous élève à des réflexions plus hautes. Elle nous fait penser au pain céleste et sacramentel qui descend du ciel et qui donne la vie au monde, de même, elle nous invite à boire de bon cœur le vin spirituel, c'est-à-dire celui qui a jailli du côté de la vraie vigne, lors de la Passion qui nous sauve. C'est à ce sujet que l'Évangile du salut nous dit : Jésus, ayant pris le pain, le bénit et dit à ses saints disciples et Apôtres : Prenez, mangez : ceci est mon corps, qui est rompu pour vous en vue du pardon des péchés . De même pour la coupe, il a dit : Buvez-en tous : ceci est mon sang, celui de la nouvelle Alliance, qui est répandu pour vous et pour la mutitude en vue du pardon des péchés. En effet, ceux qui mangent ce pain et boivent ce vin sacramentel se réjouissent vraiment et pourraient s'écrier : Tu as mis la joie dans notre cœur !

En outre, à mon avis, c'est encore ce pain et ce vin que désignait, dans le livre des Proverbes, la Sagesse divine en personne, le Christ notre Sauveur, lorsqu'elle dit : Venez, mangez mon pain et buvez le vin que j'ai préparé pour vous , ce qui suggère notre participation sacramentelle au Verbe.

Ceux qui ont accès à cette participation doivent en être dignes : en tout temps, ils doivent porter des vêtements blancs, c'est-à-dire des œuvres de lumière, ainsi que le Seigneur dit dans l'Évangile : Que votre lumière brille devant les hommes ; alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. Quant à l'huile que l'on verra sans cesse baigner leur tête, c'est l'Esprit de vérité qui les protège et leur épargne toute atteinte du péché.

COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE D'AGRIGENTE SUR L'ECCLÉSIASTE

 

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Date de dernière mise à jour : 2014-08-16